Gentside Découverte

Découverte d'une météorite plus vieille que la Terre

Découverte

La météorite du Lac Eyre - Curvin University. Capture d'écran Gentside

Régulièrement, des météorites viennent s'écraser sur Terre, comme de nombreux déchets de l'espace. Toutes ont de l'importance, mais certaines bien plus que d'autres. C'est le cas de celle découverte par une équipe australienne, une météorite peut-être plus vieille que la Terre.

L'équipe de l'université Curtin a mis au point un système permettant de savoir à quel endroit une météorite pourra s'écraser. Pour cela, les scientifiques se sont armés d'un réseau de 32 appareils photos, de données de calcul géographiques, d'un observateur aérien et d'un drone. C'est grâce à ce système appelé Desert Fireball Network (DFN) que Phil Bland et Robert Howin, les principaux instigateurs de ce projet, ont découvert la roche.

Elle a d'abord été repérée grâce à cinq des appareils photos mis en place par l'équipe. Ces appareils scrutent en permanence le ciel, à l’affût du moindre projectile pouvant s'échouer sur notre planète. Plusieurs locaux, vivants non loin de l'impact, ont déclaré avoir aussi vu le météore passer dans le ciel peu de temps avant qu'il ne s'écrase.

Trois jours de recherches intensives

Cependant, voir tomber la météorite ne suffit pas, la grande difficulté est de la retrouver. Après avoir analysé les images et procédé à différents calculs, l'équipe a essayé de trianguler la zone de chute du projectile. La recherche a donc débuté près du point naturel le plus au sud de l'Australie, aux abords du Lac Eyre.

Aidé par la population locale et par leur drone, l'équipe a essayé de retrouver la zone d'impact. C'est seulement après trois jours de recherches intensives que la petite roche a été retrouvée. Enfouie de 42 centimètres dans la boue épaisse de ce lac salé, la météorite pèse 1,7 kilogramme. «Ça a été un extraordinaire effort d'équipe, nous sommes arrivés ici de justesse», confie Phil Bland sur le site de son université.

Cette trouvaille est d'importance, car la pierre pourrait être de la «chondrite», une sorte de météorite «précieuse», poursuit-il. Mieux encore, les scientifiques pensent savoir exactement d'où elle provient.

Une météorite précieuse

Cette chondrite daterait d'il y a plus de 4,5 milliards d'années, soit l'âge de notre planète, si ce n'est plus. «C'est la roche la plus ancienne que vous tiendrez dans votre main», ajoute le professeur Bland. Les chercheurs pensent qu'elle vient d'une zone située au-delà de l'orbite de Mars, donc entre la planète rouge et Jupiter. Mais sa nature exacte reste à déterminer.

Du fait de son âge et de son origine, cette roche pourrait fournir des informations précieuses sur la naissance de l'Univers. Mais sa découverte apporte surtout une preuve que le système imaginé par les chercheurs australiens fonctionnent. Malgré un coût réduit, la «[...] machine géante qu'on a créée fonctionne vraiment», relève le professeur.

«C'est quelque chose d'important parce que les agences spatiales comme la NASA ou la JAXA vont dépenser des milliards de dollars pour atteindre un astéroïde et en ramener un échantillon, donc potentiellement, nous pouvons faire la même chose pour bien moins que ça», conclut Phil Bland. En attendant, l'équipe a déjà repéré de nouveaux sites à explorer.

Aussi sur Canoe.ca:



Cliquez sur «J'aime» pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos