Croisière: que reste-t-il à découvrir?

Entrevue - Croisière: que reste-t-il à découvrir?

 Photo Fotolia

Les voyageurs sont toujours de plus en plus nombreux à vouloir embarquer sur des navires de croisières. Aujourd'hui, ils peuvent découvrir toutes les régions du monde, en se laissant transporter sans contrainte sur ces véritables villages flottants.

Cédric Rivoire-Perrochat, le secrétaire général de l'Association française des compagnies de croisières (AFCC), dévoile comment ces voyages sont créés et vers quelles destinations les vacanciers pourraient voguer prochainement.

Relaxnews: Le nombre de paquebots de croisières proposés aux voyageurs se multiplient. Chacun navigue sur des parcours différents. Expliquez-nous comment les compagnies maritimes élaborent leurs itinéraires.

Cédric Rivoire-Perrochat: Les trajets choisis par les compagnies de croisières répondent à plusieurs variantes. Ils doivent notamment correspondre à l'identité de l'entreprise. Il faut ensuite, logiquement, que les escales choisies soient équipées en termes d'infrastructures et proposent une offre de divertissements satisfaisante sur terre. La question de la sécurité, aussi bien des passagers, que du personnel et des bateaux, est aussi un élément important à prendre en compte.

R.: Ce qui signifie que les paquebots évitent logiquement les zones de conflits...

C.R-P. : Oui, et c'est d'ailleurs la grande force des croisières, qui peuvent s'adapter au gré des actualités et modifier leurs escales. L'Égypte a, par exemple, était supprimée des parcours lors des conflits dans le pays. Quand les zones de navigation sont tendues, les professionnels suivent généralement les recommandations du ministère. Autre exemple: le large de la Somalie est plutôt à déconseiller au regard des derniers actes de piraterie.

R.: Quelles sont les destinations encore méconnues, ou peu ouvertes au tourisme, que les croisiéristes pourront découvrir dans un futur proche ou lointain?

C.R-P. : Il faut savoir que pour qu'une destination s'ouvre à la croisière, elle doit être dans une zone où les vols existent. Je crois savoir que certaines compagnies, comme celle du Ponant, aimeraient pouvoir passer dans le Détroit de Béring. À ce jour, les quelques navires qui s'y rendent ne font que passer au large de ce cap maritime historique.

R.: Du coup, certains pays qui cherchent à développer leur tourisme, en ouvrant des liaisons aériennes, par exemple, pourraient devenir d'importants spots de croisières?

C.R-P. : Bien sûr. C'est le cas de la Birmanie. Nous pouvons espérer que dans l'avenir Cuba, voire la Corée du Nord, deviendront des endroits prisés des vacanciers lors de leurs croisières.

R.: À vous entendre, il reste peu de destinations de croisières à découvrir...

C.R-P.: Par rapport à la flotte mondiale, il est vrai que les navires sont positionnés un peu partout dans le monde. Ils ne sont pas partout tout au long de l'année, car leur position suit les saisons. Dans l'avenir, il faut plutôt miser sur le retour de destinations, comme la Libye... une fois que la situation sera revenue à la normale dans le pays.

R. : Pour se différencier, les compagnies maritimes doivent-elles se tourner vers la tendance des croisières de l'extrême?

C.R-P. : Quand elles le peuvent, c'est un plus. Mais ce n'est pas si simple, car ces itinéraires sont très réglementés. Par exemple, pour l'Antarctique, la destination est plutôt assez développée aux États-Unis, mais encore peu en Europe. Toutefois, cette zone du monde ne deviendra jamais un lieu touristique de masse. Et pour cause, c'est une zone très protégée. Le nombre de navire admis est très précis. Seules des embarcations pouvant admettre une centaine de personnes peuvent voguer dans ces eaux. Même constat pour l'Amazone, où seuls de petits bateaux sont autorisés. Les Galápagos également répondent à une réglementation très stricte, d'autant plus que c'est un parc naturel. Les navires de plus de cent passagers sont ainsi interdits.


Vidéos

Photos