
|
||||

Des oiseaux dans nos mains
Alain Demers - Journal de Montréal
Nous sommes tous fascinés par les
animaux sauvages. Surtout, les enfants.
Alors, imaginez si, lors d’une randonnée
dans les bois, un oiseau se pose au creux
de leur main. C’est pourtant possible à
certains endroits, le long des sentiers, en
offrant des graines de tournesol.
Il faut bien le dire. Ça ne marche pas partout. Si les mésanges, les sittelles et les autres oiseaux de la forêt ne sont pas habitués aux mangeoires, plus souvent qu’autrement, ils ne réagissent pas si vous leur tendez la main.
Lieux permis
Au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, à Granby, les oiseaux sont si familiers avec les visiteurs qui les nourrissent qu’ils s’approchent dès qu’ils les voient. Dès les débuts du centre, dans les année 1980, les gens ont commencé à attirer les mésanges en leur donnant à manger le long des sentiers.
On en est venu à vendre des sacs de graines de
tournesol à l’accueil. Pas besoin d’aller loin. À
quelques pas, sur le sentier La Prucheraie, il y a
beaucoup de mésanges. Au fil du temps,
d’autres oiseaux se sont posés dans nos mains,
soient les sittelles et le pic chevelu.
Des gestionnaires de site naturel ont emboîté le pas, en offrant eux aussi des sacs de graines à l’accueil. À Ski de fond Mont-Tremblant, le sentier A1 traversant une pinène mène à coup sûr vers les mésanges. Au Centre écologique Fernand-Seguin, à Châteauguay, le sentier près de la butte de glissade est un secteur favorable.
Lieux interdits
Si dans plusieurs sites naturels, on voit d’un bon oeil que les gens nourrissent les oiseaux, dans les parcs nationaux du Québec, cette pratique est interdite. Motifs invoqués: les volatiles s’habituent, deviennent dépendants ou encore, ils peuvent en venir à harceler les visiteurs.
S’il est vrai que les oiseaux s’habituent, ils sont moins dépendants qu’on pourrait le croire. Selon le naturaliste Pete Lane, en hiver, la proportion de nourriture provenant des mangeoires n’est que de 25 % dans l’alimentation des mésanges. Alors, imaginez ce qu’on leur donne dans nos mains.
Pour ce qui est du présumé harcèlement, je ne vois pas quel grand danger nous guette quand une mésange virevolte autour de nous parce qu’elle s’attend à ce qu’on lui donne des graines. Ne pas avoir le droit de nourrir ces oiseaux se justifie mal auprès des randonneurs dans les parcs nationaux du Québec.
Au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, nourrir les mésanges est permis alors que c’est interdit pour les canards. Normal. Si ces oiseaux aquatiques deviennent trop dépendants, ils ne seront plus portés à migrer vers le Sud en automne. Pour les mésanges, c’est différent car elles passent déjà l’hiver ici.
Découvrir la faune
Comme vous le voyez, c’est du cas par cas. Dans les parcs nationaux du Québec, la Sépaq persiste à interdire le nourrissage de tous les animaux sauvages, selon des principes qui vont à l’encontre même du désir des visiteurs de voir la faune et en apprendre à son sujet.
Il me semble que dans les parcs et dans les centres d’interprétation, les naturalistes pourraient expliquer au public pourquoi dans telles situations, il vaut mieux ne pas nourrir les bêtes. Cette façon de faire aiderait les randonneurs à mieux comprendre notre faune.
Quand un enfant voit une mésange se poser au creux de sa main, il faut voir ses yeux remplis d’émerveillement. Ce contact particulier avec la nature a beaucoup plus de bons côtés que de mauvais.
Tous les textes Québec
Alain Demers - Journal de Montréal
![]() © Archives/Journal de Montréal | |
| Cette scène a été prise au Centre écologique Fernand-Seguin, à Châteauguay. |
Il faut bien le dire. Ça ne marche pas partout. Si les mésanges, les sittelles et les autres oiseaux de la forêt ne sont pas habitués aux mangeoires, plus souvent qu’autrement, ils ne réagissent pas si vous leur tendez la main.
Lieux permis
Au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, à Granby, les oiseaux sont si familiers avec les visiteurs qui les nourrissent qu’ils s’approchent dès qu’ils les voient. Dès les débuts du centre, dans les année 1980, les gens ont commencé à attirer les mésanges en leur donnant à manger le long des sentiers.
Des oiseaux dans nos mains: les
meilleurs endroits
|
Des gestionnaires de site naturel ont emboîté le pas, en offrant eux aussi des sacs de graines à l’accueil. À Ski de fond Mont-Tremblant, le sentier A1 traversant une pinène mène à coup sûr vers les mésanges. Au Centre écologique Fernand-Seguin, à Châteauguay, le sentier près de la butte de glissade est un secteur favorable.
Lieux interdits
Si dans plusieurs sites naturels, on voit d’un bon oeil que les gens nourrissent les oiseaux, dans les parcs nationaux du Québec, cette pratique est interdite. Motifs invoqués: les volatiles s’habituent, deviennent dépendants ou encore, ils peuvent en venir à harceler les visiteurs.
S’il est vrai que les oiseaux s’habituent, ils sont moins dépendants qu’on pourrait le croire. Selon le naturaliste Pete Lane, en hiver, la proportion de nourriture provenant des mangeoires n’est que de 25 % dans l’alimentation des mésanges. Alors, imaginez ce qu’on leur donne dans nos mains.
Pour ce qui est du présumé harcèlement, je ne vois pas quel grand danger nous guette quand une mésange virevolte autour de nous parce qu’elle s’attend à ce qu’on lui donne des graines. Ne pas avoir le droit de nourrir ces oiseaux se justifie mal auprès des randonneurs dans les parcs nationaux du Québec.
Au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, nourrir les mésanges est permis alors que c’est interdit pour les canards. Normal. Si ces oiseaux aquatiques deviennent trop dépendants, ils ne seront plus portés à migrer vers le Sud en automne. Pour les mésanges, c’est différent car elles passent déjà l’hiver ici.
Découvrir la faune
Comme vous le voyez, c’est du cas par cas. Dans les parcs nationaux du Québec, la Sépaq persiste à interdire le nourrissage de tous les animaux sauvages, selon des principes qui vont à l’encontre même du désir des visiteurs de voir la faune et en apprendre à son sujet.
Il me semble que dans les parcs et dans les centres d’interprétation, les naturalistes pourraient expliquer au public pourquoi dans telles situations, il vaut mieux ne pas nourrir les bêtes. Cette façon de faire aiderait les randonneurs à mieux comprendre notre faune.
Quand un enfant voit une mésange se poser au creux de sa main, il faut voir ses yeux remplis d’émerveillement. Ce contact particulier avec la nature a beaucoup plus de bons côtés que de mauvais.
Tous les textes Québec


