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Martinique: entre ciel et mer
Extrait de Martinique - Guides Voir

 
martinique - Martinique: entre ciel et mer
Comme un lâcher de pépites entre le vieux continent et le nouveau, les îles des Caraïbes sont le précieux trésor qui préfigure le monde de demain. Au milieu de cet archipel tropical, la Martinique propose son étonnante diversité, entre plages et béton, mornes et rivières, dans une folie concentrée que seule la rencontre entre l’homme et la nature peut réaliser.

On attend les plages, les cocotiers, le ti-punch, les qualités d’une vie entre ciel et mer... Mais, outre ces images d’Épinal, derrière la carte postale se cache, à peine, un foisonnement incroyable pour un lieu si exigu: trente kilomètres sur quatre-vingts, vue d’en haut, l’île n’est qu’un bout de «vert» oublié dans la «grande bleue»... Quand on y pose le pied, c’est un pays d’où l’on peut regarder le ciel sans lever la tête...

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Appelée Madinina, «l’île aux fleurs», par les Caraïbes, premiers habitants des lieux, annexée par les Français, puis par les Anglais, récupérée par les Français, peuplée par des esclaves africains, des travailleurs indiens, chinois, arabes, au hasard des méandres de l’histoire coloniale, devenue Martinique, elle termine sont long parcours dans une originalité administrative qui en fait un département français à huit mille kilomètres de l’Hexagone. Quatre-vingts kilomètres de long, à vol de tourterelle, on y passe du sud au nord, stupéfait de découvrir à quel point le parcours est contrasté. Des plages dorées du Sud à la luxuriance des fougères géantes du Nord, la vie s’étire au pied de la Pelée, qui de loin en loin réveille ses entrailles meurtrières, histoire de rappeler aux humains qu’elle ne dort que d’un œil. En bas, des hommes et des femmes de toutes les couleurs ont appris à vivre ensemble… Métissage...

Fort-de-France
Vue de la mer, Fort-de-France a tout pour séduire entre la baie des Flamands et les hauteurs verdoyantes des pitons du Carbet. Pourtant, Fort-de-France a le visage d’une grande métropole régionale s’étendant toujours plus loin le long des routes périphériques. Administrations, banques et activités culturelles y sont regroupées.

Dès les premières heures du jour, d’interminables chapelets de voitures gagnent le centre-ville et ses bureaux. Dans la journée, la foule vivante et colorée se presse dans les rues étroites au tracé géométrique, vestiges de l’époque coloniale. Seul coin de verdure de la ville, la Savane est témoin de tous les événements de la vie foyalaise: carnaval, festival de juillet, défilés militaires...

Siège de la préfecture du département, Fort-de-France est née aux premiers temps de la colonisation sur des terres marécageuses. C’est la configuration stratégique du site qui poussa les gouverneurs successifs à y construire un fort (1639), puis une ville. En 1681, Saint-Pierre perdit son titre de capitale en faveur de la nouvelle ville, Fort-Royal. La ville, qui prendra plus tard le nom de Fort-de-France, devint aussi le chef-lieu de toutes les Antilles françaises. Au cours du XVIIIe siècle, de vastes travaux d’urbanisme contribuèrent à agrandir Fort-Royal. Mais la croissance de la cité fut sans cesse entravée par des cataclysmes: en 1724, une inondation; en 1762, une épidémie de fièvre jaune; en 1766, un cyclone; en 1771, un tremblement de terre... À deux reprises, la ville tomba sous l’occupation anglaise (1762, 1809) et perdit son rang de chef-lieu.

Après la catastrophe qui détruisit Saint-Pierre en 1902, Fort-de-France, qui n’était alors qu’une petite ville d’une dizaine de milliers d’habitants, connut une véritable explosion démographique. Aujourd’hui, elle abrite un tiers de la population martiniquaise, soit 100 000 âmes, et s’est imposée comme capitale économique et culturelle de l’île.

