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Bordeaux - Voyager autrement
Paul Simier - Journal de Montréal

 
bordeaux - Bordeaux - Voyager autrement
© Journal de Montréal
La Grosse Cloche constituait le beffroi de l'hôtel de ville de Bordeaux au XVe siècle.
Les façades des immeubles commerciaux tout autant que les édifices publics de la ville témoignent d’un riche passé. Port très actif, Bordeaux a connu son âge d’or au XVIIIe siècle grâce au commerce du vin, mais également de la morue et des esclaves.

Sur le front de la Garonne, l’ensemble architectural exceptionnel que constituent les édifices de la Douane et de la Bourse proclame à lui seul la puissance des commerçants de Bordeaux, port de commerce situé à une centaine de kilomètres de l’océan.

Les vins
L’importance de Bordeaux comme port exportateur de vins a débuté dès le XIIe siècle. Durant trois siècles, soit de 1145 à 1453, l’Aquitaine fut en effet anglaise grâce au mariage, en 1154, d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt, roi d’Angleterre. On rapporte que, durant cette période particulièrement faste, «la flotte du vin» employa jusqu’à 200 navires.

«L’aristocratie du bouchon», dont les chais étaient établis dans le faubourg des Chartrons, se composa plus tard de commerçants anglais, hollandais et allemands, ce qui explique encore aujourd’hui l’existence de marques héritées de patronymes étrangers.

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Au tout début de ce commerce, le vin était vendu et consommé jeune (les Anglais l’avaient baptisé claret) car on ne maîtrisait pas encore la technique du vieillissement en fûts.

C’est au hasard qu’on devrait cette découverte grâce, dit-on, à des barriques oubliées dans les cales de navires ayant effectué l’aller-retour sur la route des Indes.

Les esclaves
À son apogée, au XVIIIe siècle, le port de Bordeaux faisait commerce de tous les produits imaginables, compte tenu des nouvelles routes maritimes de l’époque. Au nombre de celles-ci, le commerce triangulaire eut son importance.

Chargés de divers articles manufacturés (fusils, tissus, métaux, etc.) et d’alcool, les bateaux quittaient le port de Bordeaux pour mettre le cap sur les côtes africaines où les capitaines troquaient ces marchandises contre des esclaves. Cela se passait sur les côtes du Sénégal, du Bénin et de l’Angola principalement. Aux Antilles, la vente des esclaves permettait de se procurer des produits tropicaux, dont le sucre, le rhum, le tabac, l’indigo, le cacao, le café.

Les historiens ont établi qu’au XVIIIe siècle, sur les 3 361 expéditions négrières menées au départ des ports français, plus de 42 % furent effectuées au départ de Nantes, les ports de Bordeaux et de La Rochelle se partageant la deuxième place avec plus de 12 % des expéditions chacun.

La morue
Bordeaux participa aussi activement à la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve et d’Islande.

Les navires venaient en nombre décharger sur les quais bordelais leur cargaison qui était ensuite transportée à Bègle. Cette ville de la banlieue bordelaise possédait en effet jadis d’importantes sècheries qui permettaient de traiter la morue «verte» qu’on s’était contenté de saler à bord des bateaux.






 
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