J’avais eu la chance d’interviewer James Cameron
il y a plusieurs années pendant sa longue absence
entre Titanic et Avatar.
Je lui avais demandé s’il avait
l’intention de faire un nouveau film de la série Aliens
et il m’avait répondu que ça lui plairait beaucoup…
mais seulement si 20th Century Fox renonçait à ses
plans de faire un film intitulé Alien vs. Prédateur.
«Écoute, c’est comme Le loup-garou
contre Frankenstein, m’avait répondu
sur un ton railleur le réalisateur
d’Aliens, le retour, paru en 1986. C’est
comme s’ils avaient découvert deux
vieilles reliques cinématographiques au
fond d’un placard et décidé de les
combiner.»
Toute possibilité d’un retour éventuel
de Cameron à la série a pris fin en 2004
après la sortie d’Alien vs. Prédateur,
mais sans vouloir manquer de respect à
celui qui a réalisé des profits de 1,7 milliard
$ avec son dernier film, je ne suis
pas d’accord. Le concept d’un affrontement
direct entre deux espèces extraterrestres
excessivement mortelles fait partie
des rêves de tout bon geek.
MARINE, ALIEN OU PRÉDATEUR
Le nouveau Aliens vs Predator de la
compagnie Sega — la même à qui l’on
doit le jeu d’ordinateur Aliens vs Predator
de 1999 — s’inscrit dans une (très)
longue tradition de jeux vidéo, de livres,
de bandes dessinées et de longs
métrages basés sur les deux séries.
Dans
ce dernier opus, les joueurs sont plongés
dans trois scénarios entremêlés: celui du
Marine armé jusqu’aux dents, celui de
l’effrayant Alien et celui de l’implacable
Prédateur.
Lorsque vous incarnez le Marine, l’ambiance
du jeu s’inspire fortement de celle
des films Aliens, avec des xénomorphes à
peine visibles qui disparaissent en apercevant
votre torche électrique et avec le
bip incessant de votre détecteur de mouvements.
C’est sans contredit le scénario
le plus complet des trois campagnes
solos, mais c’est aussi le plus générique
en termes de jeu.
En tant qu’Alien, vous grimperez le long
des murs et des plafonds pour mieux surprendre
vos proies humaines et vous vous
lancerez dans de violents combats au
corps-à-corps contre les Prédateurs. Les
sprints au plafond sont déboussolant en
commençant, mais lorsqu’on s’y habitue,
c’est réellement amusant d’atterrir directement
sur des pauvres Marines qui ne se
doutent de rien.
Dans la peau du Prédateur, vous devez
vous servir de votre furtivité (entre autres
de votre camouflage optique) et de votre
arsenal d’armes pour venir à bout des
Marines et des Aliens en exécutant des
mises à mort spectaculaires — par
exemple en décapitant un adversaire. Sanglant
à souhait!
UN SIMPLE JEU DE TIR
N’importe laquelle de ces campagnes
deviendrait probablement monotone si
elle formait un jeu à part entière, mais la
possibilité de changer de personnage à la
fin de chaque section rend les choses intéressantes.
On prend également plaisir à
découvrir comment les trois histoires
s’entrecroisent de trois points de vue
différents.
Malheureusement, Aliens vs Predator
est un jeu de tir qui manque définitivement
de peaufinage. On n’a droit qu’à
quelques parcelles de pur divertissement
ponctuées de longues corvées ainsi qu’à
une variété de modes multijoueur douteux
qui valent la peine d’être essayés,
mais qui n’intéresseront vraisemblablement
personne longtemps.
James Cameron a beau afficher son
mépris envers la combinaison Aliens-
Prédateurs, ce jeu promet du divertissement
intense (et quelque peu oubliable)
aux amateurs de jeux de tir subjectif. À
tout le moins, il est meilleur que l’adaptation
d’Avatar en jeu vidéo. Désolé, James.
POINT FINAL
Aliens vs Predator aurait pu être travaillé
davantage, mais le mélange des
trois styles de jeu et l’immersion dans les
univers respectifs des Aliens et des Prédateurs
en font un titre amusant quoiqu’éphémère.
ALIENS VS PREDATOR
Plateformes: Xbox 360, PS3, PC
Développeur/Éditeur: Rebellion/Sega
Classement: Pour adultes
Note: ***1/2