AFP

Le Louvre veut mieux accueillir ses visiteurs

Le Louvre veut mieux accueillir ses visiteurs

Le Louvre a accueilli quelque 9 millions de touristes l'année dernière.Photo Miguel Medina / AFP

Le Louvre, un des musées les plus visités du monde, va se rénover pour mieux accueillir sous sa pyramide les quelque neuf millions de personnes qui s'y pressent chaque année, première étape d'un projet visant à le rendre plus accessible à un nouveau public.

Le Grand Louvre «a été construit dans les années 80 à un moment où il y avait environ 3 millions de visiteurs, aujourd'hui ça fait deux années consécutives qu'on a dépassé les neuf millions», a expliqué à l'AFP le président-directeur du Louvre Jean-Luc Martinez.

«Ce succès, a-t-il ajouté, a conduit à l'allongement des files d'attente et à une forme de saturation de certains équipements, bagageries, toilettes».

Le projet «Pyramide», dont les travaux ont déjà commencé, vise à mieux organiser les flux, regrouper plusieurs fonctions jusque-là dispersées, améliorer l'information des visiteurs avec des comptoirs plus visibles et une nouvelle signalétique.

Représentant un coût de 53,5 millions d'euros, les travaux de réaménagement, qui s'étaleront de fin 2014 à début 2017, permettront également d'améliorer les conditions de travail des personnels, en particulier sur le plan sonore. Pendant toute cette période, le musée restera normalement ouvert.

«La pyramide est devenue un objet d'art au coeur de l'identité du Louvre», empruntée par 80% des visiteurs, remarque M. Martinez. «Cette merveilleuse entrée, parfois trop bruyante, crée un rapport au musée qui n'était pas dans l'intention de l'architecte», l'Américain I.M. Pei, qui la voyait «comme un sas, comme une préparation à la visite».

«Je me réjouis que ce musée ait rencontré ce grand public», ajoute le président du Louvre. «Grâce à ce public, on peut faire des expos dérangeantes, on a les moyens d'une politique d'acquisitions», à laquelle 20% du billet d'entrée sont consacrés.

Les Impressionnistes et Picasso

Au-delà du projet «Pyramide» dédié au confort de la visite, il s'agit aussi de rendre le musée «plus lisible» à un public de plus en plus diversifié. 70% des visiteurs du Louvre sont des étrangers, 60 à 70% y viennent pour la première fois et 50% ont moins de 30 ans.

«Ce n'est pas du tout l'image qu'on a du musée, souligne M. Martinez. Le Louvre attire des publics qui ne sont pas toujours des publics traditionnels. Du coup, ce que nous devons offrir aux visiteurs a changé complètement».

«Comment rendre aujourd'hui le Louvre plus compréhensible pour ces citoyens du monde, qui ont des cultures différentes», s'interroge le président du musée en demandant à ses collaborateurs de se mettre à la place du visiteur néophyte.

«Il n'a pas de repères, ne connaît pas le périmètre du musée», dont «l'identité est assez floue», remarque-t-il. «Nous avons bénéficié de l'expérience du Louvre-Lens. Quand on demandait aux gens ''qu'est ce que vous allez voir au Louvre ?'' ils répondaient: les Impressionnistes et Picasso». Pourtant absents du musée, qui propose en revanche des chefs-d'oeuvre mondialement célèbres comme la Joconde ou la Venus de Milo.

Pour faciliter ce repérage, des panneaux trilingues (français, anglais, espagnol) et des cartels (étiquettes des oeuvres) en anglais seront progressivement installés dans les 404 salles. Selon les tests, «avec l'anglais et l'espagnol, 98% du public arrive à déchiffrer l'info», selon M. Martinez.

À terme, sans doute vers 2017-2018, c'est le découpage des parcours - séparation par écoles, entre peinture et sculpture - qui pourrait être repensé.

«Dans les années 80, on s'adressait à l'amateur de musée. Le découpage des parcours, la médiation ont été pensés pour ce public», note M. Martinez.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos