Sarah-Émilie Nault
Agence QMI

Deux jours de survie dans la forêt des Laurentides

Laurentides - Deux jours de survie dans la forêt des Laurentides

Sarah-Émilie Nault

Le tout commence par une balade en hélicoptère au-dessus de la forêt boréale, ses lacs et ses rivières. Un court vol où, sitôt atterri, le pilote rebrousse chemin en laissant les participants quelque part sur les terres de la couronne, à quelques kilomètres de Saint-Donat. S'entame alors une aventure de deux jours de simulation de survie en forêt en compagnie d'un expert.

L'exercice est baptisé «survie en forêt héli-extrême». L'objectif? Apprendre les bases de la survie tout en se déplaçant dans la forêt épaisse et, ultimement, retrouver le chemin du centre d'activités Kanatha-Aki, dans la municipalité de Val-des-Lacs.

Simuler la survie sur le terrain

Alexandre Coser a été instructeur dans l'armée française. Il a suivi de nombreuses formations de survie ainsi qu'une formation en protection rapprochée, en Russie, où il fut brièvement garde du corps du président Poutine. C'est en sa rassurante compagnie que les participants tels que nous prennent part à ce stage de survie en forêt.

«Je propose cette activité de survie depuis sept ans au centre Kanatha-Aki, explique-t-il. Le but est d'enseigner aux gens à se débrouiller dans le bois s'ils sont mal pris. Je trouve intéressant de leur permettre d'apprendre, de mettre à profit ces connaissances et de pratiquer sur le terrain, avec un guide d'expérience.»

Pendant ces deux jours, Alex aborde de nombreux aspects de la survie en forêt: la récupération du maximum de matériel de l'hélicoptère que l'on imagine abîmé; l'attente puis l'indication de la direction prise par les survivants; l'orientation avec le soleil; les lettres PSEN représentant les essentiels de survie: protection, secours, eau et nourriture, le calcul des points cardinaux; l'azimut brutal en cas de réelle survie (technique consistant à foncer plein sud peu importe ce qui se trouve sur notre chemin); ainsi que le savoir écouter, sentir et goûter dans cette forêt dont il faut trouver la sortie.

Le moral et les connaissances contre l'adversité

Munis de couteaux comprenant des pierres de feu, de gourdes d'eau, de gobelets métalliques, de sacs de couchage, de vêtements chauds et de nourriture déshydratée, nous ne sommes pas en réelle situation de survie, mais l'urgence de retrouver notre chemin et d'établir un abri avant la nuit se fait tout de même sentir.

Les enseignements de notre guide sont fascinants. Au plaisir de prendre part à une activité unique vient s'ajouter le désir de retenir toutes ces informations, si jamais un jour on avait à y recourir.
L'ambiance de franche camaraderie qui s'installe entre nous pourrait sembler étrange, pourtant notre guide nous affirme que celle-ci est essentielle en situation de survie. Que l'aspect psychologique est aussi important que le savoir et les capacités physiques.

Ces quinze kilomètres parcourus en franchissant rivières (pieds nus, le sac au dos), forêts, montagnes et marécages sont aussi éreintants que captivants. Alex nous fait découvrir la polyvalence de la sphaigne (cette mousse dans laquelle se loge de l'eau potable, apaisant aussi les blessures), l'efficacité du bouleau blanc et de la sève pour l'allumage du feu, la technique de remplissage d'une gourde dans un ruisseau (à sens inverse et avec un bout de tissus en guise de filtre) et la comestibilité de la racine de quenouille.

Il nous enseigne aussi les différents nœuds pouvant sauver la vie, la façon de confectionner un abri en appentis, la technique de rappel simple avec un harnais composé d'une sangle et d'un mousqueton, les astuces de la pêche à la main et la toute simple recette du divin thé au sapin.
«À cette période [septembre], le degré de difficulté de l'activité est d'environ 8 sur 10, affirme le guide alors que nous discutons au bord du feu. Ce n'est pas une activité infaisable, mais c'est certainement difficile. Ce n'est pas pour tout le monde. L'hiver ou l'été lors de la période des mouches et des moustiques, on grimpe à 9,5 sur 10. Il vaut mieux être préparé psychologiquement.»

Quant à nous, nous avons retrouvé notre chemin sans trop de mal, aussi emballés qu'épuisés par l'intense randonnée, la courte nuit à la belle étoile et tous les autres aspects de ce plus qu'étonnant séjour en forêt.

Informations pratiques

- Kanatha-Aki propose plusieurs forfaits de survie en forêt: www.kanatha-aki.com

- Tarifs: «Heli-Extrême 2 jours»: 798 $ par personne (2 participants), 598 $ par personne (3 participants) 458 $ par personne (4 à 5 participants)

- Le vol en hélicoptère est assuré par Héli-Tremblant: www.heli-tremblant.com

- Pour faire une réservation: www.tremblantactivities.com



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