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Chine

Le rythme étourdissant de la Chine

Agence QMI | 14/09/2011

Jules Richer - Agence QMI

 
 
Chine - Le rythme étourdissant de la Chine
© JULES RICHER/AGENCE QMI
À Shanghai, en Chine, le moderne côtoie l'ancien dans les rues marchandes la ville.


 

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On dit que la Chine change à rythme essoufflant, que rien n’arrête le pays dans sa quête de transformation et que rien n’y sera plus comme avant. Et c’est vrai.

Je suis allé en Chine à trois reprises: en 1993, en 2001 et en 2011. À chaque retour dans le pays, j’ai eu un choc. Entre 1997 et 2001, les immeubles avaient poussé comme des champignons. À Shanghai, en particulier, cette croissance était étourdissante, tellement les gratte-ciel immenses à l’architecture hyperfuturiste semblaient se multiplier à l’infini.

En 2011, c’est la folie de la consommation qui a gagné les Chinois. En fait, c’est la folie des grandes marques. Chanel, Dior, Prada, Burberry, Cartier, Louis Vuitton, nommez les toutes, elles sont toutes présentes. Ces boutiques de luxe se sont installées partout dans les grandes villes. Impossible d’y échapper. On en retrouve dans les aéroports, dans les hôtels, dans les grandes artères et des centres commerciaux entiers leur sont consacrés.

En comparaison, Montréal ressemble au Village des valeurs. Malgré des salaires encore bien moins élevés que les nôtres, les Chinois se lancent à corps perdu dans ces excès de consommation hors de prix. On dit qu’une femme chinoise est prête à sacrifier des mois de salaire pour se procurer un sac à main de grande marque ; c’est le règne du paraître avant l’être.

Et le tourisme?

Mais visiter la Chine reste encore une expérience extraordinaire. Bien sûr, c’est un peu moins pittoresque qu’avant. Les BMW, les Mercedes et les nombreux taxis ont remplacé les bicyclettes qui déferlaient par centaines de milliers dans les rues de Pékin lors de ma première visite en 1993.

Cependant, on est face à une civilisation plusieurs fois millénaire. Et c’est ce mélange du très ancien avec le très moderne qui distingue le pays. Il faut avoir vu, au moins une fois dans sa vie la Grande muraille, la Cité interdite ou les guerriers de terre cuite de Xian.

Il faut avoir vu aussi de ses propres yeux cette explosion économique pour comprendre que la planète ne sera plus jamais pareille et que la Chine est en train de devenir un géant économique. Les experts pensent même que l’économie du pays pourrait surpasser celle des États-Unis à la tête du palmarès mondial d’ici 10 à 20 ans.

Même un séjour dans des villes moins connues est instructif. Cette année, j’ai eu l’occasion de me rendre pour la première fois à Jinan, capitale de la province du Shandong, une ville de 7 millions d’habitants. La vie y est restée plus chinoise, plus traditionnelle. On a néanmoins construit de nouveaux immeubles très impressionnants, comme le musée provincial de Shandong. Le gigantisme et l’architecture futuriste de l’édifice font passer nos musées pour des salles paroissiales.

Les contrastes sociaux sont tout aussi saisissants. À côté des voitures de luxe dans les rues, on retrouve des personnes qui vivent manifestement avec deux fois rien. Pour un pays toujours officiellement communiste, c’est troublant.

Le régime en place souhaite que ces contrastes diminuent et qu’une classe moyenne chinoise puisse voir le jour. À quel prix? Pour l’instant, c’est au détriment de la liberté de parole.

Mais, au rythme où vont les choses, la Chine sera probablement encore transformée de fond en comble la prochaine fois que je la visiterai.

 
 
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