André Boily
Agence QMI

Asgardia place un petit satellite en orbite pour créer une nouvelle nation dans l'espace

Asgardia

Asgardia 1, le tout petit satellite du royaume spatial d'Asgardia gros comme un pain

André Boily

Asgardia, c'est le rêve d'un magnat russe milliardaire de créer une première nation dans l'espace, avec son propre territoire, sa monnaie et son gouvernement. À cette fin, un premier micro satellite vient d'être placé en orbite lequel contient une déclaration de constitution et depuis un an, Asgardia accepte les demandes de citoyenneté.

Si vous avez vu le film Elysium, le pays Asgardia y ressemble avec sa colonie spatiale autonome, mais saupoudré d'une constitution idyllique, sans conflits, dédiée à servir l'humanité, sans lien avec la richesse ou la prospérité du pays d'origine, sans religion ni nation. En un an, le futur royaume Asgardia a cumulé 150 000 demandes de partout sur notre planète.

Parlant de richesse, le rêve d'une nation orbitale vient du magnat milliardaire Igor Ashurbeyli, un scientifique, bienfaiteur et homme d'affaires russo-azerbaïdjanais de 54 ans lié à l'industrie énergétique.

Vers une reconnaissance... plutôt difficile

Pour jeter les bases du futur royaume spatial, un lanceur américain a mis récemment en orbite «Asgardia 1» un tout petit satellite gros comme votre pain tranché matinal contenant un disque dur de 512 Go contenant la constitution du pays, des données personnelles de citoyens asgardiens, de symboles nationaux, etc. Pour être plus précis, ce satellite était transporté à bord de Cygnus, l'engin de ravitaillement de la Station spatiale internationale.

Le disque dur contenait les données personnelles des 100 k premiers citoyens asgardiens sur les 150 k actuels qui pouvaient y stocker environ 500 Ko chacun, juste assez pour une petite photo et un texte.

Les activités spatiales sont gérées par les Nations unies, dont l'un des articles interdit l'appropriation nationale de l'espace ou toute requête de souveraineté par quelque moyen que ce soit. Mais, même sans reconnaissance, rien n'interdit aux fondateurs d'Asgardia de lancer des fusées pour construire une station spatiale.

Parmi les fondateurs du royaume, on compte le québécois Ram Jakhu, directeur de l'Institut en droit spatial et aérien de l'université McGill. Celui-ci, en entrevue avec le site space.com, a dit «qu'avec les citoyens sélectionnés, un gouvernement et un vaisseau spatial inhabité comme territoire, Asgardia pourrait éventuellement remplir trois des quatre critères de l'Organisation des Nations unies pour être considéré une nation comme un état. Le quatrième critère est la reconnaissance par les états membres de l'ONU.

En passant, le mot Asgardia dérive du nom norvégien Asgard qui signifie maison de dieu.

Une pour cinq

Le grand manitou du royaume spatial devra revoir les critères de sélection... En pointant au hasard la région de Trois-Rivières sur la carte mappemonde du site (qui en passant déborde largement sur Québec et Montréal), sur 50 inscrits ou volontaires du pays sans gravité, il n'y a que 9 femmes. Pour la progéniture asgardienne, disons que ça augure mal. Si ce même ratio persiste lorsque le gouvernement asgardien enverra ses premières fusées habitées sans billet de retour, plusieurs vont trouver le temps long... à moins d'instituer la polyandrie.



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