Gentside Découverte

Mégastructure extraterrestre: le mystère s'épaissit

Mégastructure

Représentation de l'étoile KIC 8462852. Capture d'écran Gentside

Les chercheurs ont beau retourner le problème dans tous les sens, le mystère de l’étoile KIC 8462852 demeure. L’astre a commencé à faire parler de lui, au moins d’octobre 2015 après que des astronomes ont révélé, à l’aide du télescope Kepler, d’étranges variations de la luminosité émise par celui-ci. Depuis, l’origine de ce phénomène relève du casse-tête.

L’étoile, plus brillante et massive que notre Soleil, se situe à environ 1500 années-lumière de la Terre, entre les constellations du Cygne et de la Lyre. Elle a été identifiée en 2009 puis scrutée quelques année plus tard par Kepler pour tenter de déceler d’éventuelles exoplanètes orbitant autour d’elle.

De curieuses observations

Cette méthode, dite «du transit» est couramment utilisée. Elle consiste à mesurer l’intensité des rayons d’une étoile pour repérer d’éventuelles fluctuations régulières, traduisant le passage d’une planète devant son astre. Un mouvement qui a pour effet de bloquer la lumière émise.

Là où les résultats enregistrés par Kepler sont étonnants, c’est qu’ils présentent des variations de grande envergure et très irrégulière. De toute évidence, le passage d’une planète ne peut être mise en cause. Jusqu’à présent plusieurs hypothèses ont été formulées faisant tour à tour appel à un nuage de débris de planète ou encore de comètes.

Mais la théorie la plus surprenante et relayée en masse dans les médias a été celle d’une mégastructure construite par des extraterrestres pour se fournir en énergie. Un genre de dispositif hypothétique appelé «sphère de Dyson».

L'hypothèse des comètes réfutée

Peu convaincu par ces différentes explications, Bradley Schaefer, un astronome de l’université de Louisana State, s’est penché sur l’historique des comètes observées, archivé au Harvard College Observatory. Ses conclusions indiquent que la luminosité de l’étoile a baissé de 20 % en moins d’un siècle, entre 1890 et 1989.

Selon lui, l’hypothèse du nuage de comètes est donc improbable puisque, selon ses calculs, il faudrait 648 000 comètes, larges de 200 kilomètres chacune, pour obtenir un tel phénomène. «L'idée du nuage de comètes a, de façon raisonnable, été mise en avant comme la meilleure des hypothèses», a expliqué Bradley Schaefer, repris par le New Scientist.

«Mais maintenant nous avons la réfutation de cette idée et, même de toutes les idées publiées», a-t-il poursuivi. «Nous avons besoin de davantage de données issues d'une surveillance continue pour découvrir ce qu'il s'y passe». Le chercheur n’a pas pour autant privilégié l’hypothèse de la sphère de Dyson qui lui semble également peu envisageable.

Aucun signal extraterrestre détecté

Intrigués par l'annonce en octobre 2015, des astronomes du Search for Extraterrestrial Intelligence (SETI) se sont également penchés sur le mystère KIC 8462852. Durant six nuits entre le 29 octobre et le 28 novembre, ils ont scruté l'étoile à la recherche de signaux lasers inhabituels, sans succès.

«Nous n'avons trouvé aucune preuve d'une civilisation avancée envoyant intentionnellement des signaux laser vers la Terre», a résumé Douglas Vakoch, le président de SETI International. «Bien qu'il soit assez probable que l'étrange comportement de l'étoile soit d'origine naturelle et non extraterrestre, il était prudent d'exclure une telle chose», a relevé Seth Shostak, astronome de l'Institut.

Si plusieurs hypothèses sont désormais écartées, le mystère demeure entier autour de l'étoile. À ce stade, les astronomes envisagent donc de mener de nouvelles observations afin de récolter de plus amples éléments qui pourraient permettre d’expliquer les étranges manifestations.

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