Un vrai mordu de la pêche

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Une des multiples prises de Cyril Chauquet, un thon colossal, lors d’un voyage en Tanzanie. © Agence QMI

Texte et photos: Agence QMI

De l’Abitibi à la Tanzanie, en passant par la mer des Caraïbes et l’Égypte, Cyril Chauquet brise les stéréotypes. Le populaire animateur de Mordu de la pêche n’a rien du pêcheur désabusé sur le point de s’endormir dans sa chaloupe.

«Partout en Europe, l’image projetée par la pêche est vraiment pourrie. Pour plusieurs, pêcher c’est pour les pépés», déplore le concepteur de l’émission la plus regardée au Canal Évasion.

Également diffusé aux États-Unis (ESPN2), au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et en Espagne dans sa version anglaise Fishing Adventurer, Mordu de la pêche transporte les téléspectateurs dans des lieux inexplorés et hors du commun pour suivre les aventures d’un pêcheur dynamique à l’enthousiasme contagieux.

«Ça m’énervait franchement de voir que la pêche soit aussi mal perçue, confie le Français d’origine installé à Montréal depuis plusieurs années.

Je voulais créer une émission capable de montrer le côté cool de ce sport, sans oublier l’aspect culturel qui s’y rattache selon l’endroit visité.»

Avec un public grandissant composé bien sûr de pêcheurs, mais aussi d’amateurs, de femmes et d’enfants, le Mordu préféré des Québécois a visiblement réussi là où plusieurs ont échoué.

Chaque semaine, entre 70 000 et 90 000 fans sont au rendez-vous pour accompagner Cyril Chauquet dans son voyage hebdomadaire.

«J’ai reçu je ne sais combien de courriels en provenance du Québec, des États-Unis et d’Angleterre de la part de personnes qui disent s’être mis à pêcher après avoir vu un épisode», révèle l’humble animateur.

Une sorte de Steve Irwin

À le voir tendre la ligne, se casser la gueule et s’extasier tel un enfant devant une prise qu’il ne peut s’empêcher d’embrasser avant de la relâcher, on comprend rapidement pourquoi Cyril Chauquet séduit son public. C’est à se demander parfois s’il ne s’agit pas d’un dérivé du défunt Steve Irwin, mieux connu comme le chasseur de crocodiles.

«Plusieurs personnes me comparent effectivement à lui, mais je ne cherche pas la merde comme il pouvait le faire en se foutant la tête dans la gueule d’un crocodile. Il privilégiait le côté biologique alors que je me concentre davantage sur l’expérience du voyage. Nul doute par contre que je suis le malade mental du poisson!»

N’empêche, il aurait très bien pu trouver la mort devant la caméra.

Lors d’un tournage au Honduras, Cyril Chauquet décide, à l’intention des téléspectateurs, de montrer à quel point le dard logé dans la queue d’une raie peut être acéré. Une bien mauvaise idée puisqu’il se pique à la main et s’injecte une dose de poison. «C’est la pire douleur que j’ai jamais sentie de ma vie, se rappelle-t-il avec une touche d’humour. Des locaux m’ont dit que certains en étaient même morts.»

Malgré une paralysie passagère du côté droit de son corps, des spasmes, des douleurs insupportables, une bouteille de whisky calée cul sec, quelques Tylenol et trois doses d’anti-venin dans une fesse, le téméraire pêcheur s’en est bien tiré.

«Heureusement, le dard s’était déjà détaché de la raie et ne contenait qu’une petite quantité de venin.»

Une passion bien vivante

Cette mésaventure ne risque toutefois pas de l’éloigner des plans d’eau, lui dont la passion est inébranlable depuis l’âge de trois ans, et ce même s’il ne sait pas d’où elle provient.

«Personne dans ma famille ne pêche, mais j’ai toujours été attiré par les milieux aquatiques.»

Et ce n’est pas près de s’estomper. «Plus ça va et plus j’ai envie de pêcher. Je veux relever de nouveaux défis et réaliser de belles pêches grâce à des techniques plus poussées.»

Une nouvelle qui fera sans doute sourire de nombreux Mordus déjà bien ferrés…




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