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Le tour du monde en 363 jours
Texte: Lise Giguère
Photos du voyage: Collection personnelle de la famille Tanguay


 
Le tour du monde en 363 jours
© Éric Labbé
La famille Tanguay
Pendant un an, Jean Tanguay, Francine Bond et leurs quatre enfants ont fait le tour du monde. Ils ont parcouru 100 000 km et visité 28 pays. Pour réaliser ce rêve, il leur aura fallu économiser pendant 10 ans. Retour sur une période de vie pas ordinaire.

En pratiquant la simplicité volontaire pendant 10 ans, Jean et Francine ont réussi à amasser 100 000 $. Grâce à ce montant, ils se sont offert un tour du monde de 363 jours, de juillet 2001 à juin 2002.

Ces agronomes de profession, qui avaient tous deux voyagé avant de se rencontrer, ont vite formé le rêve de faire découvrir le monde à leurs quatre enfants. C’était un héritage qu’ils voulaient leur léguer de leur vivant...

Madame Bond, comment a débuté cette belle aventure?
Ça faisait au moins 10 ans qu’on y pensait et, plus le temps passait, plus ça se précisait. On avait choisi l’année 2000, qui nous semblait idéale, mais on a finalement attendu 2001, afin que Jolyanne ait terminé sa première année d’école et qu’elle sache lire.

Et qu’en est-il de vos autres enfants?
Six mois avant notre départ, j’ai arrêté de travailler pour les aider et leur permettre de faire deux années en une. Je ne voulais pas qu’ils aient à traîner toute leur paperasse pendant le voyage.

Quel âge avaient vos jeunes au moment du départ?
Sébastien avait 13 ans, Francis, 11 ans, Nicolas, 9 ans, et Jolyanne, 6 ans.

Avez-vous pu garder votre emploi?
Jean a dû donner sa démission, car ça ne faisait pas partie de la politique de l’entreprise d’accorder une année sabbatique. Quant à moi, je n’ai pas eu à démissionner, même si on m’a prévenue que ce n’était pas certain que je réintégrerais mon poste.

Comment votre périple était-il organisé?
On a d’abord acheté un Round the World Ticket, qui nous donnait droit à 39 000 milles et 15 arrêts. On a divisé le voyage en blocs d’environ un à deux mois: on a passé deux mois en Amérique du Sud, deux mois en Europe, un mois en Afrique australe, un mois à l’île Maurice, deux mois en Asie du Sud-Est, un mois et demi en Australie, un mois en Nouvelle-Zélande et un mois aux îles Fidji.

Sur place, comment vous déplaciez-vous?
On utilisait les transports en commun, comme l’autobus ou le train, et on louait parfois une voiture.

Aviez-vous beaucoup de bagages?
Chacun est parti avec ce qu’il était capable de porter. Il n’y avait qu’un sac à dos par personne, rien d’autre. Au départ, certains des enfants ont commencé à collectionner des roches. On leur a dit: «Il n’y a pas de problème, tant que vous les transportez sur votre dos durant tout le voyage!»

Où demeuriez-vous?
On habitait surtout de petits hôtels. Une trentaine de familles que nous avons rencontrées au hasard de la route nous ont également accueillis; certaines nous ont reçus le temps d’un repas, d’autres nous ont permis de passer une nuit ou encore une semaine chez elles. C’était important pour nous de vivre avec des gens et de partager leur quotidien. Et, comme on est agronomes, notre intérêt pour l’agriculture nous a amenés à loger dans des fermes en Australie et en Amérique du Sud.

Vous est-il arrivé de ne pas trouver d’endroit où dormir?
Certaines fois, on a couché à six dans une chambre ou à trois dans le même lit. Mais les enfants n’ont jamais chialé. Ça faisait partie de l’aventure.

Et pour la nourriture, comment faisiez-vous?
Souvent, on choisissait de petits hôtels où il était possible de faire la cuisine mais, dans certains pays, ça revenait moins cher d’aller dans de petits restos. En Bolivie, par exemple, il y a de petits kiosques d’exposition où l’on vend de la nourriture. C’est très bon et pas cher du tout.

Vos jeunes aimaient-ils découvrir de nouvelles saveurs?
Pendant des années, on leur a répété de manger tout ce qu’il y avait dans leur assiette parce qu’en voyage ils n’auraient pas le choix. De toute façon, on est totalement contre le gaspillage; on leur a donc appris à manger à peu près n’importe quoi.

