Sarah-Émilie Nault
Agence QMI

La Bolivie en trois temps

La Bolivie en trois étapes

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Sarah-Émilie Nault

On atterrit dans la plus haute capitale du monde avec l'impression de poser pied dans un rêve.

À plus de 4000 mètres d'altitude, l'aéroport d'El Alto offre un accueil légèrement brumeux, un tantinet étourdissant. Mais rapidement, c'est La Paz qui se réveille devant nous, confortablement installée dans le creux de sa colline, du haut de ses 3600 mètres. Même assoupie, la capitale de la Bolivie, avec ses centaines de petits points lumineux, crée un effet enivrant sur les nouveaux venus.

Au petit matin, La Paz, colorée et exubérante, se donne toute entière à qui veut bien lui tendre la main. Les «cholas» (ou «cholitas») aux visages marron sont vêtues de leurs habits traditionnels : une dizaine de jupes entassées les unes sur les autres, quelques chandails de laine, un mince chapeau haut de forme placé sur le bout de cheveux tressés à l'infini. Sur leur dos, les éternels «aguayos», ces draps typiquement colorés qu'elles utilisent pour porter un peu de tout (enfants, fruits, fromages, artisanat...) peignent chacune des rues et des ruelles de touches de couleurs vivantes.

Assises sur le trottoir ou directement dans la rue, derrière leurs fleurs, leurs légumes ou leurs miches de pain au fromage, les «cholas» ne sourient pas beaucoup, sauf lorsqu'on s'adresse doucement à elles en espagnol.

Cette culture bolivienne des marchés me ravit. Le fait que les «micros», ces minibus serpentant la ville, doivent contourner les étals d'artisanat ou les montagnes de popcorn exposés en pleine rue m'amuse au plus haut point. Ici, rien n'est comme chez moi et j'adore cela.

En déambulant dans les allées formant le Mercado de Hechiceria, le fameux «marché aux sorcières», l'air est épicé et l'ambiance légèrement troublante. Les touristes ne sont pas forcément les bienvenus dans ces antres magiques, mais on réussit tout de même à se faufiler à l'intérieur d'une boutique à la tenancière au regard mystérieux et à l'âge vénérable. Chez elle, on se procure amulettes, herbes, huiles boisées, potions magiques (à nous l'amour, la santé et la fortune!), bonbons, encens aux vertus sacrées et fœtus de lamas séchés que l'on brûlera, un vendredi par mois, lors de célébrations musicales, en guise d'offrande à la Terre mère Pachamama.

Un peu plus bas dans la ville, la Plaza entourant l'église San Francisco a un perpétuel air de fête. La populaire rue Sagarnago rassemble routards, danseurs et musiciens costumés, écoliers, chiens vêtus de pulls d'enfants (!), amuseurs de rue, artisans à l'œuvre et «cholas» par dizaines.

Petit coup de cœur à travers la folie de cette ville: la bohème ruelle Jaén, près de l'église Santo Domingo. Point de rencontre des poètes et des musiciens, elle abrite des dizaines de musées et de jolis cafés où s'arrêter boire tranquillement un mate de coca.



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