Sarah Bergeron-Ouellet
Agence QMI

Petites balades dans la grande Istanbul

Les couleurs d'Istanbul

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Sarah Bergeron-Ouellet

Dernière mise à jour: 23-10-2015 | 15h26

Plusieurs disent que la meilleure façon de découvrir la métropole turque est de la parcourir à partir du Bosphore. Quand on est assis sur le pont d'un bateau, loin du trafic infernal des rues stambouliotes, on est bien tentés de leur donner raison.

La brise est douce sur ce détroit d'une trentaine de kilomètres qui relie la mer Noire à la mer de Marmara. À bord d'un «vapur» - ou traversier -, on a une vue unique sur l'étendue et les collines d'Istanbul. On passe devant de riches villas de bois - ou «yalis» - au bord de l'eau et on admire les façades de quelques riches palais du 18e siècle. Ici et là, on aperçoit des terrasses et des pêcheurs lançant patiemment leur ligne à l'eau. Et, si on fait le trajet en fin de la journée, on admire, au loin, le soleil se coucher derrière les minarets des mosquées.

Istanbul est fascinante. Elle est grouillante de monde et de vie, elle est cosmopolite et, même si c'est un cliché de le dire, elle est vraiment à mi-chemin entre l'Orient et l'Occident: assez européenne pour qu'un voyageur n'y perde pas tous ses repères, assez exotique et lointaine pour le dépayser. Construite à la fois sur le continent européen et sur les rivages asiatiques, son histoire est si dense que son nom évoque d'emblée tout un flot d'images: les églises byzantines, les palais de sultans, la route des caravanes, les rails de l'Orient Express...

Istanbul a été la capitale de l'Empire romain d'Orient, est devenue musulmane sous les Ottomans (1453), avant de s'occidentaliser au 20e siècle sous le règne d'Atatürk.

Mégapole de 14 millions d'habitants, l'ancienne Constantinople est aujourd'hui tout en contrastes: on y croise des gens de tous les horizons, on y côtoie la vie moderne au milieu de vestiges du passé et on y sirote des cocktails sur des terrasses branchées tout en entendant résonner l'appel du muezzin.

Quelques balades

Sur Istiklal Caddessi, dans le district Beyoglu, on est loin de l'époque des empereurs byzantins ou des sultans ottomans. La plus fameuse artère d'Istanbul a de quoi étourdir plus d'un voyageur. Piétonne, bondée à toute heure du jour et de la nuit (ou presque), elle est arpentée par un minuscule tramway rouge, surnommé «tramway nostalgique». L'avenue est bordée de cafés, de bars, de magasins internationaux et d'anciennes ambassades transformées en commerces. On y croise, comme un peu partout en ville, des vendeurs ambulants offrant du maïs et des marrons grillés, de même que des «simit», un genre de bagel qui rappelle ceux de Montréal.

Une fois au bout d'Istiklal Caddessi, on se retrouve à la place Taksim, lieu de nombreux rassemblements et célébrations, qui a notamment fait les manchettes lors des protestations de 2013 en Turquie.

Notre conseil: ne vous limitez pas à la place et à la grande avenue. Prenez le temps de découvrir à pied quelques-uns des quartiers environnants. Perdez-vous, par exemple, à travers les rues pavées et accidentées de Galata. Allez voir l'emblématique tour du même nom, construite en 1348 par les Génois. Achetez un jus de pomme grenade fraîchement pressé avant de faire les boutiques d'instruments de musique et d'artisanat. Allez prendre le thé sur une terrasse. À moins que vous ne préfériez un cappuccino ou un café turc bien épais?

Vous pouvez aussi aller marcher dans le quartier résidentiel de Cihangir, pour observer le rythme du quotidien. Vous y croiserez des cafés très modernes, quelques magasins bios et des dizaines... de chats. Car il y a des chats un peu partout à Istanbul, que ce soit dans les buissons, devant les vitrines ou, parfois, sur les terrasses des cafés.

En soirée, ne manquez pas de vous attabler dans Tünel. Les rues de ce petit secteur regorgent de patios et restos où se régaler de «meze». Les entrées à partager sont l'un des (nombreux) bonheurs de la cuisine turque: salade d'aubergine grillée, feuilles de vigne farcies, houmous, délices au fromage feta, fèves à l'huile d'olive... On poursuivra avec un traditionnel poisson grillé et un verre de raki, un alcool anisé un peu plus fort qu'il en a l'air!

Unique Sultanahmet

Une visite à Istanbul ne serait pas complète sans la découverte de ses secteurs historiques, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils racontent plus de 2000 ans d'histoire. Le quartier Sultanahmet, avec ses hammams, ses monuments et ses nombreux petits hôtels, est un incontournable.

Tous les guides touristiques recensent et encensent (avec raison) deux monuments en particulier: la fameuse Mosquée bleue et la basilique Sainte-Sophie. La première a été construite par le sultan Ahmet 1er au 17e siècle et est connue pour sa silhouette emblématique et ses fines céramiques. La seconde, située juste en face, est une basilique inaugurée en 537, qui a été transformée en mosquée près de 1000 ans plus tard. Si sa silhouette est remarquable, avec ses coupoles et ses minarets, c'est peut-être son intérieur qui est le plus étonnant, avec ses œuvres préservées issues de deux religions.

Si vous aimez les châteaux, prenez quelques heures (en matinée; les foules y seront peut-être moins denses) pour visiter aussi l'immense palais de Topkapi, demeure des sultans pendant 400 ans. Le harem, c'est-à-dire les appartements impériaux, est à voir. Cour des concubines, cour des favorites, quartiers des eunuques noirs, hammams, fontaines, salon luxueux et chambres aux fabuleuses céramiques: tout y respire l'opulence.

Un autre classique qui fait dans l'abondance: le Grand Bazar, véritable labyrinthe de rues, d'allées, d'étals et de boutiques. Le bâtiment principal de cet immense marché date de 1461 et vous déambulerez vraiment là où s'arrêtaient les caravaniers. La plupart des objets qu'on y trouve, par contre, sont loin d'être aussi authentiques que l'édifice lui-même. Mais avec de la patience et un bon flair, vous y trouverez bel et bien des tapis, cuirs ou bijoux de qualité à rapporter à la maison.

Pour clore votre virée urbaine, il ne faudra pas manquer de monter sur les toits de la ville. Il y a de nombreuses terrasses en hauteur à Istanbul, notamment dans Beyoglu, en face de Sultanahmet. Y aller au coucher du soleil, c'est un peu comme aller faire un tour sur le Bosphore en fin de journée. On observe les rives asiatique et européenne tour à tour, en profitant du calme, de la brise et, surtout, de la vue.



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