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Supprimer la seconde intercalaire? Débat repoussé à 2023

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Doit-on ajouter ou supprimer la seconde intercalaire? Photo Fotolia

GENÈVE, Suisse - Faut-il supprimer la seconde intercalaire que l'Homme rajoute parfois afin que l'heure légale reste liée à l'heure astronomique? Une question que les pays, très divisés sur le sujet, ont décidé de repousser à 2023, a annoncé jeudi l'ONU.

La décision a été prise à Genève lors de la conférence mondiale des radiocommunications organisée par l'Union internationale des télécommunications (UIT), une agence spécialisée de l'ONU.

Il a été décidé «qu'il était nécessaire d'étudier plus avant les incidences et les applications d'une future échelle de temps de référence», selon un communiqué de l'UIT.

Un rapport sera soumis à la conférence mondiale des radiocommunications de 2023.

Cette question fait pourtant l'objet de discussions depuis de nombreuses années. En 2012 déjà, le dossier avait été renvoyé aux calendes grecques par les pays afin de «clarifier certaines interrogations».

Le système actuel du temps a été défini en 1972, avec l'adoption du «temps universel coordonné» (UTC), soit l'heure donnée par les horloges atomiques, à laquelle l'Homme ajoute - ou retranche, mais cela n'a jamais été fait - de temps à autre une seconde, appelée «seconde intercalaire», afin qu'elle reste synchrone avec l'heure solaire.

La décision d'ajouter une seconde appartient au Centre de la rotation de la terre (basé à Paris) du Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence. Elle est annoncée avec «au moins huit semaines d'avance», a expliqué un porte-parole de l'UIT, Sanjay Acharya.

L'insertion se fait ensuite par les experts sur les horloges nationales dites UTC et qui sont utilisées par le Bureau international des poids et mesures (BIPM) pour calculer le temps de référence mondiale.

Depuis 1972, 26 secondes - dont une le 30 juin dernier - ont été rajoutées. Les ajouts de seconde de l'heure UTC sont programmés soit pour un 1er janvier, soit pour un 1er juillet, à 0 heure.

Sur le très long terme, la planète bleue a tendance à ralentir, notamment en raison de l'attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil, responsable des marées.

Les horloges atomiques actuelles, qui s'appuient sur les propriétés des atomes pour mesurer le temps, sont en revanche d'une exactitude telle qu'elles n'enregistreraient qu'une seconde de dérive tous les 300 millions d'années.

Mais l'exercice de la seconde intercalaire n'est pas du goût de tout le monde et certains pays (États-Unis, France...) souhaiteraient le supprimer, le jugeant inutilement compliqué, pour ne plus se fier qu'aux horloges atomiques alors que d'autres (Grande-Bretagne notamment) plaident pour son maintien.

L'ajout d'une seconde intercalaire le 30 juin 2012 avait provoqué un problème de synchronisation sur le web, notamment pour des serveurs ou des sites marchands.

Le monde de l'espace aussi est attentif. Il n'y a jamais de lancement de fusées ces jours-là.

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