Jean-François Leclerc en collaboration avec le Centre d'Histoire de Montréal
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Promenades historiques: Parc Belmont

Montréal - Promenades historiques: Parc Belmont

Billet d’admission pour un enfant au Parc BelmontCollection du Centre d’histoire de Montréal

Jean-François Leclerc en collaboration avec le Centre d'Histoire de Montréal

Dernière mise à jour: 03-06-2016 | 14h25

En se basant sur les chroniques hebdomadaires Montréal retour sur l'image, parues dans le Journal de Montréal, le livre Promenades historiques à Montréal a voulu faire un recueil utile pour des balades sur l'île de Montréal et ses environs. En voici un sixième extrait avec le Parc Belmont.

Le Coney Island montréalais

En 1923, quatre hommes d'affaires francophones montréalais réalisent leur rêve. À Cartierville, au bout d'une ligne de tramway, sur le bord de la rivière des Prairies, naît un parc d'attractions nommé Belmont, un nom associé au chic et au bon goût. Dépaysement, gâteries, curiosités humaines et animales, musique, détente et émotions fortes sont au rendez-vous, à prix modique. L'idée n'est pas nouvelle. À Montréal, les Jardins Guilbault, les parcs Sohmer et Dominion avaient marqué leur époque. Après la fermeture du parc Dominion en 1937, le parc Belmont conquiert le cœur des Montréalais grâce aux dollars d'entrepreneurs locaux, dont Charles-Émile Trudeau (père de Pierre Elliot !), et au flair de gérants, tel l'Américain Rex D. Billings. Les terrains de jeux municipaux, Disneyland (1955) et La Ronde (1967) lui portent ombrage. Malgré ses 750 000 visiteurs en 1972, le brouhaha burlesque du parc Belmont commence à paraître démodé. En 1979, une cabine du manège des Parachutes se détache, blessant gravement deux enfants. Après 61 saisons, le lieu ferme en 1983. Il fera place à des condos. Un espace vert et une œuvre d'art rappellent modestement ses merveilles.

Vive le baby-boom

La prospérité d'après-guerre relance les projets de mariage et les rêves d'enfants de milliers de Canadiens, d'Américains et d'Australiens. Les familles sont plus petites, mais davantage de couples ont des enfants. Connue sous le nom de « baby-boom », la vague de bébés nés entre 1945 et 1965 crée d'immenses besoins, influence la société et... les loisirs ! Les parcs d'attractions en profitent. Les enfants de notre photo ont le choix entre une cinquantaine de manèges que décrit bien le journaliste Steve Proulx dans son ouvrage Les Saisons du Parc Belmont. En plus des manèges pionniers du Fouet, de la Maison hantée, du Tapis magique, du Caracole, et de ceux inspirés de l'aviation, auxquels on accole le suffixe « o-plane » : le Rock o-plane, le Loop-o-plane, on trouve la populaire Vrille (des baquets pivotants), les Auto de courses, le Palais des illusions (un labyrinthe de verre et de miroirs), et surtout, la nouveauté de 1958, la Souris folle, une montagne russe, réplique de l'Exposition universelle de Bruxelles.


Steinberg, le roi des épiciers

Pour attirer les familles, le parc offre des journées à rabais, sans oublier les traditionnels pique-niques d'associations ou de compagnies, et les événements commandités comme ce « carnaval des enfants » offert par Steinberg. Ce nom d'origine hongroise est si connu que les ménagères l'utilisent chaque semaine. L'expression « faire son Steinberg » est en effet devenue synonyme de « faire ses courses » ! Une immigrante juive, Ida Steinberg, avait ouvert en 1917 une petite épicerie sur le boulevard Saint-Laurent pour faire vivre sa famille. Reprise à sa mort par son fils Samuel, l'épicerie Steinberg devient peu à peu un empire commercial comptant 92 magasins en 1960. Le petit génie du marketing agrandit le commerce maternel, construit de nouvelles épiceries et introduit des innovations américaines comme le « self-service », les paniers à roulette, les timbres primes (« Pinky »), l'emballage sous cellophane, les marques maison, les départements spécialisés et les stationnements attenants au commerce. Une stratégie d'acquisitions de magasins à rayons, pharmacies et autres commerces fragilise par la suite la compagnie. La mort de Samuel et une dispute familiale mènent la chaîne chouchou des Québécois à la faillite. La bannière Steinberg disparaît en 1992.


Par le truchement de photos prises au cours des ans, en collaboration avec le Centre d'histoire de Montréal, le Journal de Montréal a eu l'idée de vous faire découvrir Montréal de façon différente grâce à ses chroniques hebdomadaires Montréal retour sur l'image.

L'idée a ensuite germé dans les esprits de reprendre ces chroniques et d'en faire un recueil utile à la planification de balades sur l'île de Montréal et ses environs.

Le livre Promenades historiques à Montréal a été conçu avec cet objectif.

Un échantillon de plus de cent points d'intérêt est donc présenté dans ce présent recueil. Pour faciliter son utilisation, dix circuits ont été élaborés à partir des principaux arrondissements de la Ville de Montréal, des îles et municipalités faisant partie de l'agglomération de Montréal.




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