Véronique Leduc
Agence QMI

Côte-Nord: 1300 kilomètres de liberté

Côte-Nord: 1300 kilomètres de liberté

AGENCE QMI, VÉRONIQUE LEDUC

Véronique Leduc

La Côte-Nord? «Trop loin, trop rien, trop froid», pensent plusieurs. Pourtant, il suffit d'y aller (enfin) pour une première fois pour tomber sous le charme et répéter à qui veut l'entendre que la région vaut chaque kilomètre parcouru.

Pour que les 1260 kilomètres et 15 heures de voiture qui séparent Montréal de Natashquan soient moins imposants, le truc est de séparer la route en plusieurs étapes qui feront partie du voyage.

Ainsi, en une dizaine de jours, on aura le temps de découvrir différents coins, tous plus surprenants les uns que les autres.

Premier arrêt: Tadoussac

C'est le traversier entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac qui mène au début de la Côte-Nord. Tadoussac est classé comme un des plus beaux villages du Québec. Son bon choix de restos et la belle promenade qui longe la baie y sont sûrement pour quelque chose.

Parce qu'on s'apprête à parcourir sur près de 800 kilomètres la route des Baleines (et parce qu'on en apercevra certainement pendant le voyage), le Centre d'interprétation des mammifères marins présente une pause à envisager.

Deuxième arrêt: Grandes-Bergeronnes

À 20 minutes de Tadoussac, aux Grandes-Bergeronnes, c'est le camping Mer et Monde Écotours qui vole la vedette. C'est que ses plates-formes de bois prêtes à accueillir les tentes sont uniques! De notre site, au crépuscule venu, c'est devant le spectacle émouvant des baleines qu'on prend l'apéro.

Puis, lorsque vient le temps de se glisser dans le sac de couchage, on s'endormira au souffle des cétacés qui sommeillent à la surface de l'eau.

Outre ces sites magiques, la spécialité de Mer et Monde est le kayak de mer guidé.

Troisième arrêt: Sept-Îles

Le lendemain, on emprunte la 138 vers le nord jusqu'à Sept-Îles. «En superficie, vous êtes dans la plus grande ville du Québec, assure d'emblée Diane Thériault de Tourisme Sept-Îles. Mais il y a ici plus d'épinettes que d'humains!» La table est mise: autour de cette ville qui propose quelques bons restos et une vie culturelle dynamique, c'est la nature qui est reine.

À quelques minutes de Zodiak, il y a les îles qui ont donné son nom à la ville et qu'on découvre grâce aux Croisières du Capitaine.

L'île Grande Basque est une magnifique surprise faite de plages de sable fin et de sentiers de randonnée classés parmi les plus beaux de la province. Les chances que les visiteurs tombent sous le charme sont élevées et si c'est le cas, ils seront ravis de vivre une expérience unique grâce à la tente prêt-à-camper ou aux terrains de camping de Grande Basque ou encore, grâce aux yourtes de l'île Grosse Boule.

Quatrième arrêt: l'archipel de Mingan


On pourrait consacrer une semaine à la visite de la réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan. Là, sur 152 kilomètres, différents points permettent d'embarquer sur des bateaux qui feront découvrir certaines îles parmi les mille îlots qui composent l'archipel. «Chaque île est différente, assure Olivia Jomphe de Parcs Canada, et chacune offre des paysages uniques.»

Devant les plages immaculées, les monolithes qui transportent dans un autre monde, le phare mythique de l'île aux Perroquets, les fossiles marins, les forêts de conifères, les sols de mousse et les histoires de pêche qui datent de plus de 400 ans, on reste sans voix.

Et, après avoir attrapé notre énième coup de soleil du séjour, Olivia, avec un clin d'oeil, explique: «Ce n'est pas aussi froid que ce que pensent les gens et ici, on a pas l'humidité alors c'est plus confortable!».

Cinquième arrêt: Natashquan

Après une semaine sur la route, nous voici à Natashquan, connu surtout grâce aux chansons de Gilles Vigneault mais qui pourrait l'être pour tellement d'autres raisons. D'ailleurs, la dame de l'information touristique installée à l'entrée du village relié par la route depuis 1996 seulement, assure que la plupart des visiteurs regrettent de ne pas rester plus longtemps.

On la croit sur parole puisqu'il y a ces splendides plages naturelles qui s'étendent sur des kilomètres, ce musée de la Vieille École qui raconte l'histoire du village, ce restaurant, l'Échouerie, qui donne sur la mer et qui fait une belle place aux aliments du terroir, puis ce site des Galets qui regroupe une douzaine d'anciens hangars de pêcheurs témoignant de la vie des ancêtres...

Les charmes de la 138

De Tadoussac à Natashquan, sur 800 kilomètres, un seul trajet est possible: la 138 qui longe le fleuve, puis la mer, et qui offre des vues époustouflantes.

Si on peut penser que c'est un désavantage de suivre une route qui oblige à revenir sur nos pas, c'est pourtant tout le contraire.

Quand on découvre, à Sept-Îles, ce casse-croûte dont la salle à manger est un immense casier à homard, qu'on remarque la microbrasserie Saint-Pancrace, à Baie-Comeau, ou qu'on passe tout droit les impressionnants barrages de la région parce que le temps manque, on est déjà en train de prévoir les arrêts qui couperont la route du retour.

On revient de la Côte-Nord avec la conviction que tous les Québécois devraient emprunter cette partie de la 138, ne serait-ce que pour saisir toute l'étendue de notre vaste territoire et rapporter dans les bagages cette trace que seuls des paysages plus grands que nature peuvent laisser.


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