Une machine qui attend à votre place

TechnowaiT - Une machine qui attend à votre place

Pierre Lafrance a développé le logiciel qui permet d’éviter l’interminable attente à la clinique sans rendez-vous Fabreville, où Julie Francoeur est la gérante. Un simple appel permet de connaître son rang.© JdM/Martin Chevalier


Éric Yvan Lemay

L'interminable attente dans les cliniques sans rendez-vous pourrait bientôt être chose du passé. Un père de famille tanné d'attendre a développé un logiciel qui attend à votre place.

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Un premier projet-pilote est en cours à la Polyclinique médicale Fabreville, à Laval. Le principe est simple. Vous prenez votre numéro au comptoir et vous pouvez retourner chez vous.

Il suffit par la suite d'appeler un numéro de téléphone qui vous indique à quel numéro on en est rendu. Si votre tour approche, vous devez retourner au plus vite à l'urgence.

Tanné d'attendre

Le seul petit hic: il faut être prêt à payer les 3 $ que coûte le système. À ce prix, on a le droit à trois appels pour connaître son rang.

«L'idée m'est venue à cause de mes enfants qui sont intolérants à la protéine bovine. J'ai dû faire beaucoup de consultations et, chaque fois, ma fille me disait: "Pourquoi on n'attend pas à la maison ?"», explique Pierre Lafrance.

L'ingénieur a donc réuni des amis qui ont travaillé à la mise au point du logiciel et de l'entreprise baptisée TechnowaiT. «J'ai tellement attendu, j'étais tanné. J'ai réuni des proches pour trouver comment rendre l'attente plus confortable.»

Selon lui, environ la moitié des patients des cliniques sans rendez-vous sont aptes à retourner chez eux ou même au travail en attendant. «Les parents n'ont souvent pas de temps à perdre. En plus, ce n'est pas rentable. Il y a bien des personnes qui perdent du salaire.»

Pas d'obligation

Il y a un an et demi, il a approché une première clinique, qui a refusé qu'il installe son système. Il s'est ensuite tourné vers la clinique Fabreville.

Le directeur, Marc Chabot, a été enchanté par l'idée et a permis qu'on essaie le système pour les patients intéressés. Même s'il y a eu des réticences de la part du personnel au départ, Pierre Lafrance indique que le système a fait son chemin tranquillement dans les habitudes.

Il n'y a surtout pas de vente sous pression. «Ce n'est pas obligatoire, au contraire, on veut que ce soit le moins invasif possible.»

D'ailleurs, il y avait une dizaine de personnes qui n'avaient pas jugé bon de se prévaloir de ce système dans la salle d'attente lors du passage du Journal.

Il avoue que la réception a été timide au départ, notamment à cause des frais exigés. «Les gens estiment que la santé, c'est gratuit et ils ont raison. Pour un système comme celui-là, il faut payer, mais on garde ça le moins cher possible.»


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