Sarah Bergeron-Ouellet
Agence QMI

Découvrir Toulouse... entre deux bouchées

Toulouse et ses environs gourmands

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Sarah Bergeron-Ouellet

Aussi bien vous prévenir: un séjour à Toulouse peut se transformer en virée gourmande sans même que l'on s'en rende compte.

Entre le traditionnel cassoulet, le foie gras et le magret de canard; entre les cafés, les marchés, les bars à vin et les adresses branchées, on croise toujours de quoi se réjouir les papilles et la panse dans la quatrième plus grande ville de France. Heureusement, cela ne vous empêchera pas de régaler aussi vos yeux entre deux bouchées.

C'est qu'il fait bon vivre, à Toulouse. Les cafés s'alignent rue des Filatiers, les passants déambulent sur la place du Capitole et les platanes donnent des airs romantiques au quai de la Daurade. Au cœur du Midi-Pyrénées, la ville continue d'afficher le nom de ses rues en occitan, est entourée de villages médiévaux pleins de charme et possède un riche passé marqué (entre autres) par le commerce du bleu de pastel, une teinture végétale rare ayant connu son heure de gloire à la Renaissance. Celle que l'on surnomme la «Ville rose» en raison de ses nombreux bâtiments en briques, se trouve aussi - bien sûr - sur la «route des cassoulets», ce met typique mêlant haricots, viande confite, saucisses et... secrets de préparation.

Pour se faire une idée de l'art de vivre toulousain, on peut commencer par le marché Victor-Hugo. C'est cet endroit, débordant de bonne humeur et de produits du terroir, qui nous a mis l'eau à la bouche dès notre arrivée. Canard, foie gras, saucisses, truffes précieuses, jambon ibérique, fromages, bocaux de cassoulet... Comment résister? Du mardi au dimanche, de l'aube jusqu'à 13h, c'est près de 90 commerçants qui font saliver les passants dans le centre-ville.

À un coin de rue de là se trouve un «fast food» gourmet à ne pas manquer non plus: le Capucin signé Bras. Ce bistro tenu par le chef Michel Bras, trois étoiles au Michelin, propose des «cônes» appelés capucins faits à partir de farine de sarrasin et de froment, et garnis d'ingrédients fins: fromage Laguiole et abricots aigre doux, truffes et aligot (une spécialité à base de purée de pommes de terre et fromage), jambon blanc et rétortillat (même type de spécialité)... On fait son choix, on commande un bon vin et on déguste le tout - idéalement sur la terrasse, car il serait bien dommage de ne pas profiter aussi du soleil du Midi.

Plus loin, la promenade le long de la Garonne facilite la digestion. On flâne près de la place de la Daurade en jetant un coup d'œil aux ponts qui enjambent la rivière: le Pont-Neuf, le Pont Saint-Pierre, le Pont des Catalans. Sur la rive gauche, on remarque les Abattoirs, une grande bâtisse transformée en musée d'art moderne et contemporain. Et sur la place Saint-Pierre, toute proche, l'esprit festif de Toulouse - ville étudiante par excellence avec plusieurs universités et grandes écoles - se devine rien qu'aux noms des bars: le Saint des Seins, la Couleur de la Culotte, Chez Tonton Pastis Ô Maître...

Dans le quartier des Carmes, ce sont plutôt Les Fils à maman qui attendent les gourmands au cœur d'enfant. Figurines de Goldorak, affiches de Superman, épisodes des «Cités d'or» diffusés dans les toilettes, croquettes de Babybel et desserts aux Petits Lu: l'endroit nous plonge dans l'enfance de quiconque a grandi dans les années 1980. Et le concept va plus loin. Les restos Fils à maman (on les retrouve dans une dizaine de villes) invitent aussi régulièrement des mères «ordinaires» à prendre leur cuisine d'assaut pour régaler les clients. À Toulouse, tous les premiers mardis du mois, le menu comprend «l'entrée de la maman, deux plats qu'adoraient ses enfants petits et son dessert culte». Bienvenue aux joyeux nostalgiques!

Dans les environs de Toulouse

Branchées, conviviales ou classiques, Toulouse compte bien sûr beaucoup d'autres adresses gourmandes. Elle a aussi plusieurs autres attraits, comme le Capitole, la Cité de l'espace, les anciens palais des pasteliers, la basilique romane Saint-Sernin (qui se trouve sur le chemin de Compostelle) et même l'hôtel Le Grand Balcon (où Saint-Saint-Exupéry a occupé la chambre 32). Elle a des boutiques originales, comme celles qui offrent des produits à base de pastel (la plante) ou encore cette péniche où l'on vend des sucreries à la violette, qui a été cultivée massivement à Toulouse autrefois. Malgré tout, il ne faut pas hésiter à sortir de la cité pour savourer les charmes des environs.

Coup de cœur assuré: Albi, jolie ville aux airs toscans traversée par le Tarn. La vue depuis le Pont-Vieux est digne d'une carte postale (ou d'un cliché Instragram, c'est selon). On y admire les bâtiments de briques qui se disputent la vue sur l'eau, de même que l'imposante cathédrale fortifiée Sainte-Cécile. Datant du 13e siècle, elle est le cœur de la Cité épiscopale d'Albi, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Là, se trouve aussi le musée Toulouse-Lautrec. Voir les œuvres de cet artiste albigeois du 19e siècle vaut la peine (vous reconnaîtrez ses affiches du Moulin rouge et des cabarets de Paris), mais l'histoire de l'artiste lui-même, qui avait notamment un faible pour maisons closes, fascine tout autant.

À environ 25 km d'Albi, halte obligée dans «le village préféré des Français» de l'année 2014. Même son nom est joli: il s'appelle Cordes-sur-Ciel. Bastide perchée sur une haute colline, ce village qui date de 1222 est souvent perdu dans la brume, ce qui le rend particulièrement pittoresque. Dans ses rues fleuries, les visiteurs découvrent d'anciens palais de marchands du 13e et 14e siècle, de même qu'une cinquantaine de boutiques et ateliers d'artistes.

Les environs cachent d'autres villages médiévaux, des vignobles (comme le domaine d'Escausses) et on dégote toujours, ici ou là, un joli café ou un bistro. Dans le village Sorèze, plus au sud, on vous suggère de vous arrêter au restaurant Le Tournesol pour goûter - enfin - au célèbre cassoulet. Dans une chaleureuse demeure du 17e siècle, on vous servira une «cassole» aux fumets invitants concoctée par la propriétaire Gigi. Le met est tout sauf léger, mais on ne se prive surtout pas pour se servir une deuxième fois. De toute façon, à quoi bon résister?



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