Lise Giguère
Canoë

Croisière aux Galápagos: le voyage d'une vie

Croisière aux Galápagos

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Lise Giguère

Dernière mise à jour: 16-11-2015 | 09h10

Les îles Galápagos sont souvent dépeintes comme un véritable paradis. Pas étonnant qu'elles se retrouvent sur la liste «des endroits à voir avant de mourir» de plusieurs voyageurs.

Formées par les volcans il y a entre trois et cinq millions d'années, les îles Galápagos se composent de 13 grandes îles, de six plus petites et de plus d'une centaine de rochers et îlots. Cinq d'entre elles sont habitées: Santa Cruz (20 000 habitants), San Cristobal (8000), Isabella (3500), Floreana (128) et Baltra, sur laquelle se trouve l'aéroport des îles Galápagos.

Situées dans l'océan Pacifique à l'ouest de la côte de l'Équateur, elles ont été découvertes en 1535 par les Espagnols, mais c'est surtout Charles Darwin qui les a fait connaître au monde entier. Et ce, malgré qu'il n'ait passé que six semaines, en 1835, à en étudier les différentes espèces qui s'y trouvent. Ses observations consignées dans le livre «De l'origine des espèces» sont à l'origine de la théorie de l'évolution.

Si les îles Galápagos ont beaucoup apporté à Darwin, l'inverse est aussi vrai. Il les a fait connaître à travers le monde et, aujourd'hui, des milliers de visiteurs (188 000 en 2014 comparé à 148 000 en 2013) veulent découvrir ces lieux magiques où ils peuvent observer des espèces uniques comme les tortues géantes, les lézards lava, les iguanes des Galápagos, les lions de mer, les manchots, les frégates et quelque 140 espèces d'oiseaux (50 % d'entre elles sont en voie de disparition). Cela, sans oublier des espèces d'arbres et de gigantesques cactus.

Des sites protégés

Devant l'affluence grandissante de visiteurs et la fragilité de cet écosystème, le gouvernement équatorien créait, en 1959, le parc national des Galápagos. Aujourd'hui, 96,7 % de ce territoire de 44 000 km2 est protégé. Seulement 76 sites sont accessibles, mais jamais plus de 100 personnes à la fois ne peuvent y débarquer. Pour s'y rendre, 96 navires se vont vus attribuer des itinéraires fixes qu'ils se doivent de respecter. Le reste du territoire (3,3 %) est habité par des fermiers ou des personnes qui travaillent à l'aéroport ou auprès des touristes.

Parmi ces navires, il y a bien sûr des compagnies équatoriennes, mais aussi le «National Geographic», un navire de la compagnie Celebrity et, le plus gros et le plus luxueux de tous, le Silver Galapagos de Silversea qui peut accueillir 100 passagers. C'est sur ce dernier que l'Agence QMI a effectué l'expédition dans les îles de l'ouest, l'un des deux itinéraires qu'il propose.

Sept jours de magie

De Quito, la capitale de l'Équateur, un avion vole vers Baltra où les canots pneumatiques sont déjà prêts à transporter les passagers à bord du «Silver Galapagos» qui mouille quelques mètres plus loin.

Déjà, les caméras font entendre leur cliquetis. Comment résister à ces crabes multicolores, à ces otaries endormies sous le pont, à cet iguane qui nage tout près et à tous ces oiseaux qui chassent et pêchent autour de nous?

Une fois à bord, lorsque chacun a pris possession de sa cabine et participé aux mesures de sécurité, Israël Mata, le chef d'expédition, présente les guides, tous accrédités par le parc national des Galápagos. Ces derniers nous accompagneront (un guide pour 12 passagers) tout au long de cette semaine. C'est que les règles de sécurité sont très strictes sur les îles: personne ne déambule seul sur terre ou dans la mer; les bouteilles d'eau en plastique sont interdites; il faut conserver une distance d'au moins deux mètres avec les animaux; ne jamais les toucher ou les nourrir; ne jamais utiliser de flash et, bien entendu ne ramener aucun souvenir (roches, laves, coquillages, etc.). Toutes les valises seront d'ailleurs fouillées à l'aéroport, au moment du départ.

Une panoplie d'activités

La croisière offerte à bord du Silver Galapagos ne peut se comparer à une croisière océanique. Ici, on mise plutôt sur l'aventure, la beauté des paysages, la vie sauvage et marine et les activités. Afin que l'on puisse en voir le plus possible, une première excursion a lieu tous les jours aux aurores (randonnée, kayak, snorkeling), puis tout le monde remonte à bord et le navire repart pour un second arrêt offrant à nouveau d'autres découvertes.

À un rythme effréné, nous faisons du snorkeling avec les poissons aux mille couleurs et les tortues marines; nous grimpons un volcan pour admirer les eaux turquoise de son cratère; nous marchons sur un champ de lave au travers de milliers d'iguanes; nous approchons les tortues géantes; nous rions des maladresses des fous aux pieds bleus (une espèce d'oiseau) en équilibre sur les côtes déchiquetées; nous pagayons en silence à travers les mangroves; nous entrons à San Cristobal où des lions de mer ont pris possession des bancs publics destinés aux visiteurs et nous circulons à leurs côtés au marché aux poissons de Santa Cruz, tandis que, sur une plage au sable d'un blanc laiteux, nous nageons en leur compagnie.

Les journées filent à la vitesse de l'éclair. Si bien que notre mémoire peine à tout retenir. Il faudra attendre le retour pour que ces images reviennent tourner en boucle dans notre tête et c'est alors que des émotions diverses s'emparent de nous. Comme si ce voyage nous avait permis de réaliser combien la vie peut être à la fois belle et cruelle et que seuls les plus forts ou ceux qui s'adaptent pourront survivre.

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