Sasha Halfmann et Pascale Mollard-Chenebenoit
AFP

L'Europe a-t-elle réussi ou pas à atterrir sur Mars?

ExoMars: sur la piste de la vie sur la planète rouge

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Sasha Halfmann et Pascale Mollard-Chenebenoit

L'Europe a-t-elle réussi mercredi à poser en douceur un atterrisseur sur Mars? Les équipes de l'Agence spatiale européenne (ESA) attendaient nerveusement la réponse qui demandera sans doute plusieurs heures et une certaine inquiétude était perceptible.

«Les données que nous avons collectées jusqu'à présent pour l'atterrisseur Schiaparelli ne sont pas absolument [normales]», a déclaré Andrea Accommazzo, directeur des opérations de vol au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne). «Mais pour le moment cela ne veut rien dire», a-t-il ajouté.

Le module Schiaparelli, qui s'est séparé dimanche de la sonde scientifique TGO, s'est réveillé comme prévu peu avant l'atterrissage, comme a permis de le constater un radiotélescope indien qui a capté un signal radio, a indiqué l'Agence spatiale européenne.

Mais ce faible signal radio émis a cessé d'être reçu par le radiotélescope indien «peu avant ou au moment de l'atterrissage», a indiqué à l'AFP Thierry Blancquaert, responsable de Schiaparelli.

«Il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives», a déclaré Andrea Accommazzo.

La perte de ce signal «ne donne pas d'indications tangibles» sur l'état de l'atterrisseur, a estimé M. Blancquaert.

«Si Schiaparelli se trouve derrière un petit cratère, cela peut suffire à ce que le radiotélescope ne parvienne pas à l'entendre», a-t-il dit. Mars se trouve en effet à 175 millions de kilomètres de la Terre.

«J'aurais été ravi si j'avais eu un signal après l'atterrissage. Mais je ne m'inquiète pas trop encore», a dit M. Blancquaert.

Ce sont des sondes autour de Mars qui vont permettre de savoir où en est Schiaparelli.

Lancée il y a treize ans, la sonde européenne Mars Express, est à l'écoute d'un signal. Les données qu'elle a envoyées sont en train d'être décryptées.

La sonde américaine MRO va ensuite recueillir des données qui seront envoyées à la Terre plusieurs heures après l'atterrissage.

Succès «probable» pour la sonde TGO

Simultanément, la sonde scientifique européano-russe TGO, qui s'est séparée dimanche de l'atterrisseur, a quasiment terminé ses manoeuvres de freinage pour se mettre en orbite autour de Mars.

«Cela se présente très très bien pour elle», a déclaré Michel Denis, directeur des opérations en vol de la mission ExoMars à l'ESA.

Il est «très probable» que l'Europe a «deux satellites autour de Mars», avec Mars Express, a-t-il dit, avec un large sourire.

Depuis les années 1960, plus de la moitié des missions martiennes se sont soldées par un échec.

Et jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

La sonde et l'atterrisseur Schiaparelli, qui ont effectué un périple de sept mois avant d'atteindre la planète, forment le premier volet d'ExoMars, mission scientifique européano-russe qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars. Elle se déroulera en deux temps (2016 et 2020).

TGO (Trace Gas Orbiter) sera chargée de «renifler» l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie microbienne actuelle sur la planète.

C'est la deuxième fois que l'Europe se lance à la conquête de Mars. En 2003, la sonde européenne Mars Express avait largué un mini-atterrisseur Beagle 2, de conception britannique, qui a atterri mais n'a jamais donné signe de vie.

Schiaparelli est censé s'être posé à l'intérieur d'une ellipse sur la plaine équatoriale de Meridiani Planum, sur laquelle a déjà atterri en 2004 le robot mobile américain Opportunity.

Le module est équipé d'une petite station météo qui, si tout s'est bien passé, mesurera la pression, la température, la vitesse du vent mais aussi les champs électriques à la surface de Mars pendant quelques jours.

La sonde TGO emporte quatre instruments dont deux conçus par les Russes. Elle commencera sa mission scientifique début 2018.

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