Anne Marie Parent
Agence QMI

Tourisme généalogique: sur les pas de vos ancêtres

Tourisme généalogique

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Anne Marie Parent

L'émission de télévision Qui êtes-vous?, l'adaptation française de Who do you think you are?, a fortement moussé l'intérêt pour le tourisme généalogique chez les Québécois. C'est très émouvant de marcher là où est passé son ancêtre. Conseils et témoignages.

Josée Tétreault consacre ses temps libres à la généalogie et à l'histoire depuis près de 30 ans. Elle est très impliquée à la Société généalogique canadienne-française à Montréal, où elle donne des cours d'initiation à la généalogie. Elle organise aussi aux deux ans les voyages au Congrès national de généalogie en France que fréquentent assidûment les Québécois passionnés de généalogie.

En 2008, elle est allée à Louin, en France, lieu d'origine présumé de son ancêtre Louis Tétreau, en région Poitou-Charentes. Elle a déniché l'acte de baptême non pas à Louin, mais à Tessonnière, à quelques kilomètres de là. L'ancêtre Louis avait en effet déclaré venir de Louin, au moment de son mariage à Trois-Rivières, et non du village voisin. Il ne faut jamais croire à 100 % ce que l'on trouve dans les documents généalogiques, que ce soit des livres ou des sites Internet, affirme-t-elle, à l'intention des généalogistes en herbe.

Pour la généalogiste, le plaisir ultime est d'officialiser ses origines en faisant graver puis installer une plaque commémorative dans le village d'antan. Mme Tétreault l'a fait en double, pour Louis Tétreau à Tessonnière et pour Noëlle Landeau, son épouse, baptisée à l'église de Jauzé dans l'ancienne province du Maine en 1638.

Selon Mme Tétreault, une des premières étapes de la recherche généalogique est de vérifier s'il existe une association de votre famille auprès de la Fédération des associations de familles du Québec. Le cas échéant, si des contacts ont déjà été faits avec des officiels de la municipalité d'origine de vos ancêtres, communiquez avec eux pour préparer votre arrivée. En général, on vous accueille à bras ouverts, surtout si vous y allez avec une délégation de votre association familiale.

Sur la piste des Acadiens

Historien de formation, André-Carl Vachon a toujours été intéressé par la généalogie; il donne lui aussi des cours à la Société généalogique canadienne-française à Montréal. Son mot d'ordre: ne jamais se laisser décourager quand on lui dit qu'il lui sera impossible de trouver de l'information car «toutes les personnes âgées de la famille sont mortes», ou «il n'existe pas d'archives».

Même si on n'a plus de grands-parents, il s'agit de poser des questions à l'occasion de réunions de famille - justement, profitez des retrouvailles du temps des Fêtes pour lancer la discussion sur la généalogie. Un cousin pourrait détenir une boîte de lettres, de cartes mortuaires ou de photos ayant appartenu à votre arrière-grand-mère en commun, ou bien une tante se rappelle peut-être les noms de certains de vos ancêtres et leurs lieux de mariage.
M. Vachon a même écrit à la paroisse où a vécu une lignée de sa famille. «J'ai dit que je cherchais de la parenté afin de faire l'arbre généalogique et j'ai reçu deux photos de mes arrière-arrière-grands-parents ainsi que les coordonnées d'une cousine de ma grand-mère qui était toujours vivante. Elle m'a transmis beaucoup d'information.»

France, Nouvelle-Écosse, Martinique, Québec...

Les recherches d'André-Carl Vachon l'ont mené à plusieurs endroits où ont vécu ses ancêtres. Il s'est particulièrement intéressé à ses aïeux acadiens, notamment sa lignée Lejeune dit Briard. Il faut dire que «plus de la moitié des Québécois d'ascendance canadienne-française (soit autour de trois millions d'individus) ont au moins un ancêtre d'origine acadienne», selon la Coalition des organisations acadiennes du Québec.

M. Vachon a remonté son arbre généalogique jusqu'à Thorigny-sur-Marne en France, dans l'ancienne province de Brie (Seine-et-Marne), où serait né son ancêtre Pierre Lejeune en 1628.
Ce dernier est parti en 1651 en Acadie et un de ses fils, Germain, s'est marié à Petit-Bras-d'Or au Cap Breton en Nouvelle-Écosse. M. Vachon s'est rendu au cimetière des pionniers dans l'actuel village de Little Bras-d'Or et également sur le rivage à Grand-Pré d'où les premiers bateaux déportant les Acadiens sont partis vers les colonies de la Nouvelle-Angleterre en 1755.

Très ému par le «grand dérangement» d e ces colons refusant de prêter allégeance à l'Angleterre, André-Carl Vachon a documenté ses lignées acadiennes. Il a compilé ses recherches dans plusieurs livres, fruit d'un travail de moine car il a épluché des milliers de listes de passagers de bateaux.

Faire de la généalogie, quand on est historien, permet d'ajouter des anecdotes et des scènes de vie à une énumération de noms et de dates. M. Vachon raconte que plusieurs villes, ne pouvant pas faire vivre ces nouveaux arrivants non désirés, ont renvoyé des milliers d'Acadiens en payant leur passage vers d'autres contrées: Angleterre, France, Caraïbes... En 1766, on dénombrait 399 Acadiens en Martinique, dans l'actuelle commune du Morne-Rouge où se trouve le parc naturel régional de la Martinique. On y offrira un circuit guidé «Sur les traces des Acadiens» dès novembre 2016.

André-Carl Vachon a dépisté 12 de ces Acadiens ayant quitté la Martinique pour se rendre à Québec en 1772 à bord du bateau de marchandises Pitt, dont une de ses ancêtres, Marie-Madeleine Martin. Il va sans dire que son pèlerinage généalogique va le conduire bientôt au Domaine de l'Émeraude du parc naturel régional, au cœur de cet ancien secteur confié aux Acadiens.

>>> Des pistes et adresses pour retrouver vos ancêtres (page 2)



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