La Chine s'offre l'édifice de toutes les démesures

Chine

Le Global Centre, destiné à devenir «le plus grand bâtiment du monde d'un seul tenant», devrait être inauguré en juin 2013, à Chengdu, dans la province de Sichuan, au sud-ouest de la Chine. Photo Sébastien Blanc / AFP

Devenue la référence de l'ébouriffant essor économique du sud-ouest de la Chine, l'ambitieuse métropole de Chengdu projettera bientôt sa nouvelle puissance dans un édifice de toutes les démesures, dont le chantier avance à grands pas.

Baptisé «Global centre», ce parallélépipède de 100 mètres de haut, pour un côté de 500 par 400 mètres, est déjà présenté comme «le plus grand bâtiment du monde d'un seul tenant».
Sa façade extérieure est aujourd'hui pratiquement achevée et une armée d'ouvriers besogne à l'intérieur de l'espace où tiendraient vingt opéras de Sydney, selon les édiles de Chengdu, mégalopole de 14 millions d'habitants.

Construit par le promoteur local China exhibition and travel group (ETG), ce complexe monumental contiendra une plage artificielle dotée de gigantesques toboggans, bordant une mer d'eau douce, sous une immense verrière.

Le Global centre entend être achevé avant le forum international du magazine américain Fortune, prévu à Chengdu du 6 au 8 juin 2013. Un événement qu'inaugurera vraisemblablement le nouveau numéro un chinois, Xi Jinping, en présence de patrons de multinationales des quatre coins de la planète.

L'édifice propose une surface totale de 1,7 million de m² - quand à Washington, le Pentagone en offre 600 000 -, dont 400 000 m² destinés aux magasins d'articles haut de gamme.
Il regroupera des surfaces de bureaux, des salles de conférence, un complexe universitaire, deux centres commerciaux, deux hôtels cinq étoiles, un cinéma Imax, un «village méditerranéen», une patinoire et un bateau pirate, selon une liste non exhaustive.

La structure est surmontée d'un toit dont les lignes courbes évoquent la forme d'une vague, pour des habitants résidant à des milliers de kilomètres de tout rivage maritime.

Un faux bord de mer

«C'est une ville de l'Océan faite par l'homme», décrit de façon imagée Liu Xun, une guide commentant la maquette exposée à l'extérieur. Concernant les hôtels, «il y aura 1000 chambres et toutes les fenêtres donneront sur la mer», assure-t-elle.

Le Global centre promet de faire oublier l'épais couvercle de pollution qui recouvre la plupart du temps Chengdu. «Nous avons emprunté une technique japonaise. Vingt-quatre heures sur 24 il y aura un soleil artificiel qui permettra aussi d'assurer une bonne température», s'enflamme Mme Liu.
Une station de métro, baptisée Parc océanique, desservira le site.

L'attraction centrale sera ce «bord de mer» composé d'une plage de sable couvrant plus de 5000 m², d'une descente de rafting et d'un espace de promenade où 6000 «touristes», assis sous les parasols, pourront déguster des fruits de mer. Cela en contemplant les plus grosses vagues du monde jamais générées en intérieur, selon les promoteurs.

En guise d'horizon trônera un écran à diodes électroluminescentes, long de 150 mètres, là aussi présenté comme le plus grand jamais installé. On y verra se lever et se coucher le soleil, bercé par les brises marines.

En face du Global centre se dressera un autre bâtiment immense, le Centre des arts contemporains de Chengdu, œuvre de l'architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, la première femme à s'être vu décerner le prestigieux prix Pritzker. Il comprendra un théâtre, un opéra et un musée.
Sur la vaste esplanade séparant les deux édifices, que les responsables locaux comparent sans modestie aux pyramides d'Égypte, une fontaine musicale géante projettera de l'eau jusqu'à une altitude de 60 mètres.

Le Global centre est l'épicentre du bouleversement planifié de Chengdu, théâtre d'une effervescence urbanistique à faire tourner la tête. Dopée par une croissance économique à deux chiffres, la mégapole prévoit de passer de deux à dix lignes de métro d'ici 2020, de construire un second aéroport et de s'imposer comme la nouvelle Silicon Valley mondiale.


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