Namibie: à l'assaut de Big Daddy

Namibie - Namibie: à l'assaut de Big Daddy

 Photo Sarah Bergeron-Ouellet / Agence QMI

Texte et photo: Sarah Bergeron-Ouellet
sarah.bergeron-ouellet@canoe.ca

Canoe.ca est parti à la découverte de la lointaine Namibie. Pour suivre l'aventure au jour le jour, en mots et en photos, consultez cette page et cette galerie d'images.

À l'assaut de Big Daddy

Jour 8. Ce matin, ce n'est pas rien, nous allons à Sossusvlei. Sossusvlei, c'est le mythe. C'est là que se trouvent les paysages les plus emblématiques de la Namibie: les fameuses dunes orangées des livres de photos. Elles comptent parmi les plus hautes du monde, et nous allons les escalader.

5h. Mon réveil-matin sonne. Il fait encore noir. Je suis sur le toit de ma chambre. J'ai dormi à la belle étoile, même si un lit douillet m'attendait à l'intérieur. Comment aurais-je pu refuser une couette sous le ciel du Namib?

Je me lève rapidement. Un petit-déjeuner au pavillon principal du lodge et hop!, nous montons dans un 4x4. Notre but est d'atteindre Big Daddy, une dune de plus de 300 mètres, avant que le soleil soit trop haut dans le ciel. Les records de température atteignent quand même 70°C dans ce désert...

Mais avant d'arriver au pied de notre monstre de sable, il y a plusieurs kilomètres à parcourir en véhicule et - nous le constatons bien vite - des dizaines et des dizaines d'autres dunes à contempler.

Ce qu'elles sont belles. Passé l'entrée du secteur de Sossusvlei, elles s'alignent comme deux murs lointains, de part et d'autre de la piste. Les jeux de lumière, à cette heure, leur dessinent des crêtes aussi précises que des traits de pinceau.

Nous nous arrêtons ici et là pour prendre quelques photos, notamment devant la populaire dune 45, que plusieurs visiteurs escaladent à la queue leu leu.

Les derniers kilomètres pour atteindre notre destination se font hors piste, directement dans le sable. Nous doublons une voiture qui vient de s'enliser - désolée les gars, mais c'était bien écrit de venir en 4x4 seulement! - et slalomons jusqu'à Big Daddy.

Il faudra marcher à ses pieds un petit moment avant de pouvoir l'escalader. Nous nous lançons sur les pas notre guide Abner. Le soleil est déjà chaud et il n'y a évidemment pas l'ombre d'un nuage.

Sur le versant de la dune, le sable glisse sous nos pieds et la montée est ardue, mais une fois sur la crête, tout va mieux. Nous montons, montons, montons, et plus nous le faisons, plus la vue porte loin, plus les dunes couleur rouille se multiplient à l'horizon, plus il fait chaud et moins j'arrive à trouver de mots pour décrire le paysage. «Hallucinant» est celui qui me vient le plus facilement. Nous sommes en plein dans la mer de dunes.

Au moment de redescendre, je me fais plaisir en bondissant dans le sable jusqu'au pied de Big Daddy. Là se trouve un lac asséché appelé Dead Vlei, dont la traduction littérale est «marais mort». Le sol est blanc, craquelé, dur, plus sec que sec. Tout au bout, on distingue quelques silhouettes de bois inquiétantes: une forêt d'arbres morts.

Le ciel est toujours aussi bleu, les dunes toujours aussi hautes et le soleil toujours aussi chaud au moment où nous entamons notre marche vers ces étranges squelettes, noirs et durs comme de la pierre. Je ne sais pas si l'ambiance qui se dégage de cette forêt me fait penser à un cimetière ou à un conte merveilleux. Elle aurait 900 ans.

Et c'est sur ce singulier phénomène que se termine notre randonnée à Sossusvlei. Nous regagnons la voiture, attrapons des bouteilles d'eau et rentrons à notre lodge, Little Kulala, vers l'heure du lunch. Après vérification, on apprend qu'il fait 43°C à l'ombre. Au dîner, le beurre se liquéfie littéralement sous nos yeux.

C'est officiel: ce cher petit avion va être un véritable four pour le dernier vol de notre safari.


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