Le Nord Caraïbe
On est loin de la Martinique des plages de sable blanc. Le Nord Caraïbe, c’est l’autre visage de l’île: celui des volcans et de la forêt tropicale humide. Ici, les plages sont plus sauvages et leur sable est couleur de cendres, signe de la présence toute proche des volcans et surtout de la célèbre montagne Pelée, point culminant, qui domine la Martinique de ses 1397 m d’altitude.

C’est ce volcan qui, lors de son éruption en 1902, détruisit Saint-Pierre, le «petit Paris des Antilles» et ses 30 000 habitants. Aujourd’hui, Saint-Pierre, sacrée ville d’art et d’histoire, cherche à renaître de ses cendres en ouvrant à la visite les ruines de ses monuments. Région encore épargnée par les promoteurs, le Nord Caraïbe abrite de pittoresques villages fleuris comme Le Fonds-Saint-Denis, l’Ajoupa-Bouillon, Le Morne-Vert et son verdoyant Canton Suisse ainsi que la célèbre route de la Trace qui relie Fort-de-France au Morne-Rouge en contournant les pitons du Carbet. Ce long ruban d’asphalte serpente à travers des cathédrales de verdure où règne un silence que seuls troublent les bruits de cascades et le chant des oiseaux de montagne. Sur le littoral, de paisibles villages de pêcheurs se nichent dans des anses de sable noir, et l’on peut découvrir près du Carbet l’Anse Turin, qui inspira Gauguin lors de son passage dans l’île.

La côte nord caraïbe est également le point de départ de la colonisation de la Martinique, car c’est là que Christophe Colomb débarqua en 1502. Plus tard, en 1635, les Indiens caraïbes y accueillirent Belain d’Esnambuc et ses compagnons, lesquels peuplèrent très rapidement la région. Case-Pilote, Le Carbet et Saint-Pierre sont donc les premiers villages de l’île et possèdent les pierres et les églises les plus anciennes de la Martinique.

Le Nord Atlantique
Au nord de la Caravelle, de grandes baies sauvages balayées par la houle alternent avec des falaises déchiquetées par les lames de l’océan Atlantique. Formant la région agricole la plus riche de l’île, les terres du Nord Atlantique descendent en pente douce depuis les reliefs du centre jusqu’aux rivages de sable gris.

Cette région que l’on nommait jadis la Capesterre regroupa les derniers villages arawaks et caraïbes. Ainsi, des vestiges précolombiens ont été retrouvés au Lorrain et les artisans du village de Morne-des Esses perpétuent encore de nos jours les traditions de la vannerie caraïbe. En 1655, des chefs caraïbes sont arrêtés et les Amérindiens battus et repoussés sur la côte atlantique. Après la mort du gouverneur Du Parquet, en 1658, les colons déclarent la guerre aux Caraïbes pour les chasser de l’île. Le traité de 1660 les expulse vers la Dominique et Saint-Vincent, îles déclarées terrain neutre. Colonisée depuis cette époque, la Capesterre connaît au XVIIe siècle l’âge d’or de la culture du pétun (tabac) avant de devenir, aux XVIIIe et XIXe siècles, le domaine de grandes habitations sucrières et des plantations de café et de cacao. Aujourd’hui, la banane a peu à peu remplacé la canne à sucre dans la région. Mais l’on découvrira les traces de l’histoire et du peuplement de l’île à travers les sucreries à l’abandon, les ruines de distilleries, les vestiges de logements d’esclaves et la forte présence des descendants d’émigrés indiens. Le plus beau paysage de la région est sans doute la presqu’île de la Caravelle, célèbre par le château Dubuc et ses légendes de corsaires. À l’intérieur des terres, la route sinueuse traverse des forêts aux essences précieuses, des jardins d’ignames ou d’agrumes, de champs de canne et des plantations d’ananas et de bananes plantains.

La côte, elle, se fait de plus en plus sauvage et la mer de plus en plus démontée à mesure que l’on remonte vers le nord.

Le Sud Caraïbe
Entre les Trois-Îlets et le rocher du Diamant, symbole de la Martinique, le Sud Caraïbe présente un littoral découpé et escarpé où se succèdent de pittoresques villages bordés d’une mer agitée et de petites anses dont les plages de sable blanc attirent les voyageurs du monde entier.

C’est aux Trois-Îlets et à la pointe du Bout que le tourisme s’est développé le plus tôt. À quelques kilomètres au sud, le village du Diamant attire de plus en plus de visiteurs dans les hôtels de luxe de la pointe La Chéry. Pourtant, le reste de la région, remarquablement préservé, vaut aussi le voyage. Aux Anses-d’Arlets, les plaisanciers trouveront un mouillage sûr. Les plages du Diamant, d’Anse Mitan, des Anses-d’Arlets ou de Sainte-Luce sont bordées de cocotiers ou de raisiniers. À l’intérieur des terres, une végétation sèche de broussailles et de savane, entrecoupée d’îlots forestiers, habille le paysage. Le relief est parfois tourmenté de mornes volcaniques. Le morne Larcher, à la silhouette ondulée, fait l’objet d’une randonnée pédestre. Galochat est depuis longtemps une étape éreintante du tour cycliste de la Martinique. Ce coin de la Martinique fut le théâtre d’événements historiques. Au Diamant, en 1717, les planteurs martiniquais manifestèrent leur première rébellion ouverte contre la tutelle française. Cette révolte prit le nom de Gaoulé du Diamant. C’est en 1763, aux Trois-Îlets, que Joséphine de Beauharnais vit le jour. Aujourd’hui, il est possible de visiter les vestiges de l’habitation familiale devenue musée de la Pagerie.

Située face à l’île britannique de Sainte-Lucie, la région fut souvent l’objet de conflits franco-britanniques au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Ainsi, en 1804, le rocher du Diamant fut pris d’assaut par les Anglais à cause de sa position stratégique dans le canal de Sainte-Lucie. Aujourd’hui, les fonds marins qui bordent cet îlot imposant font la joie des plongeurs.

Le Sud Atlantique
Plages de rêves, larges horizons baignés de soleil, baies miroitantes où se balancent de paisibles voiliers... Mais, le Sud Atlantique est aussi une région aux paysages originaux. Des marigots côtoient une vaste mangrove, de hautes falaises rocheuses bordent un semi-désert parsemé de cactus, des fonds blancs surgissent au large et des îlets abritent des milliers d’oiseaux migrateurs.

La presqu’île de Sainte-Anne est, avec la Caravelle situes sur la côte nord atlantique, le premier morceau de Martinique surgi de l’océan il y a plus de 25 millions d’années. Seule région de l’île à la fois calcaire et volcanique, elle réunit dans l’extrême sud de la Martinique des paysages arides et variés.

Considérés comme un lieu de débarquement stratégique pour s’emparer de la Martinique, les villages du Marin et de Sainte-Anne furent convoités à maintes reprises par les flottes britanniques au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Aujourd’hui, Sainte-Anne et ses plages attirent les visiteurs du monde entier. En particulier, la plage des Salines, dont l’arc de sable blanc jouit d’une renommée internationale. Le Marin, aujourd’hui sous-préfecture du Sud, s’est considérablement développé autour de son port de plaisance d’où de nombreux voiliers partent pour des croisières vers Sainte-Lucie ou les Grenadines. Avec la loi de défiscalisation de 1986, logements, hôtels et résidences de vacances se sont multipliés dans cette région au cadre enchanteur. Mais il suffit de s’enfoncer de quelques kilomètres pour découvrir un arrière-pays plus authentique. Sur la côte atlantique, d’innombrables petites plages encore sauvages se cachent dans les recoins d’un littoral découpé et protégé par des barrières de corail. Plus au nord, les békés ont établi leur fief aux environs du François et célèbrent la tradition du ti-punch sur les fonds blancs.
 
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