Dans un rapport publié hier, Seaboard Group affirme que Globalive a lancé son service sans-fil avant d'être vraiment prêt, ce qui a fait en sorte que l'entreprise a eu des difficultés à attirer des clients.
Globalive a lancé Wind Mobile en décembre dernier, intégrant le lucratif marché des cellulaires où se bataillent Rogers, Bell et Telus. Mais les clients ont rapidement connu des problèmes avec le réseau et ont été incapables de payer leurs factures en ligne.
Seaboard affirme que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui avait bloqué l'entrée de Globalive sur le marché canadien en octobre dernier n'a pas aidé l'entreprise. La décision a été renversée en décembre par le gouvernement fédéral.
«Les voyants étaient au vert et après au rouge. Globalive a eu des messages contradictoires, ce qui a fait en sorte que l'entreprise a peut-être précipité son entrée», a constaté Ian Grant, de SeaBoard.
30 000 clients
Selon Seaboard, seulement 30 000 clients se seraient procuré un téléphone Wind Mobile, un chiffre très faible compte tenu de l'importance des marchés, notamment celui de Toronto.
Au dire de M. Grant toutefois, Globalive pourrait revenir plus fort dans les pro-chains mois. «Ils vont se replacer. On pourrait faire un parallèle avec l'équipe de hockey canadienne aux Olympiques. Elle a perdu un match, mais a finalement retrouvé tous ses moyens», a-t-il souligné.
Cette laborieuse entrée ne sera toutefois pas copiée par Vidéotron, croit l'entreprise spécialisée dans les compagnies technos.
«Vidéotron a un énorme avantage sur ses concurrents, c'est indéniable. Le fait notamment que l'entreprise a réussi à câbler un million de foyers leur confère une position très enviable», a souligné M. Grant.
Selon lui, le marché «retient son souffle» alors que Vidéotron devrait arriver sur le marché d'ici quelques mois. Et certains pourraient subir les contrecoups.
«Bell va ressentir les effets les plus importants, car elle détient 60% de ce marché. C'est certain que Vidéotron voudra aller chercher une partie importante de leurs parts de marché», a constaté M. Grant.
Vidéotron s'est déjà accaparé 30% des parts de marché de la téléphonie résidentielle (Bell détient 62% des parts).