Catherine Lefebvre
Agence QMI

Tourisme autochtone dans Lanaudière

Lanaudière - Tourisme autochtone dans Lanaudière

Le site de Amishk Aventures Amérindiennes offre différents forfaits mettant en valeur les cultures traditionnelles autochtones.Photos Catherine Lefebvre / Agence QMI

Catherine Lefebvre

Situé à un peu plus d'une heure au nord de Montréal, le site de Amishk Aventures Amérindiennes est tout indiqué pour aller à la rencontre des Premières Nations.

Nous arrivons par la route de terre au nord-est de St-Calixte dans Lanaudière. Le site est ouvert depuis la fin juin seulement. Luc Collin, d'origine innue, et Teddy Otter, d'origine crie, nous attendent dans le «shaputuan» (grande tente servant de cuisine et de salle à manger) avec une infusion aux branches de cèdres pour nous souhaiter la bienvenue.

D'entrée de jeu, ils nous montrent comment les «sauvages» étaient décrits dans les livres d'histoire du Canada, il n'y a pas si longtemps. C'est le début de longues conversations sur leur vraie histoire et les idées reçues qui circulent encore à leur égard.

À table

Avant le souper, Luc nous apprend à faire de la bannique, ce pain plat traditionnellement cuit sur le feu, que nous cuisons cette fois-ci directement dans la poêle. C'est d'ailleurs ce qui accompagne le potage de courge, l'une des trois sœurs dans l'agriculture amérindienne, avec le maïs et les haricots. Cultivées ensemble, elles respectent les principes de l'agriculture biodynamique.
Comme plat principal, du lièvre braisé est servi avec des haricots et des pommes de terre au four. Les clins d'œil à la cuisine autochtone sont là, mais le menu pourrait être encore plus traditionnel.

Autour du feu

Nous terminons la soirée au bord du feu pour écouter les histoires de Luc et de Teddy. «La Terre ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons», lance Luc Collin. «C'est pour ça que c'est très important d'être reconnaissant envers la Terre mère. Lors d'une fête, on a l'habitude de jeter un petit morceau de viande dans le feu, de manière à lui redonner ce qu'elle nous offre tous les jours», ajoute Teddy Otter.

Au réveil, la brume laisse encore des traces sur le lac. Les arbres morts chétifs la transpercent d'un bout à l'autre. Au bout du quai, café brûlant à la main, on contemple la nature qui se réveille doucement.

Autour du feu, Teddy nous confectionne une pochette de cuir à porter sous forme de collier et dans laquelle on peut mettre des plantes médicinales, un peu comme les grigris africains.

En nature

Nous allons justement marcher dans les environs du site avec Luc, qui en profite pour nous expliquer les diverses utilités des plantes et des arbres, tant pour la fabrication d'objets que pour la médecine traditionnelle.

«L'écorce de bouleau sert autant à la confection des canots que pour apaiser les douleurs menstruelles. Le frêne, lorsqu'on le trempe dans l'eau, se défait en lanières, parfaites pour la confection de paniers. Et lorsqu'on crève les petites bulles sur l'écorce de sapin, on utilise la gomme comme anticongestionnant», explique-t-il.

Sur le chemin du retour, à la sortie du chemin de terre, Teddy nous attend sous la pluie battante pour nous saluer. Il nous tend une poignée de branches de cèdre pour nous faire des infusions. «N'oubliez pas! Il ne faut pas les faire bouillir, il faut simplement les ajouter à de l'eau chaude. Sinon, c'est pas bon», précise-t-il.

De quoi troquer toutes nos tisanes pour nous rappeler ce séjour en très bonne compagnie.

BON À SAVOIR

- Amishk Aventures Amérindiennes offre différents forfaits mettant en valeur les cultures traditionnelles autochtones par l'entremise d'ateliers d'artisanats, d'interprétations et de dégustation de mets typiques.

- L'activité à laquelle nous avons pris part se nomme «Forfait Amishk Expérience (2 nuits)» et coûte 400 $ par personne, en tente prospecteur.

- Le site est ouvert jusqu'au 5 novembre.

- Pour en savoir plus: aventuresamerindiennes.ca



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