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Un «safari minier» tchèque, avec des drôles de girafes

République tchèque - Un «safari minier» tchèque, avec des drôles de girafes

Le «safari minier» dure de 4 à 5 heures.Photo Michal Cizek / AFP

MOST, République tchèque - C'est un drôle de safari: deux sociétés minières tchèques invitent les touristes à un parcours en camion tout terrain à travers leurs sites impressionnants où évoluent, sur un lit de lignite, les excavateurs à très long «cou» en guise de girafes.

«Nous sommes devant une mine à ciel ouvert, inaugurée en 1901», indique le guide et ancien mineur Josef Gerthner à un groupe de visiteurs, occupés à prendre en photo, par une chaude journée d'été, ces engins énormes se dressant au loin.

Munis de casques protecteurs obligatoires, les 18 aventuriers embarquent sur un camion tout-terrain pour un «safari minier» de 4 à 5 heures, à travers ce site situé à Most, une ville du nord de la République tchèque.

Depuis son lancement en 2009, le tour cahoteux a attiré 16 500 amateurs, venus des quatre coins du monde. Les circuits sont généralement réservés au moins deux mois à l'avance, pour un prix modique de 150 couronnes (7,8 $). Les recettes servent à financer un musée local de la mine.

Emporter des trophées

«C'est fantastique de pouvoir les approcher de si près», s'exclame Premysl Maly, un informaticien de Prague, en admiration devant un excavateur long de 160 m, haut de 52 m et pesant 4300 tonnes.

Au lieu de chasser des lions pour emporter des trophées, les touristes peuvent, en guise de souvenirs, remplir des sacs en plastique de morceaux de roche, sous l'oeil vigilant du guide.

Les mines visitées sont toujours en activité et on peut voir les excavateurs bouger. Il y reste toujours 750 millions de tonnes de lignite à extraire, déclare M. Gerthner en pointant du regard le village voisin de Horni Jiretin. C'est suffisant pour garder la société minière en activité pendant encore un siècle.

Mais le projet d'étendre la mine, au prix de la destruction du village, a irrité des écologistes. Les spécialistes écartent toutefois le risque de glissements de terrain provoqués par l'extraction et susceptibles de mettre en danger un château voisin.

«Je suis heureuse d'avoir eu l'occasion de voir tout cela. J'ai beaucoup entendu parler du château», dit Marta Galiova, originaire d'une région minière orientale du pays, aux prises avec la pollution.

«Je sais à quoi ressemble le smog. Je suppose qu'il y a des sources plus propres d'énergie», dit-elle à l'AFP.

Église déplacée

Pour faire en 1975 de la place à l'extraction du charbon, la ville de Most a déjà déplacé de 841 mètres son église, ce qui lui a valu l'inscription au livre Guinness des records en tant qu'objet le plus lourd jamais transporté sur rails.

Un aéroport, une piste automobile, un champ de tir et un cimetière ont trouvé de nouveaux emplacements sur les immenses amas de terre enlevée des mines locales. Tout comme un hippodrome, ouvert en 1997, où les chevaux galopent sur ces 237 millions de mètres cubes de terre, accumulés depuis plus de 40 ans.

L'extraction du lignite est un sujet brûlant en République tchèque, pays de 10,5 millions d'habitants et membre de l'Union européenne, en raison des limites en vigueur depuis 1991, que des lobbies miniers aimeraient voir levées.

Le gouvernement tchèque de centre gauche doit prendre une décision définitive encore cette année. L'une des options est de lever seulement les limites dans une seule mine, située loin des zones habitées.

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