Flotter au-dessus de l'hiver

Sarah Bergeron-Ouellet

Dernière mise à jour: 27-02-2013 | 11h44

Même s'il est assez rare de voir passer une montgolfière dans le ciel en plein hiver, il n'y a pas que l'été que l'on peut s'offrir un vol en ballon. Il est aussi possible de le faire entre deux bordées de neige, tout particulièrement au-dessus des paysages gelés de la Montérégie.

«On est parti, mon kiki!», lance le pilote Richard Vaillancourt alors que la montgolfière quitte l'aéroport de Saint-Jean-sur-Richelieu, deux passagers bien emmitouflés à son bord. Le ballon s'élève à 30 mètres d'altitude, passe au-dessus du collège militaire, descend frôler l'eau à moitié glacée de la rivière Richelieu, avant de remonter lentement au-dessus de la ville.

Été comme hiver, voler en montgolfière offre une sensation unique. Silencieux et doux, le vol a quelque chose d'à la fois complètement inhabituel - on flotte - et de naturel, puisqu'il n'y rien d'autre qu'une nacelle pour séparer les passagers de l'air. Un peu comme en voilier, c'est le vent qui détermine la trajectoire et la vitesse de la voile. Le pilote, lui, ne contrôle que la montée et la descente à l'aide d'un brûleur au propane. «C'est ma pédale à gaz», illustre Richard, alors que le ballon prend de l'altitude et se dirige vers les champs montérégiens à une vitesse d'environ 10 km/h.

Un spectacle en noir et blanc

À 900 mètres du sol (3000 pieds), la vue porte loin, même si le temps est nuageux. «Habituellement, l'hiver, la visibilité est à perte de vue», dit le pilote en pointant Rougemont, St-Hilaire et St-Bruno d'un côté, la baie Missisquoi et le lac Champlain de l'autre, de même que la silhouette floue de Montréal.

Avant le décollage, on aurait pu croire que le ciel couvert et la neige peu abondante donneraient un panorama décevant du haut des airs, mais ce n'est pas le cas. La campagne, lointaine et figée, a presque l'air d'une courtepointe. Les traces de labours à moitié couvertes de neige, les quelques îlots de forêts et les routes de campagne créent un étonnant tableau géométrique, tout en noir et blanc.

Contemplatif et sportif

Les paysages apaisants sont probablement l'une des plus belles particularités des vols hivernaux. Mais il y a d'autres spécificités. «Les vols d'hiver, ça a un petit côté aventurier, un côté sportif, explique Richard Vaillancourt, c'est un beau défi.»

Le principal défi est en fait l'arrivée, puisqu'il est impossible de prévoir avec exactitude le lieu d'atterrissage d'une montgolfière. En hiver, si le vent la mène vers un champ enneigé, il faudra récupérer la voile, la nacelle et le brûleur à l'aide d'un traîneau. Dans un tel cas, l'équipe de poursuite - un groupe de trois ou quatre personnes qui suit le ballon en camion tout au long de l'envolée - ne manquera pas de boulot pour tout ramener au sec et au chaud.

Comment se passera l'atterrissage cette fois-ci? «Je vais essayer de sortir mes talents pour être le plus proche de la route possible, pour que ce soit plus facile pour la récupération», explique Richard vers la toute fin de l'envolée.

Le vent est de son côté, puisque la montgolfière se pose au ralenti au bord d'une petite route du village de Mont-St-Grégoire. Le vol aura été plus contemplatif que sportif, mais quand on prend le ciel en hiver, il faut être prêt à tout, même au plus doux.

***

Envie de voler?

- Pour réserver un vol d'hiver, vous pouvez contacter l'International de montgolfière de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui vous mettra en lien avec des pilotes professionnels.

- Il est possible de prendre part à des vols d'été pendant le festival, qui aura lieu du 10 au 18 août 2013 et qui célébrera cette année son 30e anniversaire.

- Un vol d'hiver coûte autour de 200 $ par personne et dure environ une heure.

- Info: www.montgolfieres.com/index.php/fr

***

Le saviez-vous?

- L'hiver, les montgolfières peuvent voler en plein jour, ce qui n'est pas le cas l'été où il faut partir très tôt le matin ou en fin de journée pour éviter les turbulences aériennes causées par le rayonnement du soleil.

- Les pilotes de montgolfière doivent avoir les mêmes connaissances du ciel et des règlements aériens que les pilotes d'avion.

- Un ballon peut d'ailleurs, comme un petit avion, monter à plus de 3000 mètres (10 000 pieds) d'altitude.

Vol d'hiver en montgolfière

Voir en plein écran

Vidéos

Photos