Sarah Moulai, Delphine Paysant
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Produits dérivés Je suis Charlie, succès sur le web

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Après la tragédie, les produits dérivés ont fleuri sur le web, en soutien à l'hebdomadaire.AFP

Sarah Moulai, Delphine Paysant

T-shirts, tasses, casquettes, badges... les produits à l'effigie du slogan «Je suis Charlie» fleurissent sur internet, alors que les plateformes de ventes en ligne comme Ebay ou Amazon s'engagent à reverser les commissions perçues au magazine Charlie Hebdo.

«Amazon.fr reversera au magazine Charlie Hebdo les commissions qui seraient perçues sur les ventes de produits proposés sur sa Marketplace par des marchands tiers utilisant Je Suis Charlie», assure le site marchand.

La plate-forme, où des autocollants «Je suis Charlie» sont les meilleurs ventes dans les catégories «Stickers» et «Matériels pédagogiques», s'engage à retirer «tout produit proposé par des marchands tiers qui contreviendrait aux règles de sa Marketplace».

Le site de vente en ligne eBay s'engage lui aussi à reverser «à Charlie Hebdo les éventuelles commissions perçues sur les (...) produits» concernés.

Plusieurs sites ont retiré rapidement ces produits de leurs boutiques en ligne ou fermé les boutiques en ligne spécialisées dans les produits dérivés «Je suis Charlie», après des protestations d'internautes indignés. Les réseaux sociaux condamnent une «récupération»: «Honte à vous de récupérer la douleur et le drame de Charlie Hebdo en vendant des produits Je suis Charlie !», poste un internaute sur la page Facebook de la plateforme de personnalisation de T-shirts, Spreadshirt.

Ses équipes assurent ne pas vouloir tirer profit de ce drame. «Nous avons contrôlé une à une chacune des e-boutiques de nos partenaires et chacun des designs (...) pour nous assurer qu'aucune commission ne soit prélevée sur la vente des produits Je suis Charlie. Spreadshirt n'accepte aucune commission» sur ces ventes, écrit la plateforme sur son blog.

Des particuliers aussi

Certains particuliers qui utilisent ces plateformes pour vendre des produits «Je suis Charlie» s'engagent eux aussi à ne pas chercher à tirer profit des ventes. Sur eBay par exemple, le vendeur B.b.r assure que le T-shirt représentant une carte de la France en noir sur un fond ensanglanté avec la mention «Je suis Charlie» qui coûte 13,60 euros (19 dollars) est en «vente au prix de revient».

Le créateur du site onatuecharlie.com qui vend deux T-shirts avec la mention «Je suis Charlie», préfère, lui, verser 50% de son bénéfice à l'Association française des victimes du terrorisme. «Charlie Hebdo reste une société, ils ont besoin de soutien pas forcément financier, je préfère verser cet argent à une association», a confié à l'AFP Vincent, qui ne souhaite pas être identifié.

Il explique avoir ouvert le site pour permettre aux gens qui cherchaient un T-shirt pour soutenir Charlie Hebdo d'en trouver un. Il en a vendu une vingtaine en deux jours.

Le logo tristement célèbre, «Je suis Charlie», trois mots en blanc et gris sur fond noir, reprenant la même typographie que celle du nom du journal, avait été posté par Joachim Roncin, directeur artistique et journaliste musique au magazine gratuit Stylist, mercredi quelques minutes après l'attentat qui a fait douze morts au sein de la rédaction de Charlie Hebdo.

«Ce que je voulais dire, c'est que c'est comme si on m'avait touché moi, je me sens personnellement visé, ça me tue, quoi», a-t-il expliqué à l'AFP. Ce professionnel de l'image et du graphisme a trouvé «logique de reprendre la typographie de Charlie, le logo».

L'homme à l'initiative de la mention et de l'image reprises dans ces boutiques en lignes a déclaré mercredi dans un tweet: «Le message et l'image sont libres de toute utilisation en revanche je regretterais toute utilisation mercantile».

Le logo a été utilisé lors de rassemblements de soutien à l'hebdomadaire pour des panneaux et l'expression «Je suis Charlie» a été scandée, devenant un slogan repris dans plusieurs langues.

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