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Utah

À la recherche de la plus belle neige au monde

Canoë | 03/02/2012
Mélissa Vaillancourt - Collaboration spéciale - Canoe.ca

 
 
Utah - À la recherche de la plus belle neige au monde
© Mélissa Vaillancourt
Vue à partir de Sister Bowl, Snowbasin, Utah


 

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Depuis les Jeux olympiques de 2002, la réputation de Salt Lake City n'est plus à faire.Nichée au milieu des meilleurs terrains de ski du monde, la capitale de l'Utah offre, à moins d'une heure de route, onze gigantesques centres de ski qui cumulent en moyenne 14 mètres de neige annuellement. Imaginez…

Nous quittons Montréal par une journée de pluie verglaçante. Ce genre de journée grise où l'on craint de prendre la route. Après une heure de retard, l'avion décolle enfin vers Salt Lake City. Dans l'avion, un Québécois excité portant un t-shirt de ski devine notre intention: «Vous ne le regretterez pas, c'est vraiment la plus belle neige au monde!»

Le secret de cette abondance tient à son lac salé (Great Salt Lake) qui multiplie les précipitations, et à son large désert (Great Salt Lake Desert), qui rend la neige sèche. Le résultat: de la belle poudreuse légère en surabondance. En quatre jours, allons-nous avoir le temps de conquérir toute cette neige?

Jour 1 – Brighton | Décadence

Terrain: 1050 acres
Pistes: 66
Remontées: 7
Sommet: 3200 mètres

Il a neigé toute la nuit. De gros chapeaux ornent le toit des voitures. Nous consultons le site www.skiutah.com pour obtenir les rapports de neige. Tout est bon: 40 cm partout! Au buffet de l'hôtel, l'excitation est palpable. Nous nous dépêchons d'engloutir le plus de calories possible avant d'embarquer dans le 4x4 loué pour la semaine.

En 35 minutes, nous sommes à Brighton. Le soleil brille de tout son plomb. Du stationnement, nous apercevons les pistes encore vierges. Nos billets en main, nous prenons le premier télésiège que nous croisons.

Nous optons d'abord pour une piste intermédiaire sur le sommet de Preston avant d'accéder aux pistes plus difficiles du sommet Clayton. Jubilation. La neige est légère comme du pissenlit séché. À chacun des virages, ma planche s'enfonce dans la poudreuse avant de revenir à la surface. J'apprivoise ces conditions si différentes de ce que l'on retrouve au Québec. Au hasard des nombreuses pistes et sous-bois, nous nous perdons, ne sachant plus où cette nouvelle descente nous mènera.

En après-midi, nous explorons le côté Milly, plus abrupt que le précédent. Très ensoleillé, le versant nous réserve une neige plus lourde et parfois même croutée. À ma dernière descente, j'opte pour la piste la plus facile. Je n'en peux plus, j'ai les jambes en compote. Morts de fatigue, on déguste la bière sur la terrasse, le visage en plein soleil.

***

Jour 2 – Snowbird | Journée colossale

Terrain: 2500 acres
Pistes: 89
Remontées: 11
Altitude: 3350 mètres

Situé dans le canyon Little Cottonwood, Snowbird est accessible via une impressionnante route qui nous amène rapidement à plus de 2300 mètres d'altitude, soit une élévation de 1000 mètres en 16 km. Une vaste infrastructure de béton nous accueille sur la gigantesque montagne reconnue pour ses pentes très longues et escarpées.

Nous nous engouffrons dans le tram avec autres 120 skieurs et planchistes. En huit minutes, nous parvenons au sommet Hidden , culminant à 3350 mètres. Mais les nuages encrassent l'horizon et nous avons peine à voir deux mètres devant nous.

Nous optons au hasard pour une piste intermédiaire, avant de bifurquer sur le versant Mineral, qui semble aussi désert que la lune. La visibilité est pire que de la purée de pois et nous réalisons que le terrain est couvert d'un épais manteau alourdi. Je crains de m'enfoncer dans la poudreuse et d'y rester coincée… ou pire, de me diriger sur une falaise et d'y débouler.

De retour sur le versant principal, nous sommes à nouveau dans le brouillard. Je me sens si perdue que je demande à un habitué si je peux le suivre. Je le talonne à travers les amoncellements de neige qui se transforment bientôt en bosses.

Nous remontons avec le télésiège Gadzoom qui nous mène sur le coté ouest de la montagne, à la limite des nuages. Enfin! La visibilité est meilleure et nous réussissons à nous amuser dans de beaux sous-bois débordant de neige.

