Étage par étage, un grand hôtel de Tokyo rapetisse

Japon - Étage par étage, un grand hôtel de Tokyo rapetisse

Le Grand Prince Hotel Akasaka de Tokyo photographié en novembre 2012 et en février 2013.Photo AFP

Les passants d'Akasaka au centre de Tokyo s'en rendent à peine compte, mais le Grand Prince Hotel qui dominait ce quartier cossu a perdu en quelques semaines la moitié de sa hauteur. Fermé, il rapetisse étage après étage grâce à une technique impressionnante de démolition.

«Avec les moyens utilisés, le bâtiment rétrécit et va disparaître sans se faire remarquer», explique Hideki Ichihara, un responsable de l'entreprise nippone de construction Taisei.

Le Grand Prince Hotel Akasaka, qui se dressait à l'origine jusqu'à 140 mètres de hauteur (40 étages), perd deux étages, soit 6,4 mètres, tous les dix jours grâce à un dispositif de déconstruction étudié pour éviter les nuisances.

Puisqu'il est exclu de dynamiter les gratte-ciel trop âgés au milieu de la mégapole tokyoïte, même si cela irait plus vite, Taisei a conçu une méthode propre, employée ici pour la deuxième fois.
Elle consiste à fixer une sorte de capuchon au-dessus des derniers étages avec une structure extérieure qui l'enserre.

Cette dernière est soutenue par dessous grâce à des vérins hydrauliques qui traversent les derniers étages et reposent sur le sol d'un autre étage plus bas. Les étages situés dans cet espace cloisonné peuvent ainsi être démolis un par un.

La structure est descendue d'un étage à l'autre au fur et à mesure, et les travaux s'effectuent en permanence dans ce milieu fermé. Le tout permet de réduire de 90% les émissions de bruit et de poussière, a précisé l'ingénieur de Taisei.

Fameux il y a 30 ans

L'hôtel construit il y a 30 ans, surnommé «Aka-Puri», était un symbole de la période de la bulle financière et immobilière, un lieu emblématique de la vie fastueuse et des frasques des Tokyoïtes à la fin des années 1980. On rêvait de s'y marier et d'y passer des nuits romantiques.

«L'Aka-Puri était aimé par tant de gens, il est bien qu'il disparaisse de façon propre», a commenté un porte-parole de la société Seibu, propriétaire des lieux qui prévoit d'y construire un nouvel hôtel et complexe d'affaires


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