Gentside Découverte

Trou noir: ses explosions atteignent une galaxie voisine

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Les émissions du trou noir observées par le télescope Chandra. Capture d'écran Gentside

Les astronomes ont identifié deux émissions massives de gaz provenant d'un trou noir supermassif situé dans le centre d'une galaxie voisine. Les images du phénomène semblable à deux arcs et assimilé à une «régurgitation», ont été reprises par le télescope spatial à rayons X Chandra de la NASA. 

«À titre de comparaison, les astronomes se réfèrent souvent aux trous noirs comme des "mangeurs" d’étoiles et de gaz. Apparemment, ces derniers peuvent également faire un rot après leur repas», a commenté Eric Schlegel, astronome à l'Université du Texas, à San Antonio et membre de l’équipe à la base de la découverte.

Un trou noir relativement proche de la Terre

Le trou noir dont il est question est l’un des plus proches de la Terre à être soumis une activité aussi violente. Il est situé au coeur de la galaxie NGC 5195 qui forme, avec la galaxie du Tourbillon, le groupe M51. Le couple se situe dans la constellation Chiens de chasse, à environ 27 millions d'années-lumière de notre planète.

Selon Eric Schlegel, cette observation est très importante. Le comportement du trou noir prouve en effet que celui-ci n’est pas seulement un objet destructeur mais qu'il peut aussi créer. Les deux énormes vagues de gaz en combustion, repérées par le télescope Chandra, émanent de l’objet supermassif en poussant vers l’avant l’hydrogène, plus froid.

Les astronomes pensent que le phénomène aurait été par l'interaction de la petite galaxie avec sa galaxie spirale compagnon, poussant du gaz à se diriger vers le trou noir. «L'énergie générée par cette matière en mouvement aurait alors produit les émissions», détaille la NASA dans un communiqué.

Un phénomène qui influence l’évolution des galaxies

Ces émissions de gaz, engendrées par de violentes explosions, pourraient même influencer l’évolution des galaxies selon les chercheurs. «Nous pensons que le phénomène empêchent les galaxies de devenir trop grande», a expliqué Marie Machacek, astronome au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CFA) et co-auteur de l’étude présentant l’observation.

«Mais dans le même temps, il peut être responsable de la façon dont certaines étoiles se forment», a-t-elle ajouté. Les scientifiques pensent en effet que la matière éjectée serait suffisante pour déclencher la formation de nouvelles étoiles. Selon les estimations, le premier arc aurait mis une à trois millions d'années pour arriver à sa position actuelle.

Le second aurait lui mis trois à six millions d'années. Ces conclusions ont été récemment présentées lors de la 277ème réunion de l’American Astronomical Society (AAS), l'Association des astronomes américains, qui s’est tenue en Floride.

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