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Maine

Montréal-Ogunquit à vélo

Agence QMI | 27/07/2011

Claude Bédard Agence QMI

 
 
Maine - Montréal-Ogunquit à vélo
© Claude Bédard / Agence QMI
La plage d'Ogunquit


 

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Si vous souhaitez vous rendre à la station balnéaire d'Ogunquit, dans le Maine, je vous suggère d'y aller en vélo. Le périple est long, exténuant, mais tellement beau et gratifiant!

Il faut décemment compter quatre jours de route entre Montréal et Ogunquit. Au début, j'ai commencé à compter le nombre de côtes à franchir, mais j'ai finalement abandonné l'idée, il y en avait trop.

Si votre expérience cycliste se limite à vous balader sur des pistes comme celle du Canal Lachine, à Montréal, vous risquez d'être vite arrêtés par ces montagnes à franchir. Mais pour celles et ceux qui ont un peu d'expérience du cyclotourisme et qui n'ont pas peur des distances, le parcours de 490 kilomètres recèle plein de belles surprises impossibles à percevoir depuis l'autoroute à 110 kilomètres à l'heure.

Les Appalaches et la région des Montagnes Blanches, qu'il m'a fallu franchir avec bonheur et beaucoup de sueurs, avec mes 13 kilos de bagages attachés à la selle de mon Devinci Caribou, sont par exemple parmi les plus beaux paysages du nord du continent américain.

La route des champs

Le guide des pistes cyclables de Vélo Québec est d'un précieux secours pour dessiner la route à partir de l'Estacade, près du pont Champlain, jusqu'à Magog et Stanstead, à la frontière du Vermont. En passant, soyez très courtois avec les douaniers américains. Ils sont de mauvais poil ces temps-ci.

Les chemins empruntés à travers les boisés et les champs nous évitent beaucoup de trafic routier, particulièrement dense au sortir de Montréal. La Montée du chemin Chambly, la Route des champs et l'Estriade constituent une alternative agréable pour traverser la Montérégie. Seule ombre au tableau, la Montagnarde, à Waterloo, est une piste de terre mal entretenue, un véritable supplice pour les pneus. L'arrivée sans encombre à Eastman est un soulagement.

Des casse-pattes

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Périple Montréal-Ogunquit

Franchie au petit matin, la frontière de Derby Line annonce une belle et chaude journée ensoleillée. C'est mieux que la pluie annoncée qui ne viendra finalement pas. Bravo Météo Média!

La traversée fort accidentée du Vermont, par les routes 111 et 105, s'avère plus ardue que prévu. Nous avons affaire à une série de casse-pattes, des courtes montées et des descentes à pic, qui ne nous permettent pas de souffler entre les deux. Mais le trafic routier est assez faible et «le paysage mérite le détour», comme on dit dans les guides Michelin.

Le beau lac de Morgan Center et celui d'Island Pond, croisés sur le chemin sont invitants pour le farniente. Hélas le temps manque, d'autant plus que les logements pour passer la nuit sont plutôt rares et qu'il y a beaucoup de route, particulièrement sinueuse, à faire avant d'arriver à la petite ville de Lancaster, au New Hampshire, la destination du jour.

La crème des montagnes

Il fait beaucoup plus froid dans les hauteurs et un petit crachin vient compliquer la longue montée. Il faut dire que la région du mont Washington est connue pour abriter les pires conditions climatiques au monde, mais c'est aussi un des paysages montagneux les plus spectaculaires de l'est des États-Unis.

Avec ses cascades d'eau et ses points de vue à couper le souffle, la région vaut le déplacement. Je regrette, une fois rendu au sommet, à Crawford Notch, de ne pas avoir le temps d'emprunter le «Conway Scenic Train» qui circule chaque jour par monts et par vaux, permettant ainsi d'admirer le paysage en toute quiétude pour le plus grand plaisir des touristes.

La journée s'avère beaucoup moins ardue qu'appréhendée et la route 302, avec son accotement très large, est plutôt hospitalière. Sur un pavé lisse, comme tout cycliste montréalais en rêve, la descente vers Bartlett et North Conway s'avère un pur délice.

Les plis des Appalaches

Il ne faut pas croire qu'une fois rendu dans le Maine la route «descend» jusqu'à la mer. En fait, dans la brume matinale de Fryeburg, ville frontière entre le New Hampshire et le Maine, on découvre rapidement que la chaîne des Appalaches est toujours bien présente. Les nombreux vallons succèdent sans arrêt aux vallées où coulent paresseusement de jolies rivières.

La route 5 qui nous amène à Kennebunk est en général d'excellente qualité et les automobilistes sont fort courtois. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles le Maine se classe en troisième position des meilleurs États pour la pratique du vélo.

En cette période estivale, la route 1 qui longe la mer est très encombrée par les vacanciers. Petit plaisir sadique, je roule plus vite vers Ogunquit que les autos dont la file s'allonge à l'infini, et je songe avec délectation à la mer qui m'attend pour rafraîchir mes muscles endoloris par l'acide lactique!

Ogunquit m'accueille enfin avec ses cinq kilomètres de sable fin et ses belles dunes qui jouent dans le soleil.

Le Key West du nord

Avec son «Marginal Way», un des plus beaux sentiers de mer qu'on connaisse, sa «Main Street» et sa «Shore Road», Ogunquit a plusieurs airs d'un Key West du nord. Comme sa consœur de Floride, elle est réputée pour sa faune bigarrée qui fréquente d'excellents restaurants de fruits de mer et loge dans de petits cottages invitant à la quiétude et au farniente.

Ses galeries d'art, ses boutiques et ses nombreux bars de qualité font de cette station balnéaire l'une des plus courues du Nord-Est américain.

Le vélo est partout le bienvenu. D'ailleurs, c'est le moyen de transport privilégié des policiers de cette municipalité de dix kilomètres carrés. Et puis, si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours ranger votre vélo (ou votre auto) et emprunter les Trolleybus rouges qui parcourent la localité en tous sens. Une belle manière d'admirer ses charmes en toute quiétude.

Montréal-Ogunquit est vraiment une belle aventure pour les cyclotouristes.

 
 
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