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Visiter des villes par leur arrière-scène
Marie-Julie Gagnon - Collaboration spéciale

 
Visiter des villes par leur arrière-scène
© http://www.urbex.nl
Kinderopvang Duinen-heide, As
Construit en 1917, abandonné en 2005
Que ce soit pour visiter un coin de pays autrement ou pour redécouvrir sa propre ville avec un regard neuf, l’«urbex» ou «exploration urbaine» vous entraîne dans les coulisses d’une ville, là où les caméras des touristes se braquent rarement.

Leur défi: pénétrer dans des endroits en décrépitude, souvent tombés dans l’oubli. Leur plaisir: mettre les pieds là où les gens ne vont plus. Pour plusieurs, c’est aussi l’occasion de mettre en pixels ces images du passé abîmées par le temps et l’abandon. Une tout autre manière de rapporter des souvenirs de ses pérégrinations!

Andre Joosse, un pompier de 34 ans se passionne pour ce type de voyage. Il consacre un site Web, Urban Exploring (www.urbex.nl) à son hobby. «Presque toutes les semaines, je range ma caméra, mon équipement, ma lampe de poche et des boissons énergétiques et je sors visiter le monde abandonné.»

Résultat? Des dizaines de clichés saisissants de cinéma, de mines, de résidences, d’écoles, de manufactures, de bureaux et d’hôpitaux désaffectés, dont plusieurs croqués en Allemagne et aux Pays-Bas, où il habite. Bien que figées, ses images sont remplies d’émotions. Une certaine poésie se dégage même de ces lieux envahis par la rouille et la poussière.

Une nouvelle forme de tourisme engagé?

Bien que chacun ait sa propre définition de la chose, la plupart des adeptes d’urbex s’entendent pour dire que leur passe-temps vise d’abord à franchir les limites établies par d’autres. «Enjamber une barrière, franchir une porte, ramper dans un tunnel, ouvrir une trappe», résume Slyv, créateur du site Forbidden-Places (www.forbidden-places.net/). Ce passionné initié par son père dès son plus jeune âge décrit aussi ses activités comme du «tourisme industriel» ou des «explorations décrépites».

Sur Ekimondo.com, Jean-François Perreault parle carrément d’une forme d’archéologie contemporaine. «Puisqu’il n’existe plus aucun lieu intouché par l’homme, pourquoi ne pas visiter ceux que l’homme ne fréquente tout simplement plus?»

Attention toutefois: pas question d’entrer par effraction ou de vandaliser ces lieux laissés à l’abandon, ne serait-ce qu’en laissant un graffiti pour marquer son passage. Pas de vol non plus. Les explorateurs ont leur code d’éthique! C’est du moins ce que revendiquent les purs et durs comme Slyv: «Autant que possible, des autorisations sont demandées aux propriétaires des lieux, et sont souvent accordées. Dans certains cas d'abandon le plus total, nous préférons au contraire nous faufiler discrètement pour accéder à l'intérieur.»

Québec interdit

Le Québec n’est pas en reste. Selon Wikipédia, «À Montréal seulement, on estime à une trentaine le nombre d'explorateurs assidus. Parmi leurs lieux de prédilection, on compte l'ancienne brasserie Dow, l'usine de Canada Maltage (quartier Saint-Henri), et le silo no5.»

Le site «Urban Exploration Montreal» (UEM), présente des vidéos captées lors des pérégrinations des membres de son groupe. On peut notamment voir des images de la brasserie O’Keefe.

L’intérêt de ces chasseurs d’images? «Nous explorons parce que nous avons toujours été intéressé par ce qui se cache derrière les portes closes et au-delà des regards», écrivent simplement les membres d’UEM, qui se présentent sous des pseudonymes.

Slyv pousse la réflexion plus loin. Pour lui, photographier ces endroits insolites est une manière d’assurer leur pérennité. «Ces endroits à l'abandon et sans avenir font intégralement partie de notre patrimoine culturel. Alors avant que tout ait disparu à coups d'effondrements et de démolitions, allons les explorer et les photographier!»




 
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