L'espace, la prochaine destination des Québécois

Vols suborbitaux - L'espace, la prochaine destination des Québécois

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Sarah-Émilie Nault

Philippe Bergeron, président fondateur de l'agence de voyage et voyagiste Uniktour, sera le premier Canadien à prendre part à un vol spatial suborbital. C'est lui-même qui a annoncé, vendredi, la signature d'un accord de distribution exclusive des vols suborbitaux au Québec avec le constructeur Xcor Aerospace et la ligne aérienne spatiale Space Expedition Corporation (SXC).

L'espace devient ainsi la 120e destination voyage d'Uniktour et une aventure désormais «possible» pour les voyageurs québécois.

«Quand j'ai réservé mon billet, je savais que j'étais le quinzième dans le monde à partir, a dit Philippe Bergeron. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que je serais le premier Canadien à prendre part à un vol suborbital. Mais je suis plus excité par le voyage en soi que par le fait d'être le premier. J'ai vraiment hâte de voir le ciel noir en plein jour, de voir la courbature de la Terre et j'ai déjà très hâte de revoir mes enfants quand j'atterrirai en vol plané.»

C'est en décembre prochain que le voyageur de l'espace prendra son envol, ce qui fera de lui le meilleur (et le seul) spécialiste en voyages dans l'espace d'Uniktour. Puis, en janvier 2014, décollera à son tour leur premier client québécois: Sylvain Bélair, le directeur général du Cosmodôme de Laval.

Comment s'y prendre?

Philippe Bergeron a suivi quelques programmes - qui ne sont par contre pas obligatoires - afin de se préparer à prendre part à ce vol suborbital et de voir s'il était apte à vivre les sensations venant avec un tel voyage.

«Je suis allé dans une chambre d'altitude, pour mesurer ma tolérance dans un cas de dépressurisation de cabine et j'ai fait des vols acrobatiques pour mesurer les forces G négatives et les effets sur le corps», a souligné Philippe Bergeron.

Évidemment, s'il est dès aujourd'hui possible pour les Québécois de réserver leur place pour un vol très personnalisé (il n'y aura que vous et le pilote à bord de la navette!) aux frontières de l'espace, l'opportunité de vivre une telle expérience n'est pas donnée à tout le monde.

D'abord parce qu'un vol suborbital coûte entre 95 000 et 100 000 $ US puis parce qu'il faut tout de même être en bonne forme physique pour pouvoir apprécier l'expérience. Les gens qui ont des problèmes de haute pression ou des problèmes cardiaques devront oublier l'aventure.

«Sinon, quelqu'un qui est en bonne santé et qui a un poids correct peut prendre part à un vol suborbital, a indiqué M. Bergeron. Il y a une petite batterie d'examens qui est fournie par l'équipe médicale de SXC pour autoriser les gens à voler. Si certains clients n'y sont pas autorisés, [les montants] montant leur sont évidemment remboursés.»

Réserver son billet pour l'espace se fait, par contre, très facilement. Il suffit de téléphoner chez Uniktour pour prendre rendez-vous, de rencontrer le spécialiste (Philippe Bergeron) et de procéder à la réservation de son billet, moyennant un dépôt de la moitié de la somme, soit environ 50 000 $. «Le client a ensuite son siège attitré à bord de la navette Lynx Mark I ou Lynx Mark II», a-t-il ajouté.

Le ciel n'a pas de limite

Pour le moment, il n'y a que deux navettes construites par Xcor Aerospace qui sont prêtes à s'envoler vers l'espace. La première quittera le désert du Mojave en Californie et atteindra une vitesse de Mark II à 62 km d'altitude. L'autre quittera l'aéroport spatial de Curacao dans les Caraïbes et atteindra trois fois la vitesse du son et 100 km d'altitude.

«Les expériences dans les deux cas seront sensiblement les mêmes : l'apesanteur, les forces d'accélération, l'entrée dans l'atmosphère étant les mêmes. La différence sera sur la durée du vol. Sur le Mark 2, on volera 15 minutes de plus et on sera en état d'apesanteur plus longtemps», a expliqué M. Bergeron.

S'il est désormais possible de se rendre dans l'espace et de revenir ensuite à la maison, à quand le jour où nous pourrons choisir entre un vol de 20 heures par voies aériennes jusqu'à Tokyo et un autre de 2 heures en empruntant l'espace suborbital?

«Pour le moment, on commence du point A au point A parce que c'est le début de l'industrie, qu'il faut maîtriser la technologie, a mentionné. Mais aussitôt qu'on se sentira capable de relier des destinations, le vol spatial suborbital sera un moyen de transport alternatif. C'est une question de temps, selon-moi une dizaine ou une quinzaine d'années.»


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