Après le lunch, on nous conseille Peruvian Galch, où l'on se perd de vue dès les premiers virages. Le relief de la montagne permet aux skieurs d'explorer tous ses recoins. Comme si on pouvait skier partout, sans aucune contrainte, à l'exception de quelques mises en garde de terrains d'avalanche et de gros rochers. Un peu plus bas, j'aperçois un père et son petit garçon sur le sommet d'un rocher. Le père saute et encourage son fils : «Vas-y! Tu vas faire les premières traces!»

Je retrouve mon partenaire à la base. Nous remontons au sommet avec la chaise Express Peruvian Gutch. À la sortie, un tunnel de 65 mètres traverse de l'autre côté de la montagne et permet d'accéder au versant Mineral Bassin. Le versant est toujours aussi voilé. Nous retournons vers Guad, où le ciel semble vouloir se dégager.

Au hasard d'une remontée (Little Cloud), on parvient au sommet de gigantesques bols à l'extrémité de la montagne. Je m'engage sur la traverse étroite et très abrupte qui permet de rejoindre cette section moins skiée. Je décide de suivre une guide qui explique à un groupe de femmes australiennes où aller et comment prendre la pente. Je les suis avant de m'asseoir dans la neige épaisse pour admirer ces vastes étendues.

***

Jour 3 – Snowbasin | Paradisiaque

Terrain: 3000 acres
Pistes: 113
Remontées: 10
Sommet: 2850 mètres

Il fait déjà chaud lorsqu'on arrive à la base de la montagne. Il est seulement 9h et le soleil nous brule le visage. La crème solaire est de mise! À l'intérieur du bâtiment principal, la richesse des lieux est frappante. Les salles de bain en marbre, la moquette fleurie, les lustres, les caissiers en bois massif… des marques évidentes du passage des Jeux olympiques en 2002.

Nous prenons une gondole jusqu'au sommet. Je m'engage dans une piste intermédiaire. Tout est damé et glacé. Remboursement? Donnons une chance au skieur et allons explorer plus loin, du côté de Sister's Bowl. En arrivant au sommet de Clayton, une autre façade s'ouvre à nous. On se retrouve soudainement dans l'immensité du paysage, avec une mer de montagnes à perte de vue.

On descend à l'extrémité, en longeant les balises qui interdisent l'accès pour risques d'avalanches. Le terrain est immense et nous sommes les seuls à s'aventurer par là. Le ciel azur contraste avec le blanc de la neige. Le relief est changeant et nous donne l'impression d'avoir des dizaines d'options sur une même piste.

Nous zigzaguons entre les sous-bois et les dunes, en nous arrêtant à chaque point de vue. Le temps semble s'être arrêté. Je ne pourrais faire que cette même descente toute la journée et j'en serais comblée. Au terme d'un virage, nous apercevons le panneau d'une piste: «Last Chance». Ça ne pourrait être plus clair. Nous suivons ce chemin étroit qui nous mène à la gondole.

En après-midi, nous explorons l'autre extrémité de la montagne: Allen Peak qui culmine à 2884 mètres. On peut se rendre au sommet via un luxueux tram dans lequel les passagers sont assis en cercle. La vue est époustouflante. Ce versant comporte plusieurs sous-bois et reliefs, dont deux tracés olympiques enivrants: la Grizzly et la Wildflower Downhill.

***

Jour 4 – Solitude | Double visage

Terrain: 1200 acres
Pistes: 65
Remontées: 8
Sommet: 3060 mètres

À première vue, cette montagne familiale nous semble petite et sans grand intérêt. À la base, un petit grésil tombe tandis qu'au sommet, se sont de petits flocons verglaçants. Les premières descentes sont terriblement glacées. Il nous faut sortir des sentiers battus!

Dans la remontée Powderhorn II, qui monte au-dessus de la piste Concord digne d'un parcours olympique, un habitué nous conseille Honey Comb Canyon, un versant plus éloigné réservé aux experts.

Épargnée par les sous-bois, la neige y est moins lourde. Je réussis à me faufiler à travers les arbres de la «Black Forest» et je me retrouve rapidement au milieu du canyon, où je peux regarder de chaque côté les skieurs descendre les murs enneigés. On se demande comment accéder aux murs plus lointains. On nous indique que l'on doit d'abord se rendre au «Top Summit», puis prendre deux remontées pour accéder à la dizaine de pistes enneigées.

En arrivant au sommet, je sens mes jambes ramollir devant le canyon qui s'ouvre devant nous. Une affiche avertie les skieurs: zone de danger comportant risques d'avalanches et de falaises. Ouf! J'amorce la traversée qui permet de rejoindre les murs plus lointains. Puis je m'engage dans la section «Voltaire» parsemée d'arbres. Au terme de cette descente, je suis affamée comme si cette dernière descente avait avalé les dernières calories de mon corps.


Le Salt Lake, responsable de l'abondance de la neige dans la région / © Mélissa Vaillancourt

 
 
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