Sarah Bergeron-Ouellet
Agence QMI

Les Rocheuses en train

Voyage sur les rails au coeur des Rocheuses canadiennes

Voir en plein écran

Sarah Bergeron-Ouellet

Dernière mise à jour: 19-06-2015 | 10h39

On peut traverser les Rocheuses en voiture, dévaler leurs versants en ski, explorer leurs sentiers à pied, voguer sur leurs lacs émeraude en canot. On peut aussi, si on est contemplatif, les regarder défiler lentement à bord du Rocky Mountaineer, un train touristique qui célèbre ses 25 ans cette année.

Les périples dans l'Ouest canadien offerts par le Rocky Mountaineer se sont retrouvés parmi les meilleurs voyages ferroviaires du monde dans des publications comme «National Geographic», «Travel and Leisure» et «Fodor's». Pourtant, peu de Québécois montent à bord de ses grands wagons vitrés. Pour découvrir ce train fameux, qui emprunte le chemin de fer du Canadian Pacific de 1885, l'Agence QMI a pris part au premier départ de la saison 2015, à la mi-avril.

Au programme? Un voyage de quatre jours et trois nuits entre Vancouver et Lake Louise, sur l'une des cinq routes panoramiques offertes par le Rocky Mountaineer, nommée The First Passage to the West.

En voiture

Pour plusieurs passagers ayant réservé leur billet pour ce voyage, l'aventure débute à l'hôtel Fairmont Vancouver, au centre-ville de Vancouver. La chic chaîne hôtelière est un important partenaire de la compagnie Rocky Mountaineer quand vient le temps d'héberger les passagers, les trains n'ayant pas de couchettes et roulant seulement de jour.

Après une journée à respirer Vancouver à grandes bouffées - existe-t-il ailleurs dans le monde un air vif comme celui-là? - et une nuit confortable dans l'hôtel historique, les passagers embarquent pour leur première journée à bord du Rocky Mountaineer. Le trajet: Vancouver - Kamloops, sur 460 km.

On le constate bien vite, il y a deux activités principales à faire à bord du luxueux train: admirer les paysages à travers les grands dômes vitrés et manger.

La gastronomie fait partie intégrante de l'expérience proposée à bord, avec un accent mis sur les produits du nord-ouest pacifique. C'est particulièrement vrai à bord des wagons les plus luxueux du train (Gold Leaf) puisque chacun d'entre eux dispose d'une véritable salle à manger à l'étage inférieur. Le menu du petit-déjeuner, qui ne tarde pas à être servi, donne le ton. Il comprend des œufs bénédictine au smoked meat de Montréal, des crêpes au babeurre et zeste d'orange confit et des œufs brouillés au saumon fumé et à la crème fraîche.

Au fil de la journée, les rails mènent les voyageurs au cœur de paysages changeants, commentés par le personnel de bord. En attendant les hautes montagnes, qui n'apparaîtront que le lendemain, les rivières, gorges, canyons et zones désertiques se succèdent, tout comme les timides fleurs sauvages, les conifères épars et les buissons d'armoise. Des ponts construits au début du 20e siècle, des tunnels creusés notamment par les milliers de travailleurs chinois ayant œuvré à la création du chemin de fer et même quelques villages fantômes, comme Walhachin ou Tranquille, défilent aussi devant nos yeux.

Le dîner est servi au milieu de ces découvertes, avec au menu des plats comme le filet de porc de l'Alberta ou le saumon sauvage de la Colombie-Britannique.

Après avoir traversé des lieux montagneux aux noms évocateurs comme Hell's Gate (la porte de l'enfer), Avalanche Alley (l'allée des avalanches) et Jaws of the Death Gorge (la gorge des mâchoires de la mort), le train s'arrête pour la nuit dans la ville de Kamloops, où divers hôtels attendent les touristes. Le souper s'organise dans des restaurants de la ville, mais le plus grand succès est sans doute l'apéro de cornichons frits de la microbrasserie Noble Pig!

L'arrivée dans les Rocheuses

Ce n'est qu'au cours du deuxième jour sur les rails que les passagers découvrent la majesté des Rocheuses canadiennes. «C'est le temps d'ouvrir l'œil pour les ours et les orignaux», annonce l'une des guides lorsque le train dépasse Sicamous, «la capitale canadienne des péniches». C'est aussi à partir de là que le train commence son ascension.

Au fil des 497 km du parcours, le Rocky Mountaineer passe devant la petite ville de Revelstoke et grimpe dans le tunnel Connaught du mont Macdonald sur pas moins de huit kilomètres. Plus loin, la vue des eaux bleues laiteuses du lac Kinbasket fait sortir plusieurs voyageurs sur les passerelles extérieures entre les wagons. Le premier - et seul - ours noir du voyage aura lui aussi cet effet sur les troupes, tout comme les chèvres de montagnes aperçues en équilibre sur une paroi vertigineuse.

Dans la dernière portion du trajet viennent les fameux tunnels en spirale perçant les monts Cathedral et Ogden, chef-d'œuvre d'ingénierie qui a nécessité le travail de 1000 hommes au début du 20e siècle. Suivent les pics impressionnants du vaste parc national de Banff et l'arrivée en Alberta au milieu d'un paysage montagneux à la grandeur encore inégalée durant cette expédition ferroviaire.

À la fin de la journée, le train s'arrête au lac Louise, à 1731 m d'altitude, le temps de faire descendre quelques passagers, alors que le reste des voyageurs poursuit sa route vers le village de Banff, étape finale du trajet The First Passage to the West.

Une journée d'exploration au cœur du parc national de Banff est prévue le lendemain, mais pour ceux qui logent au Fairmont Chateau Lake Louise, le spectacle par la fenêtre n'est pas terminé. Les larges vitrines du Lake View Lounge donnent directement sur le lac Louise et le glacier Victoria, l'un des paysages les plus fameux de tout le Canada.



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos