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Les célèbres «amants de Pompéi» étaient deux hommes

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Les célèbres amants de Pompéi

À l'occasion d'une exposition, le directeur des fouilles de Pompéi a révélé que des analyses génétiques ont abouti à une conclusion inattendue sur les deux célèbres «amants» découverts sur le site en 1922 : il s'agirait en réalité de deux hommes.

La catastrophe de Pompéi est probablement l'éruption volcanique la plus célèbre et la plus étudiée de l'histoire. Pourtant, 2 000 ans après, on est encore loin d'avoir révélé tous ses secrets. C'est ce que démontre la découverte récemment annoncée par Massimo Osanna, le directeur des fouilles de Pompéi.

À l'occasion d'une exposition, il a livré des informations inédites sur un célèbre moulage découvert en 1922 par l'archéologue Vittorio Spinazzola. Le moulage en question représente les corps de deux personnes enlacées. Sauf que l'identité des deux «amants» n'est pas celle qu'on pensait. 

Un homme et une femme ?

Lorsque Spinazzola a découvert ces corps figés dans le temps dans la maison dite du Criptoportique, cela ne faisait aucun doute pour beaucoup : il avait mis au jour les dépouilles d'un homme et d'une femme, restés étreints jusqu'au dernier moment de leur vie. Un couple qui faisait simplement partie des milliers de victimes que l'éruption du Vésuve a fait en l'an 79.

Dans l'Italie fasciste, virile et machiste de Mussolini, cette théorie s'est rapidement imposée et a perduré. Mais Spinazzola avait émis une autre hypothèse : celle qu'il s'agisse de deux femmes, plus précisément, d'une mère et sa fille. Malheureusement, après le renvoi de l'archéologue un an après la découverte, les «amants» sont restés peu visibles du public.

De même, ils ont fait l'objet de très peu d'études scientifiques. Pour beaucoup, comme l'expliquait en 2015 Massimo Ossana repris par El Corriere del Mezzogiorno, «il s'agissait davantage de dépouilles humaines que de vestiges archéologiques». Il a ainsi fallu attendre près de 100 ans pour que leur secret soit révélé.

Des analyses révélatrices

Pour en savoir plus sur les défunts, les spécialistes ont réalisé un scanner et des analyses génétiques sur leurs os et leurs dents. Les résultats sont sans appel: il s'agit de deux individus de sexe masculin. L'un jeune était probablement âgé d'environ 18 ans et l'autre plus vieux de 20 ans ou plus. D'après leur ADN, les deux défunts ne sont pas apparentés.

Ceci exclut les hypothèses qu'il s'agisse d'un père et de son fils ou de deux frères. Le doute demeure maintenant sur leur relation. «Vous ne pouvez pas affirmer que les deux étaient amants. Au vu de leur position, vous pouvez faire cette hypothèse», a expliqué Massimo Osanna. «Mais il est difficile de le dire avec certitude».

Les archéologues ne parviendront probablement jamais à  déterminer avec certitude ce qui liait les deux individus. Toutefois, cette découverte montre une nouvelle fois l'utilité pour les archéologues des techniques de pointe mises au point ces dernières années notamment dans le domaine de la médecine.

Un «instrument fondamental»

«L'utilisation de recherches anthropologiques et génétiques nous en révèle toujours plus», a indiqué Osanna repris par le Telegraph. «C'est un instrument fondamental pour la connaissance scientifique parce qu'il nous donne de la certitude dans le domaine archéologique qui ne serait sans cela fait que d'hypothèses».   

Par le passé, ce type de recherches a en effet permis d'en apprendre plus sur d'autres dépouilles archéologiques comme celle de Toutankhamon ou de Richard III. Pour le premier, les résultats ont suggéré que le pharaon n'était peut-être pas mort comme on le pensait tandis que pour le second, ils ont notamment révélé l'intégralité des habitudes alimentaires du roi.



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