Avez-vous pu respecter votre budget?
Oui. On est même revenus avec un peu d’argent! (rires)

Était-ce compliqué de communiquer avec les habitants des différents pays où vous êtes allés?
Jean parle espagnol, et on se débrouille en anglais. On croyait que ces deux langues seraient suffisantes; on a vite réalisé que ce n’était pas le cas. Au Brésil, par exemple, il a fallu rapidement apprendre le portugais pour pouvoir négocier le prix d’un billet d’autobus ou passer une commande au restaurant.

Votre marmaille a-t-elle aussi appris cette langue?
Les plus jeunes la comprenaient, mais ils n’ont pas vraiment appris à la parler. C’était très drôle de les voir avec d’autres enfants dans une cour d’école et arriver à se faire comprendre dans n’importe quelle langue.

Quel a été votre plus grand choc culturel?
Quand on était en Chine, on avait l’impression d’être sur une autre planète. Tout était différent: la nourriture, l’hygiène, etc. Dans certains villages agricoles, les gens n’avaient jamais vu d’enfants blancs et blonds avec un long nez. Notre présence causait des attroupements. Un jour, il a même fallu qu’un policier disperse la foule pour qu’on puisse avancer. Là-bas, les couples ne peuvent avoir qu’un bébé, alors Jean passait pour un super mâle! (rires) On a quand même réussi à découvrir ce pays sans guide ni interprète. Je dois avouer qu’on est parvenus à le faire parce que ça faisait six mois qu’on était en voyage.

Et comment était-ce d’être toujours ensemble, tous les six?
Ç’a été toute une expérience! Il faut respecter la liberté de chacun, régler les conflits rapidement et, surtout, avoir un but commun. Ça nous sert encore aujourd’hui.

Avez-vous dû faire des sacrifices?
On a toujours eu un style de vie simple. Les enfants ne disaient jamais: «Est-ce que je peux avoir ça?», mais plutôt: «A-t-on les moyens de l’avoir?»

Qu’ont-ils appris grâce à cette aventure?
Certains grands problèmes, comme le gaspillage de l’eau, sont plus concrets pour eux maintenant. Ils ont aussi été conscientisés aux autres peuples, aux valeurs familiales et à l’importance d’avoir des buts communs et de travailler ensemble. Ils sont devenus plus débrouillards, et leur esprit est plus ouvert. Même leurs professeurs nous le font remarquer. Pour nos jeunes, tout problème a une solution. Si ce n’est pas possible de régler quelque chose d’une certaine façon, ils s’y prennent autrement, c’est tout.

Avez-vous un autre grand projet familial?
Les enfants me demandent souvent: «Quand est-ce qu’on repart?» Quand ils seront au cégep et à l’université, ce sera plus difficile. Chaque fois qu’on en a l’occasion, on essaie de prendre des vacances en famille.

Avez-vous pu réintégrer vos emplois?
Oui. Il y a de la demande dans notre secteur. Et puis, les expériences acquises au cours du voyage, les visites dans les fermes et les villages agronomes autour du monde sont devenues un atout.

Songez-vous à écrire un ouvrage sur votre aventure?
Sébastien vient de publier un livre. Il y raconte notre périple avec son regard à lui.



Le tour du monde avec des yeux d’enfants

    Sébastien Tanguay (photo de droite) , l’aîné des enfants, est aujourd’hui âgé de 18 ans. Il vient de publier à compte d’auteur Le tour du monde avec des yeux d’enfants, 142 pages d’anecdotes et de découvertes, accompagnées d’un cédérom présentant 200 photos.

    Comment réagit-on à un vol de bagages en France? Comment fête-t-on Noël à l’île Maurice? Comment fait-on du pouce en Malaisie? Voici quelques-unes des questions auxquelles il répond en nous racontant des histoires savoureuses. Il est possible d'acheter son livre sur Internet: http://tdmfamille.multimania.com.



Toutes les photos(de haut en bas):
1. La famille Tanguay
2. Jean, Francis et Nicolas à dos d’éléphant dans le nord de la Thaïlande en février 2002
3. Les quatre enfants devant le volcan Egmont en Nouvelle- Zélande, le jour de l’anniversaire de Nicolas (10 ans), le 30 avril 2002.
4. Nicolas dans les rues de Hong-Kong.
5. La famille partage le repas aux Îles Fidji.
6. Sébastien Tanguay, qui vient de publier le livre Le tour du monde avec des yeux d'enfants.


 
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