Namibie: comme un mirage au pays des Himba

Namibie - Namibie: comme un mirage au pays des Himba

Dans la vallée de Puros, au KaokoveldPhoto Sarah Bergeron-Ouellet

Texte et photo: Sarah Bergeron-Ouellet
sarah.bergeron-ouellet@canoe.ca

Canoe.ca est parti à la découverte de la lointaine Namibie. Pour suivre l'aventure au jour le jour, en mots et en photos, consultez cette page.

Jour 4. Est-ce que j'aurais deviné que ce bout de terrain quasi lunaire était une piste d'atterrissage? Pas sûr. Peu importe, nous venons bel et bien de nous poser - merci à notre guide et pilote Ole - et de mettre les pieds sur la terre des Himba, la tribu emblématique de la Namibie.

Leur région, le Kaokoveld, est l'une plus intouchées et inaccessibles du pays. Elle ne compte pratiquement aucune route sinon des pistes de sable et, du haut des airs, on réalise vite à quel point elle est aride et isolée. Pendant des kilomètres et des kilomètres, l'avion n'a fait que survoler une succession de montagnes et de vallées striées par l'érosion. Un monde de sable et de roche à la beauté rugueuse, immense, désolée.

Nous avons fait tout ce chemin pour venir visiter un village himba traditionnel. Un 4x4 nous attend à côté de la «piste d'atterrissage»; il vient du lodge Okahirongo Elephant qui a organisé notre visite. Nous saluons le chauffeur, grimpons à bord, roulons un peu, croisons quelques girafes, à notre grand étonnement, puis le village apparaît dans la vallée silencieuse.

C'est un regroupement d'une douzaine d'habitations de terre et de bouse qui ressemblent à des igloos, encerclé par une clôture de bois.

Difficile d'imaginer un plus grand contraste que celui entre la femme qui nous accueille et la visiteuse occidentale que je suis: les femmes himba s'enduisent la peau et les cheveux d'une pâte rougeâtre, portent une simple jupe en peau d'animal et sont parées de bijoux traditionnels. Leur beauté singulière leur a valu de se retrouver sur des milliers de clichés partout sur la planète, de même que sur pratiquement toutes les brochures touristiques de la Namibie.

Notre hôtesse - apparemment plus habituée que moi au face-à-face entre nos deux mondes - nous montre le morceau d'ocre qu'elle a en main. C'est Ole qui nous sert d'interprète. Le mélange dont se couvrent les femmes himba, nous explique-t-il, est fait d'ocre rouge, de beurre et d'herbe odorante. Cette mixture appelée «ëotjizeí» est à la fois une façon de se protéger du soleil et une marque de beauté.

Je prends le morceau d'ocre et fais une trace rouge sur ma main, avant de suivre le groupe devant l'habitation voisine. Une villageoise tout sourire fait bouillir de l'eau sur un petit feu de bois. Plus loin, un homme habillé, lui, à l'occidental, discute avec notre chauffeur sous un soleil de plus en plus cuisant. Les autres hommes sont absents, sans doute partis avec le bétail.

Les Himba sont un peuple semi-nomade vivant traditionnellement de l'élevage, réputé fier, que l'on compare parfois aux Massaïs du Kenya et de la Tanzanie. C'est parce qu'ils habitent dans l'une des régions les plus rudes et isolées du globe que plusieurs communautés himba sont arrivées à préserver - jusqu'ici - un mode de vie aussi similaire à celui de leurs ancêtres.

Le reste de notre visite chez eux se passe à découvrir l'intérieur dénudé d'une maison de terre, à faire quelques achats au kiosque d'artisanat installé pour les visiteurs et à saluer un groupe d'enfants rentrant pieds nus au village.

Après avoir remercié nos hôtesses, nous remontons dans le 4x4 et roulons à nouveau dans la vallée de Purros. Elle est sablonneuse, mais parsemée d'arbres étonnamment verts. En quelques minutes, nous tombons sur un groupe de babouins, un éléphant du désert et une autruche en plein sprint.

Le village himba a disparu, comme un mirage.

Voyez les photos de ces premiers jours en Namibie!

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