Randonnée dans «l'île à grand spectacle»

Randonnée à l'île de la Réunion

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John Nais (texte et photos)

Baptisée «l'île à grand spectacle», la Réunion est connue pour le caractère exceptionnel de ses paysages. Département français d'outre-mer, cette petite île de 2500 km2, est située au plein cœur de l'océan Indien, à l'est de Madagascar. Elle abrite deux massifs volcaniques, le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise, ainsi que trois cirques naturels grandioses: Mafate, Cilaos et Salazie. Lors de notre passage à la Réunion, nous avons fait une randonnée à la Nouvelle, en plein cœur du cirque de Mafate. En voici le récit.

À la Réunion, le cirque de Mafate est synonyme d'isolement. Il est impossible de s'y rendre en voiture. Il n'y a que deux options possibles: les sentiers de randonnée ou l'hélicoptère. «C'est ce qui fait tout le charme du cirque!», disent fièrement la plupart des Réunionnais. Bien que l'île ait connu une croissance galopante ces vingt dernières années, les habitants de la Réunion tiennent farouchement à protéger ce petit havre de paix.

De nombreux randonneurs, jeunes et moins jeunes, s'aventurent chaque année sur les sentiers de Mafate, dans le parc national de la Réunion, pour visiter les petits villages disséminés aux quatre coins du cirque, qu'on appelle des «îlets» dans la langue locale, le créole. Mafate compte en tout neuf «îlets», mais celui de la Nouvelle est très certainement le plus visité par les marcheurs de tout acabit. Au total, plus de 1000 kilomètres de sentiers de randonnée pédestre sont accessibles dans les montagnes de l'île de la Réunion.

La descente vers la Nouvelle, à partir du cirque de Salazie, nécessite environ deux heures. Il n'est pas indispensable d'être un randonneur chevronné pour s'y rendre. Une bonne condition physique est néanmoins nécessaire pour profiter agréablement de cette excursion d'environ six kilomètres. Notre groupe compte plusieurs enfants et une dynamique doyenne de 60 ans.

Un dépaysement total

Au cirque de Mafate, les paysages sont spectaculaires. Il y a des arbres à perte de vue et des montagnes imposantes. En 2010, l'UNESCO a tenu à préserver cet écosystème en intégrant le parc national de la Réunion au patrimoine mondial. Une reconnaissance internationale qui souligne l'importance et la beauté des reliefs réunionnais.

Bien que la Réunion soit une île tropicale, il est frappant de voir à quel point la température peut changer d'une ville à l'autre. Sur les côtes de l'île, à longueur d'année, la température oscille entre 18°C et 33°C, alors qu'à l'intérieur des terres, il n'est pas rare que le mercure descende au dessous des 5°C. Alors que nous entamons notre randonnée, le thermomètre affiche à peine 10°C.

À Mafate, le dépaysement est total. La quiétude des lieux est impressionnante. Les seuls bruits que nous pouvons entendre sont les voix des autres randonneurs et le chant des oiseaux. Ça change de l'effervescence qu'on retrouve dans les grandes villes de l'île comme Saint-Denis, Saint-Paul ou Saint-Pierre.

Après une heure, nous atteignons la fameuse forêt des tamarins, arbres endémiques des montagnes de l'île, très appréciés des ébénistes locaux. La taille impressionnante du tamarin (il peut dépasser les 20 mètres) et ses branches torturées lui confèrent un aspect assez effrayant, surtout quand il y a de la brume.

Un village paisible

Une heure plus tard, nous arrivons à la Nouvelle, un village paisible où le temps semble s'être arrêté. Quelques villageois nous gratifient d'un chaleureux sourire en guise de bienvenue. Ici, modernité et tradition se côtoient. On retrouve des maisons d'antan, qu'on appelle des «cases en bois sous tôles», à côté de maisons flambant neuves. Il est même possible d'utiliser aisément son téléphone cellulaire alors que le village est littéralement coupé du monde.

Il faut environ une trentaine de minutes pour faire le tour du village. Nous croisons des enfants qui s'amusent sur leurs vélos devant la minuscule église du village. On trouve également des tables d'hôtes, toujours prêts à accueillir des convives. Épuisés, nous nous installons sous une petite paillote d'une table d'hôte. Les plus téméraires essaient le rhum arrangé de la maison.

Quelques verres plus tard, nous nous dirigeons vers le gîte où nous allons passer la nuit. Il est 18h00 et le soleil ne tardera pas à se coucher. Au gîte, c'est avec plaisir que nous dégustons des plats typiques de la Réunion: cari de poulet, rougail saucisses, riz blanc, haricots rouges et rougail tomates. De quoi calmer notre appétit après cette longue marche dans la fraîcheur des hauteurs de l'île. La soirée se prolonge jusqu'à tard pour certains. La nuit va être courte pour ceux qui ont trop abusé du punch et du rhum arrangé...

Le lendemain matin, le réveil est fixé à 7h00 pour tout le monde. Le thermomètre affiche un petit 5°C. Après un copieux petit-déjeuner, nous entamons la montée. Trois heures plus tard, nous arrivons au col des Bœufs, fatigués, mais contents d'avoir pu passer deux jours dans l'un des endroits les plus préservés de l'île. Une chose est sûre, la Réunion mérite bien son surnom d'«île intense».

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Quelques liens utiles

www.reunion.fr/
www.saintpaul-lareunion.com/dormir_montagne_00.php
www.reunion-nature.com/Offices-de-Tourisme.html
www.tourisme-reunion.info/


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