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Le tourisme religieux, une tendance «in»... au Québec?
Marie-Claude Forest - Canoe.ca

 
tourisme religieux - Le tourisme religieux, une tendance «in»... au Québec?
Oratoire Saint-Joseph

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C’est une tendance mondiale. Le tourisme religieux est «in», du moins il est de plus en plus populaire.

La définition du tourisme religieux dépasse largement celle du pèlerin vaillant qui se dévoue pieusement et monte à genoux les marches de l’Oratoire Saint-Joseph.

Il englobe tout déplacement «qui engendre un voyage dont la motivation est religieuse», explique d’entrée de jeu Siham Jamaa, analyste au Réseau de veille en tourisme à la Chaire de tourisme Transat ESG UQAM. «Il y a plusieurs expériences, ça peut être de visiter des cathédrales ou de contempler l’art architectural religieux par exemple. Le pèlerinage en fait aussi parti».

Même si historiquement marketing et religion ne font pas bon ménage, les chiffres sont sans équivoque: ces touristes religieux dépensent et génèrent mondialement 18 milliards de dollars américains par année «dont 10 milliards sont générés par le marché nord-américain», précise Siham Jamaa. «Toutefois, c’est assez difficile à chiffrer, on n’a pas vraiment d’indicateurs précis, ça reste un tourisme de niche».

Le tourisme religieux est considéré comme un tourisme de niche – c’est-à-dire centré autour de clients spécifiques - dont on prévoit une augmentation de 20% au cours des deux prochaines décennies. Un avenir prometteur selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et surtout, payant. Et le Québec doit saisir la balle au bond.

Bien que le taux de fréquentation des églises soit en baisse dans la province, le tourisme religieux, lui, se porte bien. Les quatre sanctuaires catholiques de pèlerinage accueillent près de trois millions de visiteurs annuellement.

2010, une année miraculeuse?

L’OMT estime à 300 millions le nombre de voyageurs «religieux» à travers le monde, dont 150 à 200 millions qui sont de confessions catholiques. Une manne touristique pour le Québec, qui doit voir en 2010 une année miraculeuse avec la canonisation du Frère André le 17 octobre et la tenue du congrès-expo de la World Religious Travel Association à Montréal en novembre.

Avec de telles retombées économiques possibles, le Québec doit s’assurer de mettre sur la «map» son patrimoine et héritage religieux. Des défis pour lesquels l’ancien portier de l’Oratoire Saint-Joseph donnera certainement un divin coup de pouce, enfin c’est ce qu’espèrent les dirigeants des sanctuaires québécois et les associations touristiques.

Dans le but d’être plus compétitifs, reconnus, et de monter un plan d’exploitation alléchant surtout pour nos voisins du sud, les quatre principaux sanctuaires du Québec - Sainte-Anne-de-Beaupré, L’Ermitage Saint-Antoine du Lac-Bouchette, L’Oratoire Saint-Joseph, et Notre-Dame-du-Cap – ont formé une alliance avec les quatre associations touristiques de leur région (Québec, Montréal, Mauricie et Saguenay-Lac-Saint-Jean).

Son de cloche des sanctuaires, le Québec vu d’ailleurs

Même si «big shots» du tourisme religieux vont avoir les yeux rivés sur le Québec cet automne, ça prendra plus que des prières pour que le patrimoine religieux québécois devienne un incontournable. Il faut rendre l’offre abordable et unique.

«Si quelqu’un veut faire huit jours au Québec par exemple, il faut lui offrir plus que les sanctuaires. C’est pour ça qu’il faut être quatre et aussi pour avoir des investissements de développement économique Canada et de Tourisme Québec», explique M. Jérôme Martineau, responsable des communications au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Toutefois, il apporte un bémol. «Le touriste religieux n’est pas nécessairement engagé comme un pèlerin. Un pèlerin envoie des dons, paie des messes et allume des lampions. Le tourisme religieux va avoir plus de retombées économiques pour les hôtels, etc., et pas nécessairement que pour les sanctuaires». Les sanctuaires sont de majestueux domaines dont l’entretien coûte quelques millions de dollars et qui vivent principalement des dons des pèlerins. Certains demandent d’ailleurs une contribution pour l’entrée ou le stationnement.

«On mise sur la force commune. Les plus vieilles églises catholiques en Amérique du Nord sont ici. Il y a quelque chose à vendre, là, au niveau patrimonial, pour l’expérience spirituelle, et aussi du point de vue des dévotions qui sont les même que celles que l’on retrouve en Europe, et c’est moins cher», précise M. Martineau en considérant l’offre.

«C’est indéniable que la canonisation du Frère André va donner une grande visibilité au Québec comme destination religieuse», ajoute l’analyste à la Chaire en tourisme Transat de l’UQAM. «Le tout reviendra à savoir comment cela sera médiatisé pour profiter de cette visibilité qu’on va avoir».

Pour la canonisation, une panoplie de produits dérivés sera dévoilée. Déjà en faisant les boutiques dans les différents sanctuaires, on peut dénicher des statues de près de 9000$ personnifiant la vedette du moment, des médailles à son effigie et une panoplie de nouveaux livres sur le sujet «qui sont les gros vendeurs», précise le Père Claude Groulx, recteur de l’Oratoire Saint-Joseph.

Depuis le 30 août, le Frère André est au cœur d’une campagne publicitaire en vue de sa canonisation et, digne des temps modernes, le futur saint a aussi sa propre page Facebook.

Pour plus d’infos sur les activités entourant la canonisation: www.saint-joseph.org


 
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