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Report du lancement du robot InSight: il y aura enquête

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Représentation du robot InSight sur Mars. Photo NASA

PARIS - L'agence spatiale française CNESs va mettre en place une «commission d'enquête externe» pour comprendre l'anomalie décelée sur l'instrument français devant équiper le robot InSight et qui a conduit à reporter le lancement de celui-ci vers la planète Mars.

Ce robot scientifique américain devait être lancé en mars 2016. Mais un problème d'étanchéité a été détecté sur l'outil de mesure des mouvements sismiques SEIS fourni par la France.

Les ingénieurs ne sont pas parvenus à le résoudre à temps pour que le robot puisse utiliser la fenêtre de tir de mars 2016. La NASA et le CNES ont donc décidé fin décembre de reporter le lancement d'au moins deux ans.

La prochaine fenêtre de tir se présentera en mai-juin 2018.

«J'ai décidé de mettre en place une commission d'enquête externe pour comprendre ce qui s'est passé», a annoncé lundi Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, lors d'une conférence de presse.

Elle sera composée de «trois ou quatre spécialistes, probablement français, qui n'ont pas travaillé sur le projet afin qu'ils apportent un oeil extérieur» permettant de comprendre et de corriger cette anomalie, a-t-il précisé.

La sphère en titane qui entoure l'instrument est étanche à température ambiante mais elle ne l'est plus à -40 degrés Celsius. Il s'agit de déterminer l'origine de ces micro-fuites et de trouver une solution.

M. Le Gall attend un premier rapport de cette commission «probablement fin février».

«Il y a un retard de l'ordre de 26 mois. Mais il faut être prêt pour 2018», a-t-il ajouté.

Le robot InSight est chargé d'étudier les entrailles de Mars. Il doit notamment permettre de déterminer si le coeur de la Planète rouge est solide ou liquide et pourquoi sa surface n'est pas composée de plaques tectoniques mouvantes comme la Terre.

Interrogé sur le risque que la NASA décide d'annuler la mission InSight suite à ce revers, M. Le Gall a répondu que «ce n'est pas actuellement l'option sur laquelle nous travaillons». «J'en ai parlé encore très récemment avec la NASA. L'option est d'avoir un instrument qui fonctionne».

«Il y a une vraie difficulté mais on travaille d'arrache-pied avec la NASA pour être prêt» pour le prochain créneau en 2018, a-t-il dit.

En annonçant le 22 décembre le report du lancement, John Grunsfeld, administrateur adjoint de la NASA, a indiqué que l'agence spatiale devait à présent décider de poursuivre ou non le mission et que cela dépendrait des coûts.

Actuellement InSight (Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport) coûte 675 millions de dollars, dont 525 millions ont déjà été dépensés.

L'instrument français SEIS a coûté à peu près 50 millions d'euros. Le retard de deux ans engendre «un surcoût de 10 % à 20 % pour le CNES», a précisé M. Le Gall.

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