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Chronique jeux vidéo

God of War 3 : Machine à tuer

Agence QMI 
Sun Media - Steve Tilley
20/03/2010 04h00 

Chronique jeux vidéo - God of War 3 : Machine à tuer
 

Si quelqu’un donnait un gros câlin à Kratos, ce guerrier spartiate aussi musclé que chauve, peut-être se calmerait-il et ne ressentirait pas cet ardent désir de trucider la moitié de la Grèce antique.

Mais nous n’aurions alors pas droit à God Of War III, le dernier jeu de la trilogie reposant sur les imposantes épaules de l’antihéros le plus enragé du monde des jeux vidéo, lancé pour la première fois pour la console haute définition PlayStation 3.

Si vous avez déjà joué à God Of War, vous connaissez déjà le déroulement du jeu: Kratos doit découper, poignarder, étriper et décapiter tous les dieux, les mortels et les créatures mythiques qui se trouvent sur son chemin, qui va du mont Olympe à Hadès, afin de parvenir à tuer son père, l’inénarrable Zeus.

Kratos n’a que faire des dommages collatéraux dans sa quête de vengeance: il n’hésitera pas à arracher les jambes d’Hermès afin de lui dérober ses bottes ailées, à complètement éviscérer un centaure ou encore à trahir le dieu du feu et des forges, Héphaïstos, après avoir couché avec sa femme.

À un moment il se sert même d’une princesse aux seins nus pour arrêter un engrenage, ce qui ne manque pas de réduire la pauvre en purée.

MÊME FORMULE

God Of War III reste fidèle à la formule qui l’a jusqu’ici rendu si populaire: des combats épiques dans de superbes environnements mythiques, comme ce labyrinthe au mouvement d’horlogerie et ses subtiles pièces rotatives.

Par contre, les failles du scénario semblent un peu plus béantes dans ce troisième jeu de la série. En effet, si Kratos peut utiliser les ailes qu’il a volées à Icare pour prendre la fuite par la voie des airs à de vertigineuses vitesses, comme c’est le cas dans quelques scènes enlevantes, pourquoi doit-il alors avoir recours à des ponts-levis pour traverser certains gouffres ou même voir son chemin bloqué par une clôture de jardin à peine plus haute qu’il n’est grand?

Quoi qu’il en soit, c’est cela, God Of War. C’est une mécanique bien huilée qui fait fi de la logique tout en proposant des combats féroces, des scènes interactives, des résolutions d’énigmes et du sexe. La luxuriante résolution graphique de la PS3 n’est certes pas étrangère au succès du jeu.

Mis à part quelques étapes inutilement sadiques, ce jeu est presque parfait. C’est toutefois dommage que Kratos demeure jusqu’à la toute fin une antipathique machine à tuer. Pire, cet étrange et inutile ultime interlude de 20 minutes pendant lequel les joueurs n’ont essentiellement rien à faire constitue un climax plutôt décevant à cette si épique trilogie.

God Of War III laisse place à une certaine spéculation quant à la possibilité d’un God Of War IV, mais personne ne s’en plaindra. Néanmoins, si bonne que cette série ait été, il est temps de laisser la poussière retomber à l’ombre du mont Olympe.

Et Kratos? Il a grand besoin de repos. Et peut-être d’un ou deux câlins.

EN CONCLUSION

Une interprétation sanglante et sexy de la mythologie grecque est ce qui a fait le succès de cette série, et God Of War III ne déçoit pas à ce chapitre. Les graphiques à haute définition du jeu valent le détour, mais la conclusion du jeu est décevante.



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