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Bretagne, terre de vélo!
Extraits du Guide Ulysse Cyclotourisme en France, par Carole Saint-Laurent

 
bretagne - Bretagne, terre de vélo!
Bretagne, terre de vélo, un simple titre et pourtant le début de toute une aventure! Voici pour vous, amou­reux de la bicyclette, un grand tour de Bre­tagne vous permettant de parcourir les quatre départements de la région.

À grandes «pédalées», vous pourrez explorer l’infinie variété de son riche patri­moine en suivant le millier de kilomètres de chemins en Armor, le pays de la mer, jusqu’à l’intérieur des terres, en Argoat, le pays des bois. Quel programme! Il y a là au moins trois bel­les semaines d’aventure. Si le temps vous y contraint, alors faites une seule partie du grand tour, soit au nord, soit au sud ou, encore mieux, un peu des deux. À vous de choisir!

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Haute-Bretagne
Un premier parcours, nom­mé ici «Haute‑Bretagne», débute à Rennes, la capitale. Ville d’art et d’histoire, do­tée d’une architecture va­riée, Rennes se présente aujourd’hui comme une cité jeune, dynamique et ani­mée. Avec ses 200 000 habi­tants, dont près d’un quart d’étudiants, ses universités et ses nombreuses écoles, cette grande métropole bre­tonne vous accueille et vous ouvre les portes à la découverte de sa fabuleuse région.

Vous voilà bien en selle pour découvrir un circuit où se succèdent les somptueux paysages marins de la baie du Mont‑Saint‑Michel, de la côte d’Émeraude et de la côte de Goëlo. Parcours obligé si vous avez lu Mé­moires d’outre‑tombe: le châ­teau de Combourg préserve le souvenir de l’écri­vain Fran­çois René Cha­teau­briand. Le «lac tranquil­le» et les mar­ronniers séparent l’imposant château féodal du vieux village.

Puis la route sillonne la campagne et vous conduit jusqu’à la mer, vers la baie imprégnée de sel et d’iode: sublime, le Mont‑Saint‑Michel surgit entre ciel et mer. À mesure que vous avancez, vous ne pourrez plus le quit­ter du regard. D’un sim­ple oratoire au VIIe siècle, le site devint un haut lieu de pèlerinage très fréquenté au Moyen Âge. Il prit alors le nom de «Mont‑Saint‑Michel‑au‑péril‑de‑la‑mer». Merveille de l’archi­tecture médiévale, rassemblé sur trois niveaux, le site est clas­sé monument historique depuis 1874. La baie du Mont‑Saint‑Michel offre un paysage grandiose qu’on ne se lasse pas de contempler et de photographier!

En parcourant la côte d’Éme­raude vers Saint‑Malo, ne soyez pas surpris de croiser des chars à voile à l’approche de Cherrueix. Avec ses longues grèves aux quatre vents, cet en­droit est tout désigné pour ce sport. Cet accueillant petit bourg vit de la pêche et de l’agriculture. Faites une pause au bar du vil­lage. Vous aurez peut‑être la chance de discuter avec un des pêcheurs, une bolée de cidre à la main.

À Saint‑Malo, posez votre vélo car la cité des corsaires et des marins au long cours vous invite à mettre vos pas dans ceux de Jacques Car­tier (découvreur du Cana­da), de Robert Surcouf (qui navigua jusqu’aux Indes) et de Duguay‑Trouin (qui conquit Rio de Janeiro). Ancien fief de riches arma­teurs, la ville a conservé ses maisons et ses hôtels parti­culiers de granit au toit pointu, enserrés dans de lourds remparts: un patri­moine restauré unique en son genre!

Depuis Saint‑Malo, l’itiné­raire remonte les rives es­carpées de la Rance jusqu’à Dinan, au fond de l’estuaire. À l’arrivée, la vue sur les lieux est impressionnante: la cité fortifiée se dresse devant nous à 75 m au‑des­sus de la Rance. En contre­bas, le long des berges, sont accostés des bateaux de plaisanciers et quelques barques de pêcheurs. Dinan connut la prospérité au moment de la colonisation du Nouveau Monde grâce à la fabrication du drap et de la toile. C’est de ce port qu’on livrait à Saint‑Malo la toile à voile. Aujourd’hui, plusieurs cafés et restau­rants vous permettent de flâner, de rêvasser et de vous restaurer.

L’itinéraire reprend la direc­tion des côtes du Nord vers des sites naturels grandioses où le vent n’est pas aussi discret que le souhaite le cycliste... Par ailleurs, le paysage est tout à fait extra­ordinaire: falaises et caps de grès rose, abris de mil­liers d’oiseaux marins, mer tonique et vivifiante, plages de sable fin et dunes dorées propices à la déten­te. En plus de ces merveilles de la nature, il y a la tradition, le patrimoine rural, les villages de pêcheurs aux maisons et aux églises de couleur rose. À cela, s’ajoutent quelques fiers châteaux. Ainsi, parmi les ajoncs et les bruyères de la lande sauvage du Cap Fréhel, vous découvrirez le fort La Latte, imposante for­teresse rose surplombant la mer d’une soixantaine de mètres.

C’est aux Sables‑d’Or‑les‑Pins, station balnéaire au nom évocateur (à notre avis la plus belle plage de tout le circuit) que le parcours tourne le dos au vent du large. Quelques coups de pédales, et vous allez péné­trer dans la Bretagne pro­fonde loin de l’agitation cô­tière. Les villages ne man­quent pas de pittoresque, et certains se tassent autour de leur enclos paroissial, es­pace sacré constitué d’une église, d’un cimetière et d’un calvaire. Cette forme d’art paroissial est propre à la Bretagne et s’épanouit de 1550 à 1650 environ. Des croix de carrefour, des cha­pelles de pèlerinage en pleine campagne, des égli­ses aux vitraux iconographi­ques de la «Passion» ou de l’«Arbre de Jessé», autant d’héritages religieux ponc­tuent la route dans cette région de France si forte­ment marquée par la foi chrétienne.

Le circuit traverse de petites villes pétries d’histoire mou­vementée. Au XIIe siècle, Lamballe fut la capitale du duché de Penthièvre, bran­che de la Maison de Breta­gne. De nos jours, cette petite ville est associée à son haras national (établis­sement où l’on élève des chevaux), abritant jusqu’à 400 bêtes: postier breton, pur‑sang, Connemara. Moncontour fut une importante place forte du duché de Penthièvre. La ville con­nut la prospérité au milieu du XVIIe siècle par la fabrica­tion et le commerce des «berlingues», toiles de lin et de chanvre. Dans cette campagne vallonnée, la petite ville de caractère est un lieu magique pour re­prendre des forces.

Pontivy ne manquera pas de vous plaire avec ses fêtes et son agitation de ville uni­versitaire et commerçante dans cette dernière étape du parcours de Haute‑Bre­ta­gne. Vieille cité d’Argoat, elle garde l’empreinte des ducs de Rohan avec son château d’architecture mili­taire du XVe siècle. La ville, étalée sur la rive gauche du Blavet, juxtapose deux quar­tiers d’époques et de styles différents : la vieille ville avec ses venelles si­nueuses, ses maisons à pans de bois et sa basilique Notre‑Dame‑de‑la‑Joie, au cœur de la zone piétonne; puis, Napoléonville, qui se caractérise par son architec­ture impériale, ses rues à angle droit, ses grands bou­levards et ses squares.

L’Argoat
Le grand tour de Bretagne se poursuit au cœur de l’Argoat, contrée de rivières, de chaos granitiques, de forêts donnant lieu à de nombreuses légendes. La route passe par la magni­fique forêt de Pont‑Callek, dans la vallée du Scorff : hêtres, châtaigniers, sor­biers, ifs, etc., lieu de ren­dez‑vous des promeneurs et des pêcheurs. Dans cette région, très accidentée entre les rivières Scorff et Ellé, le parcours devient plus «spor­tif». Selon une légende, les Roches du Diable, chaos de granit aux formes étranges sur la rivière Ellé, apparte­naient au démon. Malgré son nom diabolique, ces rapides attirent en grand nombre les amateurs de canoë‑kayak.

Quimperlé, «Cité des Trois Rivières», est une très jolie ville bâtie au confluent des rivières Ellé et Isole, qui se rejoignent pour former la rivière Laïta. Celle-ci atteste par les belles maisons sur ses quais que l’activité por­tuaire de Quimperlé fut prospère.

La Côte Sud
Le circuit de la Côte‑sud débute en Cornouaille, le «Midi» de la Bretagne. Quim­per s’étend le long de l’Odet. Les cafés étalés sur ses quais sont autant de lieux privilégiés où vous pourrez observer le va‑et‑ vient des Quimperois tout en vous régalant de la gastronomie bretonne. Je ne parle pas ici de galettes de sarrasin ou de crêpes au froment, quoique le blé noir servi en crêpe avec une bolée de cidre reste le repas traditionnel des festivités et fait la grande joie des cy­clistes végétariens. Je pense plutôt à la cotriade, une «chaudronnée» de poissons, le ragoût de pré‑salé, l’andouille de Guéméné et bien sûr le homard à l’ar­mo­ricaine. L’huître Belon se reproduit, s’élève et s’affine sur la côte sud (Belon) et sur la côte nord (Cancale). Malheureusement pour nous cycliste estivaux, la meilleure période pour la dégustation va de sep­tembre à avril. Connais­sez‑vous la cervoise, la bière d’Astérix ou le chou­chen, un alcool de miel des druides, ou en­core la «lam­big», une eau‑ de‑vie de cidre?

Laissons les délices du pa­lais et poursuivons pour le plaisir des yeux vers d’au­tres lieux enchanteurs. Le parcours suivant explore les charmants petits ports, les criques et les baies où som­meillent les voiliers. Il faut prendre le temps d’aller jusqu’au bout des chemins. C’est toute la vie de la Cor­nouaille que vous allez découvrir : Sainte‑Marine, Bénodet et la pointe de Mousterlin, avec sa plage sauvage de rochers ou de sable fin. L’endroit est idéal pour le pique‑nique et offre un beau point de vue sur les îles de Glénan.

L’itinéraire sillonne toujours la côte vers la station bal­néaire de Beg‑Meil, avec ses plages de sable bordées de pins et de belles villas qui ont accueilli Marcel Proust, Sarah Bernhardt et biens d’autres illustres personna­ges. Le port de plaisance de Forêt‑Fouesnant, le plus im­portant de la région, anime le pittoresque bourg. Sur­tout ne partez pas sans avoir goûté au cidre parfu­mé, si réputé, du pays fouesnatais. Une magnifique région boisée vous sépare de Concarneau, grand port de pêche. La vue se porte ensuite sur la coquette pe­tite ville close, cœur histo­rique de Concarneau.

Pont‑Aven, blottie dans la vallée de l’Aven, doit sa célébrité à Paul Gauguin et à ses amis, qui y séjournè­rent à la fin du XIXe siècle. Amateur de Gauguin, pré­voyez du temps pour une petite excursion dans le Bois d’Amour jusqu’à la chapelle de Trémalo. À l’in­térieur, le Christ en bois de la nef a servi de modèle à son fameux Christ jaune, peint en 1889.Suivant toujours la côte, l’iti­néraire se prolonge dans le Morbihan (seul départe­ment à porter un nom bre­ton) vers Guidel‑Plage, située à l’embouchure de la Laïta. Lorient se développa grâce à la Compagnie des Indes, fondée par Louis XIV. Épi­ces, tapis, porcelaines, soie­ries, etc. firent sa fortune. La cité fut détruite par les bombardements de la Deuxième Guerre mon­diale. Aujourd’hui encore, l’intérêt de la ville se porte sur ses ports : commerce, pêche, guerre, plaisance. Lorient est le port d’embar­quement pour l’île de Groix.

Sainte‑Anne‑d’Auray est le lieu de pèlerinage le plus fréquenté de Bretagne. Sain­te Anne, mère de Marie et patronne des Bretons, y est honorée depuis le VIe siècle. Elle apparut à un pieux laboureur en 1624 et en 1625. Le cloître, classé monument historique, con­serve le trésor de Sainte‑ Anne‑d’Auray, qui contient des ex‑voto, c’est‑à‑dire des objets offerts par les pèle­rins en signe de remercie­ment. Parmi ces innombra­bles objets, figure le maillot jaune d’un ancien coureur du Tour de France, Jean Robic!

Pour les gens fascinés par l’inconnu, une excursion s’impose vers Carnac, «le lieu où il y a des monticules de pierre», pour découvrir une région énigmatique, si den­se en mégalithes. Des pier­res brutes, inégales, dres­sées, alignées, couchées, jonchent le sol sur 4 km en­tre le golfe du Morbihan et la rivière Étel.

Le golfe est en fait une pe­tite mer intérieure parsemée d’îlots, qui se prolonge à l’intérieur des terres en ri­vières. Le parcours le pénè­tre jusque dans la pointe de Baden‑Armor, en passant par Arradon, exposée plein sud. Le climat est chaud; vous remarquerez les figuiers, les lauriers roses, les camélias et les mimosas. C’est à Van­nes, sortie intacte de l’His­toire, que fut signée, le 13 août 1532 par Anne de Bre­tagne, la réunion du duché de Bretagne au royaume de France. Son vieux quartier, fermé de solides remparts, conserve jalousement les trésors de cette époque.

La route tortueuse vers Mu­zillac vous fera travailler un peu; pour oublier l’effort, profitez de la vue qu’elle offre sur l’étang de Pen Mur, domaine des mar­tins‑pêcheurs et des poules d’eau. À l’approche du pays de Loire, l’environnement change peu à peu. Le par­cours reste côtier jusqu’à Piriac‑sur‑Mer. Ce bourg, avec son port de pêche artisanal et ses belles de­meures, a charmé plusieurs écrivains au XIXe siècle: Flaubert, Daudet, Zola. Pour vous rafraîchir, à l’ouest du village, la jolie plage est facile d’accès.

Surnommée la «Carcassonne bretonne», la cité médiévale de Guérande, entourée de remparts percés de quatre portes fortifiées, domine la région des marais salants à l’origine de sa prospérité. Honoré de Balzac l’a décrite comme «un magnifique joyau de la féodalité». Avant de quitter le pays blanc, profi­tez d’un moment de far­niente sur la Côte d’Amour et sa fameuse plage de 8 km.

Le Parc régional de la Grande Brière, espace unique, origi­nal et préservé, conserve un patrimoine exceptionnel. Si vous êtes amoureux de la nature, c’est en barque, poussée à la «pigouille», que vous devez explorer la vraie Brière: roseaux, nénuphars, hérons cendrés, mésanges à moustaches et autres trésors du silencieux marais.

Depuis Nantes, au carrefour de trois provinces, l’explo­ration continue le long du plus long fleuve de France, dans la vallée de la Loire.


 
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