Afrique de l'Est
Safari en Afrique: mode d'emploi
Journal de Montréal | 15/01/2012
Paul Simier | Collaboration spéciale

© Paul Simier
Un jeune gorille dans la jungle du parc Bwindi, en Ouganda.
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Mais ce type de tourisme exige qu'on respecte un certain mode d'emploi si l'on veut éviter les pièges du tourisme de masse. Fascinés par les documentaires animaliers, bien des gens imaginent leur découverte du continent africain au travers de la visite de parcs naturels. Cela explique la popularité toujours grandissante des safaris, qui ne cessent de se démocratiser. Au sein de la communauté des États de l'Afrique de l'Est, trois pays, l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, riches en réserves et parcs naturels, ont choisi de miser en premier lieu sur un tourisme axé sur les safaris d'observation des animaux.
Lequel de ces pays choisir pour un safari ? Chacun d'eux possède sa géographie propre, soit diverses régions avec un relief et un climat particuliers qui déterminent autant d'habitats naturels.
La saison
La saison demeure l'un des premiers critères lors de la planification du safari. L'abondance des pâturages et la présence de points d'eau contribuent en effet à fixer les troupeaux d'animaux dans une région donnée. Arrive la saison sèche, et la faune migre vers une autre zone parfois située assez loin, voire dans le pays voisin.
Les espèces
Les parcs naturels des trois grands pays de safari de l'Afrique de l'Est abritent sensiblement les mêmes espèces d'animaux. Évidemment, les Cinq Grands, soit le lion, l'éléphant, le buffle, le léopard et le rhinocéros, concentrent toute l'attention durant un safari. Que l'un des guides signale la présence de l'un ou l'autre de ces mammifères prestigieux et l'on voit tous les véhicules se diriger vers le même point. Selon la saison, on peut observer des troupeaux plus ou moins fournis de zèbres, de gnous, de girafes, d'antilopes de toutes sortes et aussi des bandes d'oiseaux migrateurs, dont les flamants roses, et bien d'autres espèces. Par contre, un seul de ces trois pays, l'Ouganda, abrite des gorilles de montagne.
Le guide
La qualité professionnelle du guide est primordiale. C'est en effet lui qui, à différents moments de la journée, soit très tôt le matin, en cours de journée, puis avant le crépuscule, va choisir les zones du parc les plus propices à l'observation. On attend également du guide qu'il sache décrire les habitudes de chacune des espèces observées.
Le guide doit aussi se montrer à l'écoute de ses passagers, qui veulent, par exemple, prolonger une séquence d'observation ou de prise de vues.
Le véhicule
La qualité du véhicule est primordiale. Le tout-terrain doit idéalement être doté d'un toit ouvrant et n'accepter qu'un nombre restreint de passagers pour que ceux-ci aient tout l'espace voulu pour se déplacer au besoin. De plus, le confort des sièges est essentiel, sinon on risque de souffrir durant les heures passées sur les pistes.
L'hébergement
Campements de charme avec tentes ou cases africaines, ou hôtels de type international : tous les styles d'hébergement existent. Selon sa taille, chacun de ces types garantit une ambiance particulière.
Il est surtout important que le lieu d'hébergement soit situé au coeur même d'un parc naturel, ce qui assure la proximité de certains animaux, même quand on ne se trouve pas en situation de sortie d'observation organisée.
L'équipement
En safari, le simple observateur se munit de bonnes jumelles. Les amateurs de souvenirs s'équipent d'un matériel photographique adapté à la situation. Un appareil à déclenchement rapide s'impose la plupart du temps, ainsi qu'un objectif offrant un zoom suffisant.
Une dimension équitable
Le tourisme de safari tend aussi à prendre une dimension équitable. En plus de se concentrer sur l'observation des animaux sauvages la plupart du temps, les touristes sont invités à s'intéresser au sort des humains qui peuplent le territoire des parcs naturels.
En Tanzanie et au Kenya, les parcs naturels empiètent sur le territoire ancestral des Masaïs, des éleveurs semi-nomades qui vivent de leurs troupeaux et doivent constamment les protéger des prédateurs, c'est-à-dire les animaux sauvages que les touristes viennent observer.
Les visites de villages masaïs « typiques » sont l'occasion pour cette population de profiter des retombées du tourisme. Certains villages exigent en effet un droit de visite. D'autres se contentent de montrer les lieux et ensuite d'inciter les touristes à acheter des souvenirs fabriqués par les femmes masaïs.
La visite de l'école du village est
également l'occasion pour les visiteurs
de constater la précarité
dans laquelle exercent les enseignants.
C'est l'occasion pour les
touristes de se délester des lots
de crayons, stylos et autres fournitures
scolaires que leur agent
de voyages leur avait conseillé
d'apporter.
D'autres écoles, comme l'école primaire de Loigero, dans le Masaï Mara, au Kenya, ont développé un partenariat avec un organisme à but lucratif de l'Alberta créé par des Canadiens à la suite de leur visite dans cette région. Le financement ainsi apporté a permis d'améliorer les bâtiments de l'école, de l'équiper de latrines, de doter les enfants d'uniformes et de matériel scolaire, etc.
Lors de leur visite, avant de s'aventurer dans le parc naturel à la poursuite des grands fauves, les touristes sont ainsi invités à se pencher sur le sort des enfants des villages environnants.
Étonnamment, il se trouve encore des touristes, pourtant supposément avertis, qui débarquent dans ces contrées avec quantité de sachets de bonbons. En distribuant leurs friandises à tout-va, ils entretiennent une attitude de mendicité chez les enfants. Plutôt que de dire bonjour aux visiteurs, ces derniers s'empressent de leur demander des bonbons. En donnant à quelquesuns, sans discernement, les touristes arrivent souvent à provoquer des bagarres entre enfants.
RepèresCertains pays de l'Afrique de l'Est ont depuis longtemps développé un tourisme axé sur l'observation des animaux dans leurs réserves et parcs nationaux. Ils ont pour cela adopté une politique de protection de l'environnement et de lutte contre le braconnage.
- Le Kenya possède 16 réserves et parcs naturels ; la Tanzanie en abrite 17, tandis que l'Ouganda en compte 10.
- Les voyagistes québécois, dont les agences de voyages proposent les prestations, font affaire dans les pays concernés avec des agences réceptives spécialisées dans les safaris.
- Au départ de Bruxelles, Brussels Airlines dessert 18 destinations en Afrique, dont Nairobi (Kenya), Entebbe (Ouganda), Kigali (Rwanda) et Bujumbura (Burundi). Le vol direct dure environ huit heures.
- Cette liaison est assurée en collaboration avec Air Canada. Mais, alors que Brussels Airlines accepte deux bagages enregistrés gratuitement, Air Canada n'en accepte qu'un seul. Drôle de partenariat alors que les deux compagnies sont membres de Star Alliance!
- Au départ de Montréal, KLM dessert également plusieurs destinations est-africaines via Amsterdam.
- Le voyagiste Aviatours peut organiser des safaris et des séjours sur mesure pour visiter les pays de l'Afrique de l'Est.
- Plusieurs autres voyagistes proposent également des safaris, dont Transat Découvertes, Tours Chanteclerc, Exotik Tours, Voyages Cassis, Unik Tours. Info : consulter une agence de voyages.
- En librairie : Tanzanie et Zanzibar, éditions Lonely Planet (36,95 $) ; Kenya, Lonely Planet (31,99 $) ; Uganda, éditions Bradt (33,93 $). (Les deux derniers guides sont en langue anglaise).




