Europe: premier trajet d'un cargo chinois via l'Arctique

Fonte des glaces - Europe: premier trajet d'un cargo chinois via l'Arctique

Le fjord Kongsfjord, dans l'archipel du Svalbard norvégien dans l'océan Arctique. Photo Archives / Agence QMI

Pour la première fois un navire marchand chinois est en route vers l'Europe par un raccourci polaire, grâce à la fonte des glaces dans l'Arctique, a rapporté samedi la presse à Pékin.

Ce navire appartenant au géant chinois du fret maritime Cosco a quitté jeudi son port de Dalian et devrait atteindre l'Europe en 33 jours en empruntant le passage du Nord-Est, qui longe les côtes septentrionales de la Sibérie, a précisé le quotidien China Daily.

Ce cargo polyvalent doit franchir le détroit de Béring le 25 août, avant de commencer sa traversée de l'océan Arctique, cette route maritime du Nord-Est n'étant praticable que l'été, a précisé le journal.

La Chine, premier exportateur mondial, porte un grand intérêt à cette nouvelle route maritime, qui lui permet d'éviter les délais du canal de Suez et de réduire de plusieurs milliers de kilomètres ses trajets vers l'Europe, son premier partenaire commercial.

Environ 90% des échanges commerciaux de la Chine passent par la mer. Pékin espère que le raccourci polaire sera également bénéfique au développement de ses ports dans le nord-est du pays.

La route maritime du Nord-Est, sur laquelle la Russie facilite la navigation en imposant la location de ses brise-glaces, devrait jouer un rôle croissant dans les échanges internationaux.

Également conséquence du réchauffement climatique qui accélère la débâcle de la banquise, un passage du Nord-Ouest s'est ouvert de l'autre côté du pôle Nord, côté canadien. Plus tortueux, il est très mal équipé en infrastructures.

Le trafic dans ces eaux arctiques reste toutefois encore embryonnaire au regard des routes traditionnelles via le canal de Panama (15 000 transits par an) ou de Suez (19 000).

Mais le volume de marchandises transportées par la route du Nord-Est devrait se multiplier dans les années à venir: de 1,26 million de tonnes l'an dernier, le trafic passera à 50 millions de tonnes en 2020, selon la Fédération des armateurs norvégiens.

La Chine, premier consommateur d'énergie du monde, lorgne par ailleurs sur les vastes réserves d'hydrocarbures que recèlerait l'Arctique. Ces ressources deviennent davantage accessibles en raison du recul de la calotte polaire.

Pékin pousse donc ses pions dans cette région et, après plusieurs années de campagne diplomatique, s'est vu accorder en mai le statut d'observateur au Conseil de l'Arctique, un forum intergouvernemental de coopération.


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