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Cyberpornographie juvénile

Une loi pour punir les fournisseurs muets

Agence QMI 
Kathleen Harris
23/11/2009 11h28 

Cyberpornographie juvénile - Une loi pour punir les fournisseurs muets
Une loi pourrait obliger les fournisseurs d'accès Internet à rapporter à la police les incidents de pornographie juvénile. 
© JdM/Archives

Les fournisseurs de service Internet qui ont fermé les yeux sur la pornographie juvénile en ligne pourraient écoper d'amendes salées ou être emprisonnés en vertu de la nouvelle loi qui sera déposée cette semaine à la Chambre des communes.

Le gouvernement conservateur déposera, demain, un projet de loi qui pourrait obliger les fournisseurs Internet à rapporter à la police les incidents d'images pornographiques ou de spectacles sexuels de mineurs en ligne et en direct.

«Le projet de loi renforcera notre capacité à protéger nos enfants des prédateurs sexuels, a affirmé un haut représentant du gouvernement. Cela aidera la police à porter secours à d'éventuelles jeunes victimes et permettra de poursuivre en justice les criminels responsables de ces actes.»

Internet est devenu un refuge pour les pédoprédateurs et les pornographes - le Canada étant actuellement classé comme l'un des pays les plus délinquants au monde.

Selon un rapport du Centre canadien de protection de l'enfance intitulé Les images d'abus pédosexuels: analyse des sites Internet par Cyberaide.ca publié plus tôt ce mois-ci, le Canada se situe parmi les cinq principaux pays en matière d'hébergement de sites Internet montrant ou vendant du matériel impliquant des abus pédosexuels.

«Notre gouvernement estime que cette situation est inacceptable», a commenté ce représentant conservateur.

La prévalence croissante de pornographie juvénile en ligne est attribuable à un accès élargi à Internet, mais également au fait que les lois ne sont pas assez sévères pour empêcher la multiplication des contenus illégaux sur les serveurs. Bien que le projet de loi ne fasse pas mention spécifiquement de l'ajout de ressources policières, ce représentant conservateur n'exclut pas cette éventualité à l'avenir.

«Il n'y a rien à ce sujet dans ce projet de loi en particulier, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas prêts à en faire plus pour nous assurer que cette loi soit appliquée», a-t-il précisé. D'après lui, les pédoprédateurs et les pornographes utilisent des moyens astucieux pour ne pas être détectés, changeant d'adresses plusieurs fois par jour à travers différents pays, par exemple.

Quatre fois plus

Or, selon cette source, le projet de loi proposé ne devrait toutefois pas être considéré comme une critique de la vaste majorité des fournisseurs de service Internet.

«Bon nombre de ces fournisseurs rapportent volontairement les incidents de pornographie juvénile, mais ils ne le font pas tous», a soutenu ce représentant gouvernemental.

Selon un rapport sur les victimes de crime de l'ombudsman fédéral, Steve Sullivan, publié en juin, les abus pédosexuels en ligne ont augmenté à une vitesse alarmante. Selon ce rapport, le nombre d'images montrant des abus pédosexuels graves a quadruplé entre 2003 et 2007 et les images sont devenues de plus en plus violentes.





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