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Au pays des Newfies
Marie-Julie Gagnon
Photos: Marie-Julie Gagnon et Joseph Sarr
– Ils étaient pour nous l’équivalent des Belges pour les Français.
Joseph me regarde, perplexe.
–Les blondes des années 80, quoi!
– …
– Les jokes commençaient toutes par: «C’t’une fois un Newfie…»
Il est 21h30 et nous venons d’atterrir à St. John’s. Maintenant qu’elle connaît bien les avions, Maya est beaucoup plus calme. Elle rit au moment du décollage et à l’atterrissage (quand elle ne dort pas!) et s’amuse avec les gentilles agentes de bord d’Air Canada. En quittant l’aéroport, j’essaie d’expliquer à mon mari installé au Québec depuis près de six ans que les premières fois où j’ai entendu parler de Terre-Neuve, c’était dans des blagues peu flatteuses à l’égard de ses habitants, surnommés Newfies (à cause du nom de la province en anglais, Newfoundland).
Je réalise soudain le ridicule de la situation. Comment les Terre-Neuviens sont-ils devenus nos têtes de Turc? Wikipédia éclaire ma lanterne. «Les Newfie jokes, blagues ethniques typiquement canadiennes, sont racontées au Canada depuis l'époque de la faillite du gouvernement du Dominion de Terre-Neuve, lors de la grande dépression. À ce moment, Terre-Neuve n'était pas encore une province canadienne, mais un dominion britannique plutôt isolé géographiquement et relativement dépourvu de ressources. Les blagues dépeignent presque toujours les Terre-Neuviens comme stupides, paresseux ou les deux à la fois. Plusieurs de ces blagues sont identiques aux blagues ethniques racontées à propos d'autres groupes.
Terre-Neuve fut la dernière province à entrer dans la Confédération canadienne et les choix et comportements politiques et sociaux des Terre-Neuviens étonnent parfois les autres Canadiens.» Ah!
22h. Nous voici dans notre chambre du Fairmont Hotel. Maya s’est endormie sitôt entrée dans le taxi. Joseph et moi décidons de nous offrir un repas de rois pour célébrer la fin de notre périple: du HOMARD! Nous le dégustons tranquillement dans notre chambre en constatant notre chance d’avoir pu parcourir le pays ensemble.
Le lendemain, nous mettons dès l’aube le cap sur Signal Hill, colline de roc dont on peut admirer la carrure, peu importe où l’on se trouve dans la ville. C’est de là-haut que Marconi a capté le premier signal outre-Atlantique envoyé sans fil, un «S» en code morse, le 12 décembre 1901. Je sens soudainement l’émotion me serrer la gorge. Peut-être est-ce la fatigue accumulée? Je reste devant la plaque commémorative un instant sans bouger. Pour une passionnée de communication comme moi, c’est un peu comme un lieu de pèlerinage.
Je recouvre mes esprits et vais rejoindre Joseph, Maya et le chauffeur de taxi qui nous a conduits sur les lieux. La vue de là-haut est imprenable. «Il y a un mois, nous pouvions encore voir des icebergs au large, raconte ce dernier dans un anglais que j’ai peine à déchiffrer. Il arrive également que nous puissions apercevoir des baleines.»
Nous filons ensuite à Quidi Vidi village (à répéter 100 fois avec des biscuits soda dans la bouche!), ravissant port de pêche aux maisons colorées. Fascinée par l’histoire des Vikings, j’aurais bien aimé visiter aussi le nord de la province, mais il est temps de rentrer à la maison.
Quoi de mieux qu’un retour aux sources pour conclure nos aventures? Moins de 24 heures après avoir posé le pied à St. John’s, nous atterrissons à Bagotville, où mon père nous attend. Direction mon Lac-Saint-Jean natal! Chemin faisant, Maya entonne la chanson du homard. Pas de doute, ce voyage nous aura tous permis de nous tricoter de bien beaux souvenirs!
P.S.: Eh non! Je n’aurai pas vu d’ours! La vérité? Je suis plutôt soulagée!
Info:
Tous les textes Le tour du Canada en 31 jours
Marie-Julie Gagnon
Photos: Marie-Julie Gagnon et Joseph Sarr
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| Quidi vidi village, Terre-Neuve |
Joseph me regarde, perplexe.
–Les blondes des années 80, quoi!
– …
– Les jokes commençaient toutes par: «C’t’une fois un Newfie…»
Il est 21h30 et nous venons d’atterrir à St. John’s. Maintenant qu’elle connaît bien les avions, Maya est beaucoup plus calme. Elle rit au moment du décollage et à l’atterrissage (quand elle ne dort pas!) et s’amuse avec les gentilles agentes de bord d’Air Canada. En quittant l’aéroport, j’essaie d’expliquer à mon mari installé au Québec depuis près de six ans que les premières fois où j’ai entendu parler de Terre-Neuve, c’était dans des blagues peu flatteuses à l’égard de ses habitants, surnommés Newfies (à cause du nom de la province en anglais, Newfoundland).
| À PROPOS DE TERRE-NEUVE: AUSSI: |
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22h. Nous voici dans notre chambre du Fairmont Hotel. Maya s’est endormie sitôt entrée dans le taxi. Joseph et moi décidons de nous offrir un repas de rois pour célébrer la fin de notre périple: du HOMARD! Nous le dégustons tranquillement dans notre chambre en constatant notre chance d’avoir pu parcourir le pays ensemble.
Le lendemain, nous mettons dès l’aube le cap sur Signal Hill, colline de roc dont on peut admirer la carrure, peu importe où l’on se trouve dans la ville. C’est de là-haut que Marconi a capté le premier signal outre-Atlantique envoyé sans fil, un «S» en code morse, le 12 décembre 1901. Je sens soudainement l’émotion me serrer la gorge. Peut-être est-ce la fatigue accumulée? Je reste devant la plaque commémorative un instant sans bouger. Pour une passionnée de communication comme moi, c’est un peu comme un lieu de pèlerinage.
Je recouvre mes esprits et vais rejoindre Joseph, Maya et le chauffeur de taxi qui nous a conduits sur les lieux. La vue de là-haut est imprenable. «Il y a un mois, nous pouvions encore voir des icebergs au large, raconte ce dernier dans un anglais que j’ai peine à déchiffrer. Il arrive également que nous puissions apercevoir des baleines.»
Nous filons ensuite à Quidi Vidi village (à répéter 100 fois avec des biscuits soda dans la bouche!), ravissant port de pêche aux maisons colorées. Fascinée par l’histoire des Vikings, j’aurais bien aimé visiter aussi le nord de la province, mais il est temps de rentrer à la maison.
Quoi de mieux qu’un retour aux sources pour conclure nos aventures? Moins de 24 heures après avoir posé le pied à St. John’s, nous atterrissons à Bagotville, où mon père nous attend. Direction mon Lac-Saint-Jean natal! Chemin faisant, Maya entonne la chanson du homard. Pas de doute, ce voyage nous aura tous permis de nous tricoter de bien beaux souvenirs!
P.S.: Eh non! Je n’aurai pas vu d’ours! La vérité? Je suis plutôt soulagée!
Info:
- St. John’s: www.stjohns.ca
- Fairmont St. John’s: www.fairmont.com/newfoundland
Merci à Air Canada, à la www.canada.travelCommission canadienne du tourisme et à Fairmont St. John’s grâce à qui ce voyage a été rendu possible.
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