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Une balade en ballon
Sarah Bergeron-Ouellet - Canoe.ca (texte et photos)

 
monteregie - Une balade en ballon
© Sarah Bergeron-Ouellet - Canoe.ca

Devant, derrière, en-dessous et au-dessus de nous flottent des dizaines de ballons géants. Agrippés à la nacelle en osier, nous observons le cours de la rivière Richelieu et les champs de maïs qui rétrécissent.

Nous venons de décoller en compagnie de plus de 100 autres ballons en direct de l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.

En quelques minutes à peine, le champ où nous nous trouvions s’est littéralement mis à gonfler. Au signal des officiels, les montgolfières ont commencé à se déployer comme de grandes voiles bouffantes, à se redresser, puis à quitter le sol en douceur, les unes après les autres.

Vu du ciel, le spectacle de tous ces globes multicolores a quelque chose d’un peu irréel. Plus on monte, et plus j’ai l’impression étrange d’avoir les pieds dans le vide et de… léviter. C’est le bruit puissant du brûleur, que le pilote active de temps à autre, qui me ramène à la réalité.

Aussi haut qu’un avion

Une montgolfière — le saviez-vous? — peut voler aussi haut qu’un petit avion, soit jusqu’à 10 000 pieds d’altitude (3000 m). Les pilotes doivent acquérir les mêmes connaissances pointues du ciel et des règlements aériens que les pilotes d’avion. Le nôtre s’appelle Francis Roy et il a 28 ans d’expérience.

Quand je lui demande de me parler de la sensation que l’on éprouve en ballon, il évoque la vue, l’espace, l’immensité. «C’est une sensation de liberté, résume-t-il. On se rapproche de la liberté d’un oiseau en vol.»

À cette exception près, tient-il tout de même à préciser, que les oiseaux, eux, peuvent contrôler leur direction, chose que l’on ne peut pas faire en montgolfière. Tourner à gauche après la colline? Impossible! On ne contrôle que l’altitude: on chauffe l’air de la toile pour monter à l’aide du brûleur au propane, et on cesse de chauffer pour descendre. De cette façon, on peut trouver le bon vent et se laisser porter.

Questions de sécurité

Ce soir, la brise est légère. Nous avançons lentement, à 10 km/h environ. Après avoir survolé le collège militaire de Saint-Jean-sur-Richelieu et salué les bateaux sur la rivière, nous flottons en direction du mont Saint-Grégoire. Nous sommes à plus de 2000 pieds d’altitude (600 m), avec une vue lointaine sur Montréal d’un côté, le lac Champlain de l’autre et la campagne montérégienne entre les deux.

Étonnamment, la nacelle, qui fait environ trois pieds par quatre et dans laquelle nous sommes trois, bouge à peine quand nous changeons de place pour admirer la vue.

L’engin est plus stable qu’on pourrait l’imaginer. Et les accidents de montgolfières sont très rares, selon Daniel Turcotte, «balloon meister» à l’International de Saint-Jean-sur-Richelieu. En tant que «maître des ballons», son rôle, lors d’un événement comme celui-ci, est d’assurer la sécurité et de permettre ou non le décollage des ballons en fonction du temps qu’il fait.

«On lance un ballon météo pour avoir la direction des vents», m’a-t-il expliqué avant d’autoriser l’envolée. S’il vente trop, pas assez ou dans la mauvaise direction, vous restez au sol. S’il pleut ou si des orages sont à venir, même chose. C’est la météo qui décide.

Où vas-tu te poser?

Notre ballon frôle maintenant les champs de maïs de tellement près que je pourrais me cueillir un épi! Après près d’une heure trente de vol, notre pilote commence à chercher un endroit où se poser.

Ce sera finalement une clairière de Mont-Saint-Grégoire, et nous aurons du public, car de nombreux curieux s’attroupent en bordure du terrain. Notre équipe de poursuite est également là. Charles et Jean-Philippe arrivent en courant. Ils nous suivent depuis le décollage, avec le camion et la remorque. Par contact visuel ou radio, leur mission consiste à suivre le ballon tout au long du vol, à être là pour l’atterrissage et à ramener tout le monde au bercail.

Nous nous posons en douceur, comme une bulle de savon.

À peine une vingtaine de minutes plus tard, la montgolfière se retrouve en pièces détachées, dans sa remorque, déjà prête pour sa prochaine envolée. À qui le tour?

***

QUELQUES INFOS

Voler à l’année:

Pas besoin d’attendre un festival pour voler. On peut monter en montgolfière presque toute l’année au Québec. À défaut de se retrouver au milieu d’un spectacle de ballons, on court la chance d’avoir le ciel juste pour soi.

Planifier un vol:

Pour trouver un pilote, on contacte l’Association des montgolfières du Québec ou l’International de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le festival des montgolfières de Gatineau est également une option. Des compagnies sont aussi listées sur le site de Tourisme Québec: www.bonjourquebec.com.

Le coût:

Une envolée coûte à partir de 200 $ par personne, plus taxes, environ.

La durée:

Les vols durent en moyenne de 45 à 90 minutes.

Bon à savoir:

L’été, les montgolfières volent seulement tôt le matin ou en fin de journée, car l’air y est plus stable. L’hiver, cette précaution n’est pas nécessaire.


Tourisme Montérégie a rendu cette envolée possible.


 
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