Lise Giguère
Agence QMI

Queen Mary 2: traversée historique de l'Atlantique

Traversée historique de l'Atlantique

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Lise Giguère

Parti de Southampton le 2 juillet, le Queen Mary 2 a modifié son itinéraire habituel pour recréer la toute première traversée de l'Atlantique de la ligne Cunard, en 1840. Dans chacun des ports où il s'est arrêté - Liverpool, Halifax, Boston et New York -, des manifestations festives ont marqué le passage du navire. L'Agence QMI était présente pour cette traversée au cœur de l'histoire.

C'est le 4 juillet 1840 que le RMS Britannia a effectué ce périple de 2650 km entre Liverpool et Boston, via Halifax, lieu de résidence du Canadien Samuel Cunard qui fut l'instigateur du projet. Depuis ce premier voyage, les navires de Cunard ont traversé l'Atlantique des milliers de fois et ont transporté des millions de personnes, mais ils ont également marqué notre histoire.

L'un d'eux, le «Carapathia», est celui qui a répondu au signal de détresse du Titanic, ce qui a permis de sauver 705 passagers. Ce sont les navires Cunard qui ont transporté les chevaux utilisés par l'armée anglaise lors de la guerre de Crimée. Ce sont aussi le «Queen Mary» et le «Queen Elizabeth» qui ont transporté les soldats américains lors de la dernière guerre mondiale (ils en embarquaient 15 000 alors que le navire était conçu pour 3000). Enfin, ce sont ces navires qui ont transporté le plus de membres de la famille royale et de nombreuses célébrités, dont Bing Crosby, Bob Hope, Elizabeth Taylor, Marilyn Monroe et même l'écrivain britannique Charles Dickens, en 1842.

Sur les pas du Britannia

Après avoir quitté Southampton (son port britannique actuel), le Queen Mary 2 est arrivé à Liverpool (son port jusqu'en 1968) le 4 juillet, date du départ du Britannia en 1840.

L'événement a été souligné de façon grandiose à la cathédrale anglicane, où l'orchestre philharmonique Royal de Liverpool, le chœur de la cathédrale et la fanfare de la garde galloise nous ont offert un émouvant concert intitulé «The Triumph of a Great Tradition». Au programme: musique, airs d'opéras et d'opérettes, le tout ponctué d'images d'archives et de touchants témoignages de gens ayant une relation particulière avec Cunard, comme la petite-fille du capitaine du «Carpathia», le petit-fils de Samuel Cunard et d'anciens soldats.
En soirée, c'est sous des feux d'artifice colorant Liverpool que le «Queen Mary 2» a repris la mer pour cette traversée historique de l'Atlantique.

Détente et festivités

Pendant les cinq jours suivants, nous avons contemplé la mer, de nombreux dauphins, des baleines et vécu quelques instants d'excitation quand, au large, est apparu un vieux rafiot abandonné. Mis à part ces quelques distractions, la vie à bord s'est déroulée entre les conférences, les spectacles, les repas, les galas et la détente.

Il est fascinant de se promener sur cet immense paquebot qui a conservé les traditions et les rituels d'antan. Sur les larges ponts, on s'attend presque à croiser de belles dames en robe longue et en grands chapeaux. De grands panneaux, installés sur tous les ponts, permettent d'ailleurs de se familiariser avec la riche histoire de Cunard. Certains détails permettent de comparer notre confortable traversée à celles du 19e siècle qui avait lieu sur un trois-mâts à aubes de 1100 tonnes, dont la dimension équivaut à l'actuel restaurant principal du «Queen Mary 2» (151 400 tonnes), auquel on a d'ailleurs donné son nom.

À l'époque, le voyage entre Liverpool et Boston prenait 14 jours, aucune activité n'était offerte et il y avait de la nourriture fraîche pour trois jours seulement. À noter cependant que les passagers avaient toujours du lait frais grâce à une vache installée dans un hamac, des œufs grâce aux poules qui étaient du voyage et que trois chats s'occupaient de faire le ménage de la vermine!

C'est d'ailleurs pour revisiter cette histoire que l'on a profité de l'escale à Halifax pour saluer Samuel Cunard (du moins sa statue), fondateur de la compagnie et magnat de l'industrie maritime au 19e siècle. Par la suite, on a pu visiter le Musée canadien de l'immigration du Quai 21, qui explique la difficile réalité des immigrants qui ont fui la misère à bord de navires, souvent rudimentaires, pour se créer une nouvelle vie au Canada ou aux États-Unis, en entrant par Halifax. On a aussi pu voir l 'exposition du musée maritime de l'Atlantique sur l'impact qu'a eu Cunard sur le transport et les événements mondiaux.

Puis, c'est escorté du remorqueur Théodore, d'un bateau-pompe pulvérisant des jets d'eau, de voiliers, de bateaux de plaisance et même de canots que le Queen Mary 2 a quitté Halifax, dont le port demeure, encore aujourd'hui, l'un des plus importants du Canada.

Après une nouvelle journée en mer, nous avons atteint Boston, où la compagnie Cunard a tenu une réception dans l'édifice où était autrefois situé son quartier général et offert à la ville un modèle réduit d'un navire. À nouveau, l'émotion était palpable, car ce n'est que depuis 1968 que New York a remplacé Boston comme escale finale. Au moment du départ, sous un ciel étoilé, un autre grand feu d'artifice a souligné la longue histoire unissant Boston et Cunard.

La dernière journée en mer a réuni presque tous les passagers sur les ponts. Il faut dire que dauphins et baleines avaient eux aussi tenu à faire la fête au Queen Mary 2. Au petit matin suivant, nous étions tous dehors pour le passage sous le pont de Brooklyn, pour saluer Dame Liberté et pour admirer l'accueil triomphal réservé au mythique navire.

Les festivités se sont poursuivies à New York jusqu'en soirée, alors que le paquebot s'est positionné face à Battery Park pour offrir un spectacle d'adieu sons et lumières aux invités qui ont levé leur verre à Samuel Cunard, mais également à cette traversée inoubliable qui nous a donné l'impression d'être entrés dans l'Histoire